Le monde de Nosfell en images

Après s'être produit à près de 150 reprises pour présenter Pomaïe Klokochazia Balek, son premier album déroutant et fascinant, Nosfell livre aujourd'hui un DVD enregistré à Bruxelles. L’occasion de mieux cerner cet extraterrestre, impressionnant sur scène. Beaucoup plus timide à la ville, il se confie, accompagné de son complice violoncelliste, Pierre Lebourgeois.

Un DVD immortalise sa première tournée

Après s'être produit à près de 150 reprises pour présenter Pomaïe Klokochazia Balek, son premier album déroutant et fascinant, Nosfell livre aujourd'hui un DVD enregistré à Bruxelles. L’occasion de mieux cerner cet extraterrestre, impressionnant sur scène. Beaucoup plus timide à la ville, il se confie, accompagné de son complice violoncelliste, Pierre Lebourgeois.

RFI Musique : Que trouve-t-on sur ce DVD ?
Nosfell : On va trouver une heure et demie de concert, On a immortalisé un moment. C’était important pour nous que ce soit ce soir-là parce que c’était l’avant-dernière date de la tournée. On a attendu d’avoir cette connivence avec Pierre, d’être au mieux de nos capacités pour pouvoir enregistrer une prestation entière. Il y a aussi le premier volume d’une collection de “lizun” (musique improvisée en klokobetz, langage imaginé par Nosfell, ndlr). A chaque fois, on s’impose un “lizun”, on part de rien pour aller vers quelque chose. C’est toujours très différent.

Sur l’album, les morceaux peuvent être déroutants, mais sur scène ils partent franchement dans toutes les directions.
Pierre : Défendre un disque sur scène, ce n’est pas forcément le jouer. Le disque, les gens l’ont ou pas mais ils font ce qu’ils veulent avec. Ce DVD permet vraiment de voir qu’il n’y a plus de tabou avec nos chansons. On peut se permettre de les étirer, les raccourcir, faire des liens entre elles même si ça n’a pas l’air logique. On essaie de construire quelque chose entre les morceaux. Ça nous apporte beaucoup de liberté, musicalement. Le tout est d’avoir un public qui adhère à ce genre de chose. On a de la chance, on s’est rendu compte qu’il était même demandeur.

Pierre, combien de temps avez-vous mis pour entrer dans l’univers de Nosfell ?
P. : On se connaît depuis cinq ans. Au début, j’étais plutôt invité aux concerts. On a commencé par des petits endroits, des cafés-concert, ça se faisait “à la rude”. Ensuite, on est tombé dans un été de fou à faire la tournée des festivals et ça devenait l’enfer pour proposer quelque chose de dynamique et d’intimiste. Ça nous a permis de comprendre comment il fallait faire pour s’adapter. C’est vraiment vers l’hiver dernier que l’on a commencé à savoir où on pouvait emmener chaque chanson. Et le DVD est tombé à point nommé. Il a pu concrétiser un an et demi de recherche.

Vous parlez le klokobetz couramment ?
P. : Je ne parlerai jamais le klokobetz. Je ne veux pas faire l’effort, je veux continuer à travailler la musique avec Nosfell, le climat, les compositions, les arrangements. Tout l’univers “klokochazien”, finalement, ça ne me regarde pas.

Sur certains morceaux de l’album, on sent une grosse influence folk américaine.
N. : C’est quelque chose avec lequel j’ai grandi. Neil Young, Joni Mitchell et, en parallèle aussi, des musiques folkloriques, dites traditionnelles. Mon père était fasciné par les voix des chanteuses indiennes. Ce sont les premières qui m’ont vraiment touché et impressionné. Très haut perchées avec des chœurs, trois ou dix femmes qui chantent en même temps. On trouve ça aussi dans la musique berbère ou au Japon.

Pour composer votre deuxième album, vous partez au Mexique ! Pourquoi ?
N. : Parce qu’on ne connaît pas, on a jamais mis les pieds en Amérique latine. Ça va nous faire du bien. On part tous les trois, avec Edouard Bonan (ingénieur du son du duo, ndlr). On est inséparable. On va avoir la chance d’être logé dans le centre de Mexico. J’espère qu’on aura l’occasion de visiter un peu la ville.

Avant d’y aller, on s’est isolé pendant une vingtaine de jours pour bien avancer le deuxième album plutôt que de partir au Mexique pour écrire ce disque. Nous connaissant, on aurait jamais mis les pieds dehors ! Autant s’arrêter à Genevilliers (banlieue parisienne, ndlr). Là, ça sera plus ouvert. On va voyager un peu, on a des périples de prévu.

Vous avez mis plus de vingt ans à mûrir votre premier album, le deuxième arrive bientôt. Vous appréhendez ?
N. : Oui, il faut être vachement plus réactif. Je ne sais pas si je suis confiant ou si j’ai peur. ça va être un drôle d’exercice. Ce qui compense, c’est cette expérience. Depuis trois ans, on cogite sur notre musique tous les jours. Maintenant, j’ai l’impression que j’arrive plus vite à donner forme à ce qu’il y a dans ma tête.

Les choses qui me font peur ont changé de place. Un peu comme quand tu as un tic qui s’en va , en fait il s’est déplacé, il n’est plus dans l’oeil mais dans la main !

Vous êtes nommés aux Victoires de la musique, dans la catégorie musique du monde…
N. : On est content. Il y a tellement de gens qui font de la musique en France et toi on te dit : “Viens”. ça fait plaisir à l’ego. On a vu que Serge Teyssot-Gay (guitariste de Noir Désir, ndlr) avait été nominé avec Interzone. On souhaite de tout coeur qu’ils gagnent le prix, leur travail est magnifique.

C’est l’appellation “musique du monde” qui nous gène. Moi, je préfère rock. Après, je ne suis pas adepte des classements. Classer, c’est bon pour les boutiques.

DVD Nosfell Live in Bruxelles (V2) 2006