L’Ali Babazar des comédies musicales

Après le bide magistral de Da Vinci au Casino de Paris cet été (la première comédie musicale post Notre-Dame de Paris), on s’affaire dans le petit microcosme du show-biz avec une certaine fébrilité. Première à ouvrir le feu de la rentrée, Les Mille et une Vies d’Ali Baba, une "musicale comédie" signée, entre autres, par Fabrice Aboulker et financée par l’incontournable producteur Jean-Claude Camus (Johnny Hallyday, Michel Sardou).

Suspense au pays des mille et une comédies

Après le bide magistral de Da Vinci au Casino de Paris cet été (la première comédie musicale post Notre-Dame de Paris), on s’affaire dans le petit microcosme du show-biz avec une certaine fébrilité. Première à ouvrir le feu de la rentrée, Les Mille et une Vies d’Ali Baba, une "musicale comédie" signée, entre autres, par Fabrice Aboulker et financée par l’incontournable producteur Jean-Claude Camus (Johnny Hallyday, Michel Sardou).

L’histoire : le jeune Ali Baba s’éprend d’une non moins jeune esclave Yasmina. Mais il n’a pas de quoi la racheter à son marchand et se fait griller la politesse par son frère Cassim, drame... Arrivera-t-il à libérer sa promise ? Telle est la question que le public captivé se pose. Autre question : cette joyeuse équipe d’une quarantaine de musiciens, chanteurs et danseurs parviendra-t-elle à rééditer l’exploit de Notre-Dame de Paris et de ses trois millions de spectateurs ? Rien n’est moins sûr.

Pour cela Jean-Claude Camus semble pourtant n’avoir rien négligé. Deux premiers rôles jeunes et beaux : Sébastien Lorca et Sonia Lacen, qui pendant tout l’été a tourné avec Johnny Hallyday en invitée très spéciale sur Vivre pour le Meilleur, histoire que le public identifie bien cette jeunette pour mieux la retrouver dans son rôle de Yasmina. "On a rendu Sonia Lacen repérable par le grand public en la faisant tourner avec Johnny. On est en train de faire la même chose avec Sébastien Lorca en le faisant chanter avec Lara Fabian" explique Richard Cross, le répétiteur vocal de la troupe.

Pour le livret, ils ne sont pas moins de quatre : deux compositeurs Fabrice Aboulker (à l’origine du projet) et Alain Lanty, tous deux ont composé pour Marc Lavoine, Patricia Kaas ou Florent Pagny. Frédéric Doll et Thibault Chatel eux, ont écrit à deux mains les paroles de cette orientale comédie. A eux quatre, il leur fallait impérativement créer un tube pour attirer le chaland avant même la naissance de la comédie musicale. Ce fut L’Envie d’Aimer pour Les Dix Commandements, Aimer pour Roméo et Juliette, ce sera A Quoi Bon pour Ali Baba. "A quoi bon vivre sur cette terre / A quoi bon avoir un frère/ A quoi bon et pour quoi faire" s’interroge en duo Ali et Yasmina. Car le duo romantique et un tantinet larmoyant est la recette assurée d’une bonne comédie de nos jours... L’essentiel est de tenir un bon tube pour séduire les auditeurs avant que ceux-ci, happés par la curiosité ne se transforment en spectateurs. En juillet dernier, on avait déjà vendu 700.000 copies des Dix Commandements (c’est Pascal Obispo qui s’est collé à l’écriture de la musique), 500.000 copies de Roméo et Juliette et seulement 200.000 de Ali Baba...

Il faut dire, comme l’explique Richard Cross, que cette comédie cumule les difficultés du genre. C’est la plus proche des opérettes période Offenbach avec succession de chansons et de scènettes. Il y a un véritable orchestre de 28 musiciens ce qui est coûteux. Pas de vedettes connues du grand public comme pour les Dix Commandements, un battage médiatique moindre que pour Roméo et Juliette."Sa seule force, c’est d’avoir Camus comme producteur" conclut Richard Cross.

Jean-Claude Camus a déjà connu par le passé deux échecs retentissants Peter Pan et La Valise en carton d’où une certaine tension perceptible du côté de Toulon où aura lieu la générale le vendredi 15. On dit que Jean-Claude Camus et Fabrice Aboulker sont à cran... Avec plusieurs millions d’investissement de départ, pas le droit à l’erreur pour les "petits génies" de la comédie orientale...