COUP DE JEUNE SUR LES VICTOIRES 2000

Paris, le 13 mars 2000 - Trois heures de cérémonie, douze Victoires décernées, une salle (le Zénith) pleine à craquer et un palmarès globalement "jeuniste".

Palmarès des Victoires de la Musique

Paris, le 13 mars 2000 - Trois heures de cérémonie, douze Victoires décernées, une salle (le Zénith) pleine à craquer et un palmarès globalement "jeuniste".


Démarrée sur les chapeaux de roue, avec l'intervention musclée et bruyante des Tambours du Bronx (formation nivernaise de percussions), cette quinzième cérémonie des Victoires de la Musique révéla pour une fois quelques agréables surprises bien loin du conservatisme passé. Des ados venus des banlieues défavorisées et invités par les Ministères de la Culture et de l'Education Nationale sont venus apporter leur bel enthousiasme plébiscitant ainsi quelques résultats.

C'est le cas de 113, les rappeurs de Vitry qui décrochèrent la Victoire de la Révélation de l'année ainsi que celle de l'Album Rap/Groove de l'année. Avec leur chanson teintée d'humour "Tonton du bled", ils ont su toucher le cœur de ces ados issus de l'immigration et amateurs de rap, expression favorite des réalités de la banlieue.
Autre gagnant plébiscité par la salle, le groupe toulousain Zebda s'est vu remettre la Victoire du meilleur groupe de l'année ainsi que celle de la Meilleure chanson de l'année. En effet, qui n'a pas dansé sur "Tomber la chemise?" faisant presque oublier au passage le travail militant de ce groupe qui dénonce depuis maintenant dix ans le racisme, les injustices sociales et l'incurie des politiques.
Toujours dans la veine de la musique métissée, la Victoire de l'interprète féminine de l'année a été remise à l'Anglo-Egyptienne Natacha Atlas qui connaît une grande notoriété en France depuis son interprétation très personnelle de "Mon amie la rose" chanson rendue célèbre dans les années 60 par Françoise Hardy.


Une autre chanteuse venue d'autres horizons a elle aussi, reçue une Victoire, pour le Meilleur album de musiques du monde et s'est vu rendre un hommage appuyé par le public avec une standing ovation. En effet, Cesaria Evora fut sans doute une des grandes figures de la soirée en même temps que Youssou N'Dour venu lui remettre cette Victoire. L'Etoile de Dakar a profité de cette tribune que constitue une cérémonie retransmise sur une chaîne de télévision française mais aussi sur une chaîne francophone qui diffuse dans plusieurs pays d'Afrique pour lancer un message au Président français en faveur de l'annulation de la dette des pays du Tiers-Monde et en particulier celle du Mozambique en proie à des inondations qui ont ravagé le pays. Entre le Cap-Vert et le Sénégal, le cœur du public était largement tourné vers l'Afrique.

La chanson française a tout de même réussie à se faire une petite place dans ce palmarès avec la Victoire de l'album de l'année décernée à "Sang pour sang" de Johnny Hallyday et dont la musique fut écrite en grande partie par son fils David venu récupérer le trophée en lieu et place de son cher papa. Dans la catégorie "fils à son papa", c'est M (Mathieu Chédid) qui décrocha la Victoire de l'interprète masculin de l'année en même temps que celle du Meilleur Concert de l'année. Bien mérités, ces deux prix laissèrent perplexe et surpris l'heureux gagnant qui représente à n'en pas douter l'avenir de la chanson française.
Ceux qui il y a dix ans représentaient ce même avenir, les Négresses Vertes et qui ont récemment pris un tournant vers la musique électronique se sont vus récompensés par la Victoire du Meilleur album Nouvelles tendances pour l'album "Trabendo".

Pour clore le chapitre jusqu'à l'année prochaine, notons que la Victoire du vidéo clip de l'année a été décernée à un représentant des nouvelles tendances sus citées Mr Oizo pour "Flat Beat" qui popularisa largement la marionnette de Flat Eric. La Victoire du compositeur de la bande originale de film a été décernée à Alain Bashung pour"Ma petite entreprise".

Valérie Passelègue