Les voix de l'espoir

Lancées l’année dernière, Les Voix de l’Espoir, réunies autour de Princess Erika, cherchent à récolter des fonds pour aider La Chaîne de l’Espoir qui lutte contre "l'injustice du lieu de naissance" et soigne des enfants gravement malades habitant des pays où les structures médicales sont déficientes. Plus de vingt chanteuses se sont rassemblées pour défendre cette cause. En cette Journée internationale des femmes, elles sont en concert à Paris à La Cigale et sortent un single intitulé Que serai-je demain ?

Les chanteuses à l'unisson pour les enfants

Lancées l’année dernière, Les Voix de l’Espoir, réunies autour de Princess Erika, cherchent à récolter des fonds pour aider La Chaîne de l’Espoir qui lutte contre "l'injustice du lieu de naissance" et soigne des enfants gravement malades habitant des pays où les structures médicales sont déficientes. Plus de vingt chanteuses se sont rassemblées pour défendre cette cause. En cette Journée internationale des femmes, elles sont en concert à Paris à La Cigale et sortent un single intitulé Que serai-je demain ?

Elle l’avait espéré l’an passé : faire des Voix de l’Espoir un rendez-vous régulier était pour Princess Erika une façon de prolonger son action pour la Chaîne de L’Espoir fondée par le cardiologue Alain Deloche en 1988. La marraine de l’événement a pris son rôle à cœur, s’investissant davantage avec ses consœurs qui, comme elle, avaient soutenu l’association lors d’un concert caritatif à Paris en 2000. Cette année, elle a préparé le terrain en amont avec le single Que serai-je demain ? sur lequel on la retrouve en compagnie de vingt-et-une autres chanteuses parmi lesquelles Amina, Nina Morato, Jocelyne Béroard, Lââm, Assia, K-Reen, Rokia Traore, Nicoletta, Tilly Key, Carole Fredericks, Anggun. "Des copines de toujours et celles qui sont venues parce qu’elles connaissaient quelqu’un dans l’équipe", résume Princess Erika pour justifier ce "casting".

Chacune d’entre elles apporte sa personnalité et quasiment toutes avaient d’ailleurs participé à la première édition des Voix de l’Espoir. Comme à chaque fois dans ce type de projet collectif, le plus difficile n’est pas de mobiliser les énergies mais de réunir tout le monde en studio. Lors des séances d’enregistrement qui se sont déroulées à Paris à la fin de l’année dernière, "les filles" comme les appellent Princess Erika se sont prêtées au jeu, discutant, s’échangeant leurs numéros de téléphones sans s’impatienter en attendant leur tour au micro. Pour n’y rester parfois qu’un bref instant à l’image de Carole Fredericks qui, dès la première prise, réussit ce qu’on attendait d’elle. "Elle sait", a simplement dit Handel Tucker qui supervisait les opérations depuis la console. Ce multi-instrumentiste jamaïcain, producteur réputé qui a travaillé entre autres pour les Fugees, Princess Erika et Nuttea, est venu lui aussi donner un coup de main en tant que réalisateur.

Que serai-je demain ? résonne comme un cri d’alarme. "Toujours ces femmes qui pleurent/Pourquoi ? Parce que leurs bébés meurent/Dans l’indifférence et dans la terreur (...). Ces femmes qui se réjouissent/De voir leurs enfants qui grandissent/Oh mon Dieu j’aimerai qu’elles puissent chanter aux côtés de celles qui sont si tristes". "C’est un texte grave, chanté sur un rythme gai", explique Princess Erika qui reste fidèle au rythme du reggae qu’elle voit comme "une musique de révolte, de rébellion". "Je pense que c’est surtout un texte de femme qui s’adresse aux femmes, continue-t-elle, parce que nous portons ce monde dans nos entrailles, et je crois qu’on est plus touché par ce qui arrive à nos enfants, à l’avenir de ce monde. Plus qu’un homme. On a peut-être plus les pieds sur terre, on est moins dans le rêve et c’est certainement ce qui nous fait pousser ce cri-là."

Il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre la logique de ce projet orchestré de bout en bout par des femmes. Aux côtés de Princess Erika, il y a la chorégraphe Max-Laure qui apporte sa touche au spectacle qui, comme l’année dernière, se tient le 8 mars à Paris à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Il y a aussi Virginie de la Grange, à l’origine du projet. Pour sortir le single Que Serai-je demain ?, les difficultés n’ont pas manqué."On avait d’abord trouvé une maison de disques qui était d’accord mais au dernier moment, trois jours avant l’enregistrement, elle nous a lâchées et Virginie de la Grange a investi son propre argent pour que ce soit possible", rappelle Princess Erika d’un ton un peu amer. Le monde du “charity business” serait-il moins rose qu’on l’imagine ? "Surtout quand tu ne t’appelles pas Pascal Obispo ou Jean-Jacques..., poursuit-elle. Je respecte leurs initiatives, je ne les critique pas mais ils sont beaucoup plus installés dans le business que nous et je crois aussi que les projets féminins sont plus durs à faire passer."

Les promesses non tenues, les revirements soudains des partenaires n’ont en rien entamé le moral des artistes qui se sont retrouvées pour une première répétition le 6 mars. Dans la salle du Club Med World, complexe touristico-artistique, les danseuses répètent leurs mouvements à côté de Manu Dibango qui s’échauffe avec son saxophone. Les seuls hommes présents sur scène sont les musiciens. On s’en serait douté. Au programme, plusieurs reprises : Buena Vista Social Club, Maxime Le Forestier. Il faut parfois rappeler à l’ordre les chanteuses qui s’éparpillent, préfèrent découvrir le clip de Que serai-je demain ? et oublient qu’on les attend pour Yeke Yeke de Mory Kante.

Qu’il s’agisse du single comme du spectacle du 8 mars, les sommes réunies seront reversées à La Chaîne de l’Espoir dont l’un des projets en cours est de construire un hôpital panafricain à Dakar. Entre les médecins et les artistes, le courant passe bien, reconnaît Princess Erika : "On est non seulement informé mais les chirurgiens viennent nous rencontrer, nous soutenir. Ça nous donne de la force de se dire que c’est pour eux qu’on travaille, qu’ils feront bon usage de l’argent qu’on leur donne et qu’ils emportent tout ça pour les enfants."

(Les photos des chanteuses sont extraites du clip Les Voix de l'espoir.)

La Chaîne de l'espoir en ligne