Yannick Noah

Et de cinq pour Noah, artiste aujourd’hui incontournable de la scène des variétés françaises. Après le succès de Pokhara, l’album composé durant son aventure initiatique népalaise écoulé à plus d’un million d’exemplaires, Métisse(s) est son nouveau disque. Déjà vendu à 150.000 exemplaires, il n’est en fait qu’un semi-projet. Né des rencontres avec d’autres artistes, comportant duos, reprises et titres live (dont 4 extraits de Pokhara, s’inscrivant dans le sillon des ventes enthousiastes).

Métisse(s)

Et de cinq pour Noah, artiste aujourd’hui incontournable de la scène des variétés françaises. Après le succès de Pokhara, l’album composé durant son aventure initiatique népalaise écoulé à plus d’un million d’exemplaires, Métisse(s) est son nouveau disque. Déjà vendu à 150.000 exemplaires, il n’est en fait qu’un semi-projet. Né des rencontres avec d’autres artistes, comportant duos, reprises et titres live (dont 4 extraits de Pokhara, s’inscrivant dans le sillon des ventes enthousiastes).

 
  
 

Symbolique ou pas, la date de sortie de Métisse(s) s’est calée en pleine émulsion d’élan positif. Entre deux événements justement proches de l’histoire et des valeurs défendues par Noah : la Fête de la Musique et le Live 8. Des concerts organisés par Bob Geldof pour la lutte contre la pauvreté, Noah aura répondu présent à l’édition française tenue le 2 juillet dernier, à Versailles. Créateur de l’association Enfants du Monde, supporteur de nombreuses autres, il se définit comme un être engagé. Un trait volontairement occulté dans sa musique. Lucide, il préfère l’action au pouvoir relatif d’une chanson. Le 21 juin est une autre affaire de coeur du Français. A l’occasion du lancement de la première édition, il était sollicité par Jack Lang pour la parrainer. Lui, l’homme fédérateur. Récent vainqueur de l’édition ’83 de Roland Garros, il s’inscrivait dans la prestigieuse lignée des joueurs français qui gagnent en France. De mère française et de père camerounais, il était aussi l’image d’une France telle qu’elle se compose, métisse.

Rencontres

Métisse
, c’est justement le titre qu’il a choisi pour son duo avec Disiz la Peste. Une rencontre initiée par le rappeur franco-sénégalais, porté par le succès du film Dans tes rêves. A l’origine de la collaboration et de l’écriture du morceau, Noah devait simplement intervenir sur le chant de Disiz. Les rôles seront finalement inversés. Balancés entre la voix coulée de Noah et l’attaque plus mordante de Disiz. Un métissage de hip hop et d’influences world au texte un brin consensuel mais juste, "Pas besoin de voyager pour dire que je viens de loin". La Noah’s Touch en plus. Il la définissait sur ses albums précédents comme un mélange de musique et d’appels positifs à la tolérance, au rassemblement. Avec en tête toujours, ce farouche attachement aux racines et à la filiation.

Grand fan de James Brown et Bob Marley, c’est avec Jimmy Cliff qu’il interprétera en duo Take your time. Il pose sa voix sur une collaboration proposée par le Jamaïcain, à l’occasion de son dernier album. Au croisement de plusieurs genres, la dernière icône vivante du reggae offre un Black Magic à entrées multiples. Parmi les duos prestigieux avec Sting, Annie Lennox ou Joe Strummer, il y aura aussi Noah. Contacté par le vieux Jimmy, il était difficile de refuser, et ça fonctionne bien. Sur tous les plans, l’un comme l’autre prônant ouverture d’esprit et musique s’enrichissant d’autres influences, avec une bonne humeur manifeste.

& influences

 
 

Comme pour beaucoup de jeunes Français à la fin des années 70’s début 80’s, le groupe phare du rock français Téléphone en sera une autre. La reprise de La bombe humaine n’est donc pas une surprise, une bonne non plus. Trop tendre, Noah se laisse aussi manifestement un peu trop allé. Pacifisme poussif suceur de substance que l’on retrouve dans sa ré-interprétation passée de La Marseillaise Oh rêves. L’histoire s’est filée depuis l’invitation sur scène par Noah d’Aubert et Bertignac aux concerts de soutien à son association, Les Enfants de la Terre. Plus tard et pendant la composition de Pokhara, il retrouvera Bertignac au Népal, alors que celui-ci y récupère un second souffle.  Ils en profiteront pour jouer ensemble lors de concerts organisés par le Centre Culturel Français, des classiques du rock. Une façon de renouer avec d’autres de ses premières écoutes, Beatles et Rolling Stones.

On le préfère toutefois dans les morceaux réussis type J’aurais dû comprendre en duo avec Myriam Vialatte ou La voix des sages et C’est pour toi, entouré des impeccables Zam-Zam. Dommage que pour ce second essai live, la production trop lissée ne permette pas de palper l’intensité probable. Avec un charisme évident, Noah trouve à quelques exceptions la communion avec un public studieux, sur des titres comme La voix… Les perturbations chamaniques à l’image de Ose étant à laisser de côté.

Il trouvait le tennis trop individuel, la musique lui aura permis de renouer avec le groupe, l’équipe et la tribu. Comme au temps du hard-rockeur McEnroe, de Jim Courier le batteur et Wilander parfois aussi à la guitare. Une parole en action. Une voix qui gagne encore à trouver son créneau.

Yannick Noah Métisse(s) (St Georges) 2005