LES PRIMEURS DE MASSY 2004

Septième édition déjà pour le festival des musiques chantées de Massy qui, du 28 au 31 octobre dernier, a présenté sa nouvelle moisson d’artistes parmi lesquels Piers Faccini, Nosfell, Daby Touré, Las Ondas Marteles ou encore... Magyd Cherfi. En focus, Sportès, pas vraiment un inconnu !

Une scène pour les premiers albums

Septième édition déjà pour le festival des musiques chantées de Massy qui, du 28 au 31 octobre dernier, a présenté sa nouvelle moisson d’artistes parmi lesquels Piers Faccini, Nosfell, Daby Touré, Las Ondas Marteles ou encore... Magyd Cherfi. En focus, Sportès, pas vraiment un inconnu !

A chaque automne, c’est le même rituel : amateurs de découvertes et professionnels du spectacle se pressent en région parisienne pour découvrir, peut-être, celui qui remplira les salles de demain. Un festival, dont le postulat a toujours été de ne programmer des artistes n’ayant réalisé qu’un seul album, ou en cours de l’être, et en attente d’une maison de disques. Une façon aussi de donner le coup de pouce qui compte dans un métier incertain. Pas vraiment la facilité et pourtant, Christian Maugein, co-fondateur avec Olivier Poubelle, (le patron d’Astérios*), se souvient encore du jour où il a programmé en 1998 le groupe Tryo en sentant que ceux-là, feraient du chemin. Depuis les Paris Combo, Mickey 3D et autre Vincent Delerm auront confirmé ces attentes.

Le 29 octobre, on a pu y entendre Ridan, venu de l’univers du rap et se tourner vers la chanson rêveuse, voire euphorique: "Je fais le rêve de tous les gosses: je m’envolerai au bout du monde" ni oublier sa verve adolescenteavec Tu veux que j’te dise le quotidien d’un maghrébin quand t’as 20 ans? Avec Gérald Genty, on se pose et on écoute. On sourit souvent. Blondinet à la dégaine de surfeur, le chanteur aime à se présenter en caleçon et montrer ses jambes de sportif de haut niveau. Il n’en déroule pas moins sans hâte ses chansons ludiques, interprétées avec beaucoup d’interactivité et se fend même d’une reprise de William Sheller. Léger, déconnant, Gérald Genty, c’est un peu le Mister Gadget de la chanson, alors bien sûr, il fait sa star (c’est lui qui le chante) "mais bon pour l’instant, il n’est pas trop connu, ça va…"

Sportès

Si leur carrière discographique débute à peine, pour la plupart, certains sont déjà aguerris à la scène, pour y avoir bourlingué des années durant, sous d’autres identités. C’est le cas de Sportès, qui compte néanmoins sur sa prestation à Massy pour s’imposer. Sur une mélopée orientale, Benjamin Sportès attaque avec les mots tendres de Tu joues qui ouvre son premier album, aux mélodies chaleureuses. Un joli album blanc et bleu, siglé d’une photo de vacances au Maroc, devenue un logo qui le suit partout. Costard blanc, oeillet pourpre à la boutonnière et gâpette vissée sur l’oreille, Benjamin Sportès a la guitare rageuse de celui qui veut convaincre vite. "Une veste de mariage par terre, ça peut paraître bizarre… mais on a 40 minutes chrono…". En français, en arabe, en franglais parfois, Sportès chante l’amour Kiss me, kiss moi, puis sur un tempo reggae, plonge dans le monde opaque de la boxe hexagonale avec Du cuir dans la tête, où l’on retrouve en featuring, Youcef Seddas, du groupe de rap algérois Intik, aujourd’hui dissous. Et comme il mouille sa chemise! Baroudeur à sa manière, il l’est Sportès.

A 14 ans, il jouait déjà de la batterie façon rockabilly au sein des Wanderes. C’était au milieu des années 80, il fréquente alors la scène alternative avec les Wampas, Parabellum ou encore Los Carayos. Puis chante du rock au sein du groupe Torpedo et partage les planches avec Jean-Louis Aubert et Toots and the Maytals. Changement de cap, Sportès s’exile cinq ans à Londres, tente une école de dessin, continue de chanter, en anglais cette fois, mais il sent bien que c’est à Paris qu’il doit se réaliser artistiquement. Il en a même fait une chanson Paris dont il donne la primeur à Massy: "Je laisse derrière moi des jours et des jours/ et des mois et des mois, et des années d’amitié/ d’amours déçues, de congés impayés/de verve, de haine et de fous rires quand même". En 2001, Sportès rafle pas moins de trois prix au 18ème tremplin de la chanson des Chorus des Hauts-de-Seine. Passionné d’électro, on le retrouve également, sous le pseudo de Sportokantès, sur le label Catalogue. Amoureux de la vie, il l’est aussi de sa femme Isabelle, à qui il dédie Saïda en jetant des paillettes tombant sur le public en une pluie d’étoiles. Déçu pourtant lorsque le public ne reconnaît pas Gene Vincent, qu’il porte en médaillon sur la bandoulière de sa guitare. Preuve que le public rajeunit…

Magyd Cherfi clôt la soirée. Ce n’est pas un inconnu, mais c’est son tout premier album solo. Il nous est vraiment sympathique, le chanteur toulousain de Zebda. Il occupe la scène, vilipende un certain George W. Bush, raconte sa mère, discute avec les gens, et puis on aime beaucoup sa chanson Les grandes, extraite de son album La cité des étoiles. Même si tout le monde, ce soir-là à Massy, ne jouait pas dans la même cour.

*Astérios: production de spectacles

Sportes Fartas (XIII bis records)
Gérald Genty Humble héros (Wagram)
Ridan Le rêve ou la vie (Sony Music)
Magyd Cherfi La cité des étoiles (LPK/Barclay/Universal)

Sportès sera le 9 novembre au Tryptique et le 12 novembre à La Scène, à Paris.