Edith Piaf : 1963-2003

Le 11 octobre 1963, la plus populaire des chanteuses françaises, la plus aimée, la plus connue à l’étranger, disparaissait, épuisée par la maladie et les médicaments. Quarante ans plus tard, ses chansons sont toujours aussi bouleversantes. Dossier sur un anniversaire qui fait recette.

Dossier anniversaire sur une Môme disparue.

La Môme, des images mises en musiqueLe 11 octobre 1963, la plus populaire des chanteuses françaises, la plus aimée, la plus connue à l’étranger, disparaissait, épuisée par la maladie et les médicaments. Quarante ans plus tard, ses chansons sont toujours aussi bouleversantes. Dossier sur un anniversaire qui fait recette.

Piaf je t'aime- Les Compilations
- Les albums à thèmes
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Les rééditions
- Les DVD
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Les hommages en vrac
-
Entrevue avec Eric Didi, «découvreur» des inédits.
- Compilation Hommage à la Môme : entretiens avec les artistes.


Si aujourd’hui, les plus jeunes considèrent peut-être Piaf comme l’idole de leurs grands-mères, il n’est pas trop tard pour redire que ce répertoire, certes crépitant et déjà en partie tombé dans le domaine public, a mille raisons de toucher encore nos contemporains : les thèmes immortels, la sobriété, l’intensité, l’authenticité de l’interprète. Ce quarantième anniversaire de la disparition de Piaf est donc l’occasion de replonger dans cette histoire romanesque grâce, essentiellement, à la maison de disques EMI Capitol, anciennement Pathé Marconi, label de la chanteuse, qui effectue une opération choc en éditant une multitude de formules discographiques. Même si le but de l’opération n’est pas – seulement - motivé par le souci de faire redécouvrir aux Français une partie de leur patrimoine musical... Inventaire commenté :

LES COMPILATIONS:

Piaf renaît

Eternelle, les plus grandes chansons d’Edith Piaf, une double compilation de 43 titres pompeusement renommée «L’Album officiel».

Accordéon, l’intégrale en forme de piano à bretelles dont le dossier de presse annonce «l’intégrale la plus complète jamais éditée!». Editée à 8000 exemplaires seulement, vendus chacun à 150 euros. Sortie le 14 octobre.
Au milieu des 413 titres, six inédits (dont quatre dans le double CD) enregistrés pour la firme Polydor, d’une qualité très médiocre mais touchants comme Je ne veux plus faire la vaisselle, titre drôle et féministe, crédité dans le livret Marguerite Bonnot au lieu de Monnot. Mais contrairement aux inédits de Jacques Brel, publiés ces jours-ci à l’occasion des 25 ans de sa disparition, ceux de Piaf, incontournables arguments publicitaires, échappent à toute exploitation commerciale puisque tombés dans le domaine public depuis le début des années 90, 50 ans après leur création.


Raquel Bitton

Eric Didi, un consultant indépendant spécialisé dans les rééditions patrimoniales, a exhumé les matrices originales de six chansons inédites de Piaf qui 'dormait' dans les archives de la Bibliothèque Nationale de France. La découverte extraordinaire a fait les titres de la presse internationale. Il nous en parle :

RFI Musique : Comment avez-vous vécu cette incroyable découverte ?Eric Didi: C'était comme les chercheurs d'or qui trouvent enfin le filon après des mois et des mois de recherche. Le trésor qu'on a déniché consistait de six chansons enregistrées entre 1935 et 1940 dont la première mouture de L'Accordéoniste, un des plus grands tubes de Piaf. La version originale, intitulée La Fille de Joie est triste, est complètement différente de celle que tout le monde connaît. C'est dans un tempo différent et Piaf ne met pas du tout la même émotion dans sa voix. La chanson originale se termine différemment aussi… Les autres chansons sont La valse de Paris, Chanson d'amour, Ces mains, C'était si bon et Je ne veux plus laver la vaisselle. Piaf a écrit les textes de ces deux dernières elle-même avec Marguerite Monnot, une de ses compositrices-fétiche, à la musique. Je ne veux plus laver la vaisselle est une chanson incroyable où l’on entend Piaf chanter qu'elle en a marre d'être une bonniche. Elle ne veut plus faire la vaisselle, sortir les poubelles, etc. Et vous ne savez pas comment interpréter la chanson: est-ce qu'il faut la prendre au premier degré ou est-ce que Piaf essaie d'être drôle ?

Drôle n'est pas un mot qu'on associe généralement avec Piaf, la reine de la chanson tragique ?
En effet et cela explique peut-être pourquoi la chanson n'a pas été gravée à l'époque. C'est possible que Piaf pensa que cela ne s'accordait pas trop avec son image. Mais, à vrai dire, nous ne savons absolument pas pourquoi les chansons ont été mises à l'écart. C'est bizarre, l'orchestre joue parfaitement bien, Piaf chante sans la moindre erreur ou fausse note et l'enregistrement est impeccable. Tout est parfait, aussi bien d'un point de vue technique qu'artistique. Je suppose qu'on ne va jamais savoir la raison pour laquelle les chansons n'ont pas été publiées de son vivant.

Comment avez vous procédé pour restaurer les vieilles matrices 78-tours ?
Cela a nécessité un travail très long et laborieux. Nous avons travaillé dans un studio parisien spécialisé dans la restauration des enregistrements anciens où ils ont dû littéralement laver les vieux disques en cuivre pour enlever la rouille. Après, ils étaient obligés de fabriquer une sorte de platine équipée d'une aiguille et d'un plateau spéciaux afin de pouvoir lire les documents d'époque. Puis le son a été transféré dans un ordinateur et on a utilisé plusieurs logiciels différents pour le nettoyer. Le problème principal a été de nettoyer le son sans toucher à la musique. Cela voulait dire enlever tous les craquements et le bruit du surface mais essayer de garder l'ambiance originale pour que ceux qui écouteraient les chansons soient projetés dans le monde du cabaret pendant la guerre.

Propos recueillis par Julie Street.


LES ALBUMS À THÈME :

Carnegie Hall 1956 et 1957: 37 titres, également dans l’intégrale. Cette série de concerts donnés triomphalement dans la plus prestigieuse salle new-yorkaise est pour la première fois éditée en totalité.

Hymn to Love: Edith Piaf chante 16 versions anglaises de ses chansons.

Piaf la môme de Paris: en collaboration avec la mairie de Paris, 22 titres sur la capitale française. Une exposition sur le même thème se tient dans les salons d’accueil de la mairie de Paris du 10 octobre au 30 janvier 2004.

LES RÉÉDITIONS :

Belle initiative, la réédition de 13 albums originaux en CD mais surtout, en vinyle 25 et 30 cm tels les formats d’époque. Cela permet de retrouver quelques belles pochettes: celle du Bel indifférent, texte de Jean Cocteau magnifiquement joué en 1953 par la chanteuse, comédienne pour l’occasion, l’Olympia 1961 ou la photo intense et théâtrale des Amants de Téruel en 1962.

DVD :

Eternelle: Documents rares sur la vie de la chanteuse, son enfance, ses hommes, la scène, le cinéma, témoignages de proches, actualités d’époque, etc. EMI, sortie le 18 novembre.

Hits et légendes: Chansons et bonus (coulisses, entrevues,…). Warner Vision, sortie le 21 octobre.

HOMMAGES EN VRAC :

Spectacles:

Claudette Dion (soeur de…) chante Piaf à l’Olympia (Paris) le 16 novembre. Album chez Up Music.
Michèle Torr fera de même à Liège (Belgique) en avril 2004.
Edith, la fille du père Gassion, pièce de théâtre au Théâtre du Renard (12 rue du renard, Paris 4) jusqu’au 26 octobre.

CDs:

Mireille Mathieu chante Piaf (CD, EMI Capitol).
Michèle Torr chante Piaf (Productions spéciales, sortie le 22 octobre)
Charles Dumont, de Piaf à Dumont, (CD, XIII bis Records).
Ana Salazar, Un Himno al amor (Piaf en portugais, CD, Decca Universal, sortie le 14 octobre 2003).

Livres:

Edith Piaf: sans amour, on est rien du tout / Jean-Dominique Brierre (biographie, 168 pages, éd. Hors Collection).
Edith Piaf / Henri-Jean Servat (beau livre, Assouline, 2003, en anglais).
Vivante: récit biographique / Isabelle Sobelman (Melville/Leo Scheer, 2003)
Sur un air de Piaf / David Lelait (Payot, essai, 2003)
Piaf secrète/ Jean Noli (L’Archipel, 2003).



L’HYMNE A LA
MÔME 
: Après Brassens, Gainsbourg, Brel, hommage extrêmement inégal de ses pairs à Edith. Parmi les réussites, citons Isabelle Boulay (Les Mots d’amour), Stephan Eicher (la Goualante du Pauvre Jean), Etienne Daho (Mon Manège à moi, version de 1993) ou même la comédienne Clotilde Courau dans les Amants d’un jour. Parmi les ratages, deux exploits : le duo Raphael-Laetitia Casta, la jeune Corse n’ayant aucun talent vocal particulier, et J’t’ai dans la peau par Jean-Louis Aubert : sans commentaire.
Une note spéciale pour l’ex-Popstar Chimène Badi dont la voix à la Georgette Lemaire colle merveilleusement à l’esprit de Piaf. Comme Enrico Macias, Cheb Mami et Axelle Red, elle nous parle de son travail sur ce disque :

ENRICO MACIAS :
Piaf : C’est rare des chanteurs dits «de variété» qui, après leur mort, existent encore. Et Piaf existera tout le temps. D’abord il y a sa voix, entre l’opéra et la variété. C’est un monument immortel.
La reprise : Une chanson c’est comme un tableau: il ne faut pas essayer de changer les couleurs. Sous le ciel de Paris a une couleur qu’il faut respecter. On parle de Paris, pas d’Andalousie! On ne peut pas se permettre d’écrire des arrangements qui ne correspondent pas à l’esprit de la mélodie et du texte.

AXELLE RED :
Piaf : Il ne faut pas forcément sortir l‘accordéon pour être la Piaf d’aujourd’hui, mais plus arriver à faire pleurer les gens, et que ça sorte des tripes. Mais ça, une Aretha Franklin le fait, comme Piaf, même si ce sont deux chanteuses opposées.
La reprise : J’ai pensé un instant refuser l’invitation. Surtout que l’année passée, dans l’émission Star Academy, une personne qui ne chantait pas dans le ton s’est vu dire «c’est comme si Axelle Red chantait Piaf!»…
Pour moi, l’erreur, c’est de s’inspirer de sa façon de chanter. On tombe vite dans le piège. On peut imiter quelqu’un, mais pour moi ça n’a jamais été un but en soi.

CHEB MAMI :
Piaf : Je la comparerais à Oum Kalsoum. On disait d’elle qu’elle représentait l’école de la musique arabe, je pense que c’est pareil pour Edith Piaf: c’est l’école de la musique française.
La reprise : J’avais un peu le trac ! Sa façon d’interpréter est un peu magique. J’ai donc écouté la chanson trois jours dans ma voiture pour essayer de vraiment bien percevoir sa façon de l’interpréter. D’autant que la gamme n’a pas été changée: c’est la note de Piaf, et j’ai été obligé de chanter très aigu, sur sa note.
J’ai choisi Rien de rien, car il n’y a pas beaucoup de paroles et mon français n’est pas très bon… Je l’ai choisie surtout car elle a des côtés orientaux. Je pouvais apporter cette touche sur cette chanson.

CHIMÈNE BADI :
Piaf : Il n’y en a pas deux comme elle. J’aime beaucoup Mireille Mathieu qui a un peu le même genre de voix, mais Piaf c’est quand même assez spectaculaire! Peu importe que certains la trouvent démodée. Moi ça m’amuse de toucher à des répertoires différents. C’est juste pour un moment et ça permet aux gens de voir ce que je suis capable de faire d’autre.
La reprise : Interpréter Edith Piaf, c’est quand même assez gros! C’est une voix, on est tous d’accord…Mais j’ai vu ça assez objectivement, je me suis dit que c’était assez exceptionnel que ça m’arrive aussi vite. J’étais beaucoup plus heureuse que paniquée. Concrètement, c’est très difficile car elle monte de graves en aigus et c’est très difficile de pouvoir interpréter ces chansons. C’était un challenge de plus.

Spectacles:

Claudette Dion (soeur de…) chante Piaf à l’Olympia (Paris) le 16 novembre. Album chez Up Music.
Michèle Torr fera de même à Liège (Belgique) en avril 2004.
Edith, la fille du père Gassion, pièce de théâtre au Théâtre du Renard (12 rue du renard, Paris 4) jusqu’au 26 octobre.

CDs:

Mireille Mathieu chante Piaf (CD, EMI Capitol).
Michèle Torr chante Piaf (Productions spéciales, sortie le 22 octobre)
Charles Dumont, de Piaf à Dumont, (CD, XIII bis Records).
Ana Salazar, Un Himno al amor (Piaf en portugais, CD, Decca Universal, sortie le 14 octobre 2003).

Livres:

Edith Piaf: sans amour, on est rien du tout / Jean-Dominique Brierre (biographie, 168 pages, éd. Hors Collection).
Edith Piaf / Henri-Jean Servat (beau livre, Assouline, 2003, en anglais).
Vivante: récit biographique / Isabelle Sobelman (Melville/Leo Scheer, 2003)
Sur un air de Piaf / David Lelait (Payot, essai, 2003)
Piaf secrète/ Jean Noli (L’Archipel, 2003).



L’HYMNE A LA
MÔME 
: Après Brassens, Gainsbourg, Brel, hommage extrêmement inégal de ses pairs à Edith. Parmi les réussites, citons Isabelle Boulay (Les Mots d’amour), Stephan Eicher (la Goualante du Pauvre Jean), Etienne Daho (Mon Manège à moi, version de 1993) ou même la comédienne Clotilde Courau dans les Amants d’un jour. Parmi les ratages, deux exploits : le duo Raphael-Laetitia Casta, la jeune Corse n’ayant aucun talent vocal particulier, et J’t’ai dans la peau par Jean-Louis Aubert : sans commentaire.
Une note spéciale pour l’ex-Popstar Chimène Badi dont la voix à la Georgette Lemaire colle merveilleusement à l’esprit de Piaf. Comme Enrico Macias, Cheb Mami et Axelle Red, elle nous parle de son travail sur ce disque :

ENRICO MACIAS :
Piaf : C’est rare des chanteurs dits «de variété» qui, après leur mort, existent encore. Et Piaf existera tout le temps. D’abord il y a sa voix, entre l’opéra et la variété. C’est un monument immortel.
La reprise : Une chanson c’est comme un tableau: il ne faut pas essayer de changer les couleurs. Sous le ciel de Paris a une couleur qu’il faut respecter. On parle de Paris, pas d’Andalousie! On ne peut pas se permettre d’écrire des arrangements qui ne correspondent pas à l’esprit de la mélodie et du texte.

AXELLE RED :
Piaf : Il ne faut pas forcément sortir l‘accordéon pour être la Piaf d’aujourd’hui, mais plus arriver à faire pleurer les gens, et que ça sorte des tripes. Mais ça, une Aretha Franklin le fait, comme Piaf, même si ce sont deux chanteuses opposées.
La reprise : J’ai pensé un instant refuser l’invitation. Surtout que l’année passée, dans l’émission Star Academy, une personne qui ne chantait pas dans le ton s’est vu dire «c’est comme si Axelle Red chantait Piaf!»…
Pour moi, l’erreur, c’est de s’inspirer de sa façon de chanter. On tombe vite dans le piège. On peut imiter quelqu’un, mais pour moi ça n’a jamais été un but en soi.

CHEB MAMI :
Piaf : Je la comparerais à Oum Kalsoum. On disait d’elle qu’elle représentait l’école de la musique arabe, je pense que c’est pareil pour Edith Piaf: c’est l’école de la musique française.
La reprise : J’avais un peu le trac ! Sa façon d’interpréter est un peu magique. J’ai donc écouté la chanson trois jours dans ma voiture pour essayer de vraiment bien percevoir sa façon de l’interpréter. D’autant que la gamme n’a pas été changée: c’est la note de Piaf, et j’ai été obligé de chanter très aigu, sur sa note.
J’ai choisi Rien de rien, car il n’y a pas beaucoup de paroles et mon français n’est pas très bon… Je l’ai choisie surtout car elle a des côtés orientaux. Je pouvais apporter cette touche sur cette chanson.

CHIMÈNE BADI :
Piaf : Il n’y en a pas deux comme elle. J’aime beaucoup Mireille Mathieu qui a un peu le même genre de voix, mais Piaf c’est quand même assez spectaculaire! Peu importe que certains la trouvent démodée. Moi ça m’amuse de toucher à des répertoires différents. C’est juste pour un moment et ça permet aux gens de voir ce que je suis capable de faire d’autre.
La reprise : Interpréter Edith Piaf, c’est quand même assez gros! C’est une voix, on est tous d’accord…Mais j’ai vu ça assez objectivement, je me suis dit que c’était assez exceptionnel que ça m’arrive aussi vite. J’étais beaucoup plus heureuse que paniquée. Concrètement, c’est très difficile car elle monte de graves en aigus et c’est très difficile de pouvoir interpréter ces chansons. C’était un challenge de plus.


L’HYMNE A LA
MÔME 
: Après Brassens, Gainsbourg, Brel, hommage extrêmement inégal de ses pairs à Edith. Parmi les réussites, citons Isabelle Boulay (Les Mots d’amour), Stephan Eicher (la Goualante du Pauvre Jean), Etienne Daho (Mon Manège à moi, version de 1993) ou même la comédienne Clotilde Courau dans les Amants d’un jour. Parmi les ratages, deux exploits : le duo Raphael-Laetitia Casta, la jeune Corse n’ayant aucun talent vocal particulier, et J’t’ai dans la peau par Jean-Louis Aubert : sans commentaire.
Une note spéciale pour l’ex-Popstar Chimène Badi dont la voix à la Georgette Lemaire colle merveilleusement à l’esprit de Piaf. Comme Enrico Macias, Cheb Mami et Axelle Red, elle nous parle de son travail sur ce disque :

ENRICO MACIAS :
Piaf : C’est rare des chanteurs dits «de variété» qui, après leur mort, existent encore. Et Piaf existera tout le temps. D’abord il y a sa voix, entre l’opéra et la variété. C’est un monument immortel.
La reprise : Une chanson c’est comme un tableau: il ne faut pas essayer de changer les couleurs. Sous le ciel de Paris a une couleur qu’il faut respecter. On parle de Paris, pas d’Andalousie! On ne peut pas se permettre d’écrire des arrangements qui ne correspondent pas à l’esprit de la mélodie et du texte.

AXELLE RED :
Piaf : Il ne faut pas forcément sortir l‘accordéon pour être la Piaf d’aujourd’hui, mais plus arriver à faire pleurer les gens, et que ça sorte des tripes. Mais ça, une Aretha Franklin le fait, comme Piaf, même si ce sont deux chanteuses opposées.
La reprise : J’ai pensé un instant refuser l’invitation. Surtout que l’année passée, dans l’émission Star Academy, une personne qui ne chantait pas dans le ton s’est vu dire «c’est comme si Axelle Red chantait Piaf!»…
Pour moi, l’erreur, c’est de s’inspirer de sa façon de chanter. On tombe vite dans le piège. On peut imiter quelqu’un, mais pour moi ça n’a jamais été un but en soi.

CHEB MAMI :
Piaf : Je la comparerais à Oum Kalsoum. On disait d’elle qu’elle représentait l’école de la musique arabe, je pense que c’est pareil pour Edith Piaf: c’est l’école de la musique française.
La reprise : J’avais un peu le trac ! Sa façon d’interpréter est un peu magique. J’ai donc écouté la chanson trois jours dans ma voiture pour essayer de vraiment bien percevoir sa façon de l’interpréter. D’autant que la gamme n’a pas été changée: c’est la note de Piaf, et j’ai été obligé de chanter très aigu, sur sa note.
J’ai choisi Rien de rien, car il n’y a pas beaucoup de paroles et mon français n’est pas très bon… Je l’ai choisie surtout car elle a des côtés orientaux. Je pouvais apporter cette touche sur cette chanson.

CHIMÈNE BADI :
Piaf : Il n’y en a pas deux comme elle. J’aime beaucoup Mireille Mathieu qui a un peu le même genre de voix, mais Piaf c’est quand même assez spectaculaire! Peu importe que certains la trouvent démodée. Moi ça m’amuse de toucher à des répertoires différents. C’est juste pour un moment et ça permet aux gens de voir ce que je suis capable de faire d’autre.
La reprise : Interpréter Edith Piaf, c’est quand même assez gros! C’est une voix, on est tous d’accord…Mais j’ai vu ça assez objectivement, je me suis dit que c’était assez exceptionnel que ça m’arrive aussi vite. J’étais beaucoup plus heureuse que paniquée. Concrètement, c’est très difficile car elle monte de graves en aigus et c’est très difficile de pouvoir interpréter ces chansons. C’était un challenge de plus.

Pages Piaf sur le site du Hall de la Chanson (ouverture le 11 oct.)