FEMMOUZES T

Paris, le 12 janvier 2001 - Tonique ! Dans leur dernier album, très justement nommé 2, les têtes turbulentes des Femmouzes T tripatouillent des rythmes terribles, trillent à qui mieux mieux, et taquinent les mots pour nous titiller l'esprit… C'est du tonnerre !

T pour Toniques !

Paris, le 12 janvier 2001 - Tonique ! Dans leur dernier album, très justement nommé 2, les têtes turbulentes des Femmouzes T tripatouillent des rythmes terribles, trillent à qui mieux mieux, et taquinent les mots pour nous titiller l'esprit… C'est du tonnerre !


Françoise Chapuis et Rita Macedo sont deux. Comme leur nouveau disque 2. Une dualité - la blonde occitane et la brune brésilienne, la tambouriniste chanteuse et l'accordéoniste gouailleuse - qui continue encore et toujours de nous ravir. De la rencontre improbable de ces deux bouts de femmes musiciennes est née l'un des plus beaux duos de ces dix dernières années.

Le son de ce deuxième album s'est considérablement étoffé. Enrichi qu'il est de la participation d'Ange B, Jean-Marc Enjalbert, l'human beat box des Fabulous Trobadors, capable de faire avec sa bouche et ses lèvres ce que beaucoup ne savent pas faire avec une batterie ou une platine disque. Grosse-caisse, contrebasse, scratches, tout y passe... sans envahir pour autant l'univers accordéo-poétique des Femmouzes T, les interventions d'ange B rehaussent la qualité des chansons et donne de l'épaisseur à des thèmes aussi simple que la déclinaison du bleu… de France, de l'OM, du ¨PSG, des flics ou ceux de Massilia et de Bahia.
Apparaissent également les complices d'Uzeste. Des garçons gascons que tous connaissent sous le terme générique de La Compagnie Lubat. Ici, Bernard Lubat et André Minvielle usent de mélodica, de caisse claire ou de leur voix pour offrir aux deux splendides perles toulousaines un joli petit coffret musical dans lequel elles viennent s'enchâsser. En échange, les deux filles de la Garonne vantent les mérites de la Gascogne et de son festival, Uzeste Festival pour des lendemains qui chantent un changement radical.

L'humour des mots et l'amour du militantisme, les deux filles ne se départissent jamais de ces deux règles. Du futile à l'utile, Rita et Françoise se moquent de la crasse de leurs petits intérieurs et recherchent la richesse intérieure des êtres qui les écoutent et les côtoient. Ainsi, Je Nettoie, hymne humoristico-décapant à la ménagère scrupuleuse et consciencieuse qui inspecte : " La gazinière ou les carreaux / pas une trace ne résiste / le frigidaire , la salle d'eau/ pas un microbe ne subsiste ". Prosélytes de la chanson, elles poussent au crime ou au vice de la chanson. Même Si tu sais pas lancent les deux rossignols, "Chante à tue-tête, c'est ça qui est beau / chante à tout age / chante à tout vent / Chanter c'est un remède contre le mauvais temps". Principe qu'elles appliquent avec un tel talent qu'on se délecte à les entendre rendre hommage à Alceu Valença, chanteur brésilien, en reprenant l'un de ses airs endiablés, Papagaio do futuro.

O
n y découvre aussi l'amour et la filiation qui lient Rita à son père Osmar Macedo. Géniteur d'une nombreuse famille de musiciens brésiliens, mais également l'un des inventeurs des camions musicaux sonorisés qui défilaient, dès les années 50, dans les rues de Bahia pour le carnaval.

Filles de la rue et chanteuses de joie, on comprend d'autant mieux cette attirance pour les places publiques, les ruelles, où malgré un succès grandissant et mille fois mérité, elles continuent de chanter à grand coups de tambourins et sans s'essouffler.

Frédéric Garat

Femmouzes T 2 (Créon/ Virgin)