Didier Awadi à Paris

A la Maroquinerie à Paris, Awadi et ses musiciens ont livré vendredi un concert résolument hip hop, festif et engagé. Les titres de l’album Un autre monde est possible, très en phase avec le récent Forum Social de Bamako, ont fait vibrer et danser le public parisien.

Hip hop conscient

A la Maroquinerie à Paris, Awadi et ses musiciens ont livré vendredi un concert résolument hip hop, festif et engagé. Les titres de l’album Un autre monde est possible, très en phase avec le récent Forum Social de Bamako, ont fait vibrer et danser le public parisien.

Sur la petite scène de la Maroquinerie, les musiciens démarrent en trombe avec des "samples live", de références fortes du hip hop américain : A Tribe Called Quest, ou The Wu Tang Clan. Histoire de planter le décor : ce soir, ce sera résolument hip hop. Dans le partage et dans l’engagement. Dans la revendication et dans l’humour.

"Peace, love and having fun", vous vous rappelez ? Awadi incarne la devise mieux que personne. Accompagné de Freddie Massamba, Congolais et membre des Tambours de Brazza, Awadi attaque fort avec le titre le Cri du peuple et son "woyoye" pour le changement, repris avec force et émotion par le public, le poing levé. Les manifestes d’Awadi sont politiques : la dette, l’histoire africaine spoliée, la loi française du 23 février sur les aspects positifs de la colonisation, ou la politique américaine sont passés à la moulinette du flow dénonciateur…

Avec intelligence, Awadi se fait le porte-parole d’une "génération consciente" qui revendique un changement des mentalités en Occident et en Afrique. Bientôt, il entame le titre phare J'accuse, où sur un accompagnement léger à la kora, il dit son texte à la salle. Le public en boit le contenu et approuve. "Wallaï" et "waow" fusent de toutes parts.

Ensuite, le duo de rappeurs Dakarois CBV pose un freestyle bien senti, des amis viennent jouer du djumbé ou danser sur scène, dans une ambiance de fête. Le concert prend enfin un tour plus roots, avec, façon griot s’il vous plaît, un hommage à Cheikh Oumar Tall, une figure de taille en Afrique de l’Ouest. Après deux rappels, les musiciens reprennent l’introduction hip hop du début du concert, et "pour ne pas finir que sur une note festive", Awadi demande à ré-entendre le "cri du peuple pour le changement". La salle rugit.