HERVÉ PAUL

Los Angeles, le 27 mars 2000 - Les aficionados le suivent depuis ses débuts comme guitariste au sein des Floo Flash un éphémère groupe de rock français des années 80. Tenté par une carrière solo, Hervé Paul puisqu'il s'agit de lui, après deux albums et un simple "les Rêves américains" qui connut un certain succès, se fit remarquer par la reprise "Qui a tué Grand-Maman ?" sur la compilation hommage à Polnareff (XIII BIS Records/EMI) parue l'année dernière. Compte-rendu de concert.

Le charme discret d'un Français à L.A.

Los Angeles, le 27 mars 2000 - Les aficionados le suivent depuis ses débuts comme guitariste au sein des Floo Flash un éphémère groupe de rock français des années 80. Tenté par une carrière solo, Hervé Paul puisqu'il s'agit de lui, après deux albums et un simple "les Rêves américains" qui connut un certain succès, se fit remarquer par la reprise "Qui a tué Grand-Maman ?" sur la compilation hommage à Polnareff (XIII BIS Records/EMI) parue l'année dernière. Compte-rendu de concert.

Ouf ! je ne suis pas en retard... Le French Music Office m'a bien prévenu : "Arrivez à l'heure, le concert démarre à 20h30 précises". Pour une fois je dérogerais à la règle de la mauvaise ponctualité des Français. Il est 20h15. L'endroit s'appelle "The Joint", une devanture rouge à l'angle de Pico et Robertson, au sud de Beverly Hills. Les plus avertis l'auront reconnu, nous sommes à Los Angeles, capitale de l'"entertainment". Je pousse la porte aussi rouge que la devanture et me retrouve à l'intérieur d'un petit club tout en longueur.

Sur la scène haute perchée - et je pèse mes mots, une échelle permet d'y accéder ! - un guitariste solo est en train de chauffer la scène en chantant avec un accent british très prononcé, mais non je ne rêve pas, "la Mouche" de Michel Polnareff. Serait-ce la soirée de la francophonie ? Le public composé d'Angelinos (et oui, c'est comme ça qu'on appelle les habitants de Los Angeles) est quelque peu médusé mais semble apprécier. Tandis que l'artiste remballe sa guitare, le nouveau groupe s'installe ou plutôt le groupe d'Hervé Paul : Pete Thomas (batteur d'Elvis Costello, Suzanne Vega et Sheryl Crow) à la batterie, Davey Faragher (bassiste de Joan Osborne et John Hyatt) à la basse et Jacques Bastello à la guitare, vieux complice de route depuis 12 ans d'Hervé Paul.

Hervé Paul entame son premier morceau et le public découvre que non seulement le chanteur est français, et de surcroît chante en français ! Les titres s'enchaînent alors : "J'n'avais jamais vu ça", "Au bout du monde", "Ma catégorie"... autant de jolies ballades aux rythmes et aux harmonies délicieusement entraînantes. Ses cordes vocales sont palmées - expression du milieu musical. Il n'empêche que moi je me contente de trouver sa voix à la fois tellement éraillée et tellement sexy. Entre deux titres, Hervé Paul essaie tant bien que mal d'expliquer les différents thèmes de ses chansons. Son accent, "so thick but so cute" séduit l'audience féminine. †a y est, le tour est joué, le naturel et le charme français ont encore frappé. Le public en redemande et O surprise ! Hervé Paul appelle sur scène son grand pote, Kent. Décidément, c'est les franco-folies ! Pourtant, ce n'est pas un hasard si ces deux artistes se retrouvent dans la même ville. Kent enregistre son nouvel album en studio à Los Angeles en collaboration avec Hervé Paul et Jacques Bastello. Ils seront même en tournée française à partir du mois de mai pour 20 dates. Du coup, Hervé Paul en a profité pour se produire un soir sur une scène de Los Angeles, le tout organisé par www.radicalnote.com, un website qui a pour fonction de faire découvrir des artistes grâce au MP3.

L'expérience était si concluante qu'on aimerait voir plus souvent ce genre d'initiative pour nous, pauvres expatriés ! Une fois de plus inclinons-nous devant les géniales capacités de ce cher internet car sans vous Mr Web, Hervé Paul ne nous aurait jamais fait partager son talent.

Karine Weinberger