SUPER FRANCOFÊTE

Ottawa, le 3 juillet 2001- En préambule des 4ème Jeux de la Francophonie qui se dérouleront du 14 au 24 juillet, une Super Francofête est organisée sur les bords de l’ Outaouais. A cette occasion, une radio éphémère, Radio-Jeunesse 2001, réalisée par soixante-dix jeunes venant de l'univers francophone a été installée. Ce sont quatre journalistes de cultures différentes qui nous chroniquent deux des spectacles d'ouverture de ce festival pas comme les autres.

Césaria Evora et Rachid Taha en ouverture

Ottawa, le 3 juillet 2001- En préambule des 4ème Jeux de la Francophonie qui se dérouleront du 14 au 24 juillet, une Super Francofête est organisée sur les bords de l’ Outaouais. A cette occasion, une radio éphémère, Radio-Jeunesse 2001, réalisée par soixante-dix jeunes venant de l'univers francophone a été installée. Ce sont quatre journalistes de cultures différentes qui nous chroniquent deux des spectacles d'ouverture de ce festival pas comme les autres.

Made in Ottawa

L’Astrolabe : j’imaginais une bâtisse futuriste abritant une immense salle de concert comble et enfumée…Arrivant de France où Rachid Taha est depuis bien longtemps sorti de l’ombre, avec Carte De Séjour il y a 20 ans, puis en solitaire, je m’attendais tout naturellement à trouver une salle remplie à craquer des fans de ce fils d’immigré, qui a largement contribué à quelques révolutions tranquilles dans le paysage de la musique francophone.
Mais nous sommes à Ottawa, et l’agréable pour l’oreille se joint au beau pour les yeux. L’Astrolabe est un lieu hors du temps, un minuscule amphithéâtre en plein air, comme posé sur une colline surplombant l’Outaouais, en face du Parlement et délicieusement aéré par la brise en cette chaude soirée d’été. Ouvrant la fête au coucher de soleil, Rachid a invité son public, en grande partie constitué de familles, à se joindre à sa douce transe, l’exhortant progressivement à se lever et à danser, aux rythmes de sons teintés de raï et de rock Le concert a ainsi pris une couleur curieusement intimiste, vraisemblablement à la grande surprise de Rachid lui-même, sans doute peu habitué à convier quelques personnes à une Garden party, façon «réception de Monsieur l’Ambassadeur».
Et pourtant, ces quelques familles d’immigrés algériens venus habiter la capitale, ses frères, ont répondu présent, et le déhanchement timide des fillettes, contrastait avec le show volontairement provocateur de Rachid. Il a visiblement séduit le reste de son public, avec ses morceaux mêlant rock, musiques électroniques et chants traditionnels made in Medina. Un grand chapeau à ses musiciens sans qui le spectacle ne serait pas si…épicé.

Voyelle Acker


Les fragments mystiques du nouveau Taha

Sur la scène de l’Astrolabe, au pied de la statut de Samuel de Champlain, le public d’Ottawa a pu rencontrer, dans la soirée du mardi 26 juin, le chanteur algérien, Rachid Taha. Ce pour un concert plutôt intime, avec pas plus de mille personnes en face de la colline du Parlement.
En un premier lieu, et pour enflammer ce parterre cosmopolite, un passage par les anciens titres confirmés était donc obligé. Abdelkader et Ya Rayah sont des rythmes que les foules n’ont pas eu du mal a reconnaître et donc à apprécier. Des références d’un raï que Rachid Taha a su imposer, depuis Carte de Séjour, son premier groupe avec lequel il avait jeté les bases d'un rock en quête de fraternité.
Durant la deuxième partie du spectacle, ce sont plutôt les rythmes du groove orientalo-technoïde, propres à Taha, tirés de son dernier album Made in Medina, qui ont entraîné les centaines de spectateurs debout sur les gradins de l’Astrolabe.
Un ensemble de titres qui tirent leur originalité des inspirations arabes, africaines et américaines, marquant le nouveau vent de mondialisation qui déteint sur la carrière de Rachid Taha en ce moment.

Aziza Nait Sibaha


Cesaria l’enchanteresse.

La diva aux pieds nus, chaussée de sandales pour l’occasion, a ravi son auditoire hier soir à l’Astrolabe d’Ottawa. Dans le cadre du festival franco-ontarien, la Cesaria Evora a conquis le public de la capitale canadienne. Bien entendu, elle a chanté son île de Sao Vicente sur le rythme de longues complaintes. Mais elle a aussi ajouté des chansons se rapprochant du calypso ou de la salsa, des rythmes beaucoup plus entraînants. Ce qui est étonnant chez Cesaria Evora , c’est sa capacité à mobiliser la foule malgré une attitude statique. Tout passe par le son, on ne peut s’empêcher de succomber au charme irrésistible de sa voix. Vivement la prochaine. C’est la première fois que je l’écoute attentivement et je crois bien que ce n’est que le début d’une nouvelle passion.

Faïd Souhaïli


Césaria Evora – La diva aux pieds nus- a chanté jeudi 28 juin, à ciel ouvert, à l’Astrolabe d’Ottawa. Plus mélancolique que joyeuse, Césaria Evora a enchanté le public canadien. La vue magnifique de la Colline parlementaire n’a pas détourné d’un seul moment les spectateurs de l’envoûtement de Césaria.
Sodade et Besa me ont même fait chanter quelques fans de la diva.
Sa voix profonde et suave a retenti pendant plus d’une heure sur les bords de la rivière d’Outaouais.
Même la pause cigarette de Césaria Evora a été fortement applaudie par le public venu remplir la salle où Césaria a donné son concert, dans le cadre de la grande Francofête à Ottawa – Hull.

Assen Drandev ( Sofia- Bulgarie)