Victoires du jazz 2005

Plébiscité par la profession, les frères Belmondo sortent à nouveau grands gagnants de l'édition 2005 des Victoires du jazz, même si c'est l'album de Stéphane qui cette fois-ci est récompensé, son frère Lionel y ayant largement participé. Deux Victoires donc, celle de la Meilleur formation et celle du Meilleur album jazz français de l’année. Mais le palmarès de cette édition ne reflète pas la diversité et le dynamisme de la scène jazz française. Dommage !

Encore Belmondo !

Plébiscité par la profession, les frères Belmondo sortent à nouveau grands gagnants de l'édition 2005 des Victoires du jazz, même si c'est l'album de Stéphane qui cette fois-ci est récompensé, son frère Lionel y ayant largement participé. Deux Victoires donc, celle de la Meilleur formation et celle du Meilleur album jazz français de l’année. Mais le palmarès de cette édition ne reflète pas la diversité et le dynamisme de la scène jazz française. Dommage !

 
 

Les Victoires du jazz fêtent leurs troisième année d'existence et c’est d’abord une victoire médiatique pour les musiciens et le public, grâce à qui cette musique existe. En effet, la soirée des Victoires du jazz 2005 sera diffusée sur France 3 le samedi 25 juin … tard le soir. Les téléspectateurs pourront découvrir alors la seule émission de la télévision française exclusivement dédiée au jazz avec une programmation extrêmement variée, qui témoigne de la formidable ouverture des artistes depuis quelques années.

Seules quatre Victoires décernées : d'abord le Paris Jazz Big Band, récompensé par la Victoire de la révélation française de l’année. Une aventure humaine qui dure depuis sept ans déjà, grâce à un soutien financier de différents sponsors et institutions, absolument nécessaire pour la survie d’une telle formation. Formé en 1999 par le trompettiste Nicolas Folmer et le saxophoniste Pierre Bertrand, le Paris Jazz Big Band regroupe plusieurs générations. Une famille masculine de seize garçons en complet veston noir qui ont réussi à s’inscrire en lettre rouge au fronton de l’Olympia puisque le paris Jazz Big band à accompagner Diana Krall lors de sa venue en France !

Victoire de l'artiste français de l'année et Victoire du meilleur album jazz français de l'année, Stéphane Belmondo, le trompettiste de talent, qui ose signer son premier album solo  Wonderland, sans son frère Lionel. Il fallait oser interpréter un des plus grands compositeurs de l’époque Motown : Stevie Wonder ! Une dizaine de titres mélodiques, dépouillés de leurs arrangements soul et funk pour une version acoustique d’un quartet composé par Paul Imm à la contrebasse, Eric Legnigni au piano et Laurent Robin à la batterie. Stéphane a tout de même confié les arrangements à son frère Lionel avec qui il a créé le label B-Flat, sur lequel ils ont lancé Vincent Artaud, cité dans la catégorie Révélation française de l'année. Et enfin, pour la victoire de l'artiste international de l'année, c'est une femme, Madeleine Peyroux qui a été distinguée, une Américaine francophile, retenue par une tournée, ce qui ne nous a pas permis d'entendre son timbre profond.

 
  
 

Quatre victoires donc, pour une soirée où l'on fête d'abord le jazz avec les des artistes créatifs et dynamiques comme André Ceccarelli (batterie) en trio avec Bireli Lagrene (guitare) et Rémi Vignolo (contrebasse), cité mais non récompensé dans la catégorie Meilleur album jazz français de l’année, un Dédé toujours aussi chaleureux et swing avec lequel Stéphane Belmondo a voulu partagé sa Victoire. Rappelons qu’André Cécarelli avec son album Carte blanche à mis en miroir nombre de fortes personnalités de la scène actuelle : Bireli Lagrene, John Mc Laughlin, Richard Galliano, et aussi les formidables Baptiste Trotignon et David El Malek ! Puis c’est au tour de l’incroyable Andy Elmer Megaoctet de mettre le feu au très select Casino d’Enghien. Un projet qui aurait dû recevoir une victoire ! Créé en 1989, et mis en veille en 1994, le groupe est réactivé version acoustique par Andy, le pianiste, en 2000. Où l’on retrouve le trublion Méderic Collignon, à la voix déjantée et à la trompette énervée, trois saxophones, une contrebasse, un tuba, une batterie et des percussions. Voilà un groupe mené par un musicien assidu de toutes les musiques du XXème siècle, agitateur, improvisateur : que du bonheur !  Cela a donné un fabuleux album Dreams in tune (Nocturne). Autre oubliée d’un palmarès qui manque de curiosité, la très grande Elizabeth Kontoumanou. Révélée en 1986 par le concours de jazz de la défense, Elizabeth revient de New York avec un album de standards, Midnight Sun (Nocturne). C’est une grande voix, c’est la séquence émotion de la soirée. Elle chante I’ve got the right to sing the blues, accompagnée par Dré Pallemaert, génial contrebassiste noir américain présent dans le quartet créé cette année par Baptiste Trotigon et David El Malek. Elizabeth Kontomanou est guinéenne par son père et grecque par sa mère, son âme est nomade, mais j’espère pour nous qu’elle va se sédentariser quelques temps en France !

Des Victoires en demi teintes, une impression de déjà vu, malgré un spectacle de haut niveau.