Les Conf’Chantées s’invitent aux Francos

Le patrimoine en chantant

Le Hall de la chanson, bien connue des aficionados de la chanson française présente pour la première fois aux Francofolies de la Rochelle une série de conférences chantées, formule largement expérimentée à Paris pendant toute l’année. Rencontre entre un interprète et un journaliste ou un auteur, les Conf’chantées puisent dans le patrimoine musical d’un artiste marquant de la chanson française pour mieux lui rendre hommage. Tout au long de la semaine, rendez-vous avec Jacques Dutronc, Michel Polnaref, Claude François et Alain Bashung.

Dimanche 16 juillet : Bashung est parmi nous

Dernière de la série de Conf’chantées présentées à La Rochelle, celle-ci est consacrée à Alain Bashung. Le journaliste Olivier Nuc et le chanteur JP Nataf se collent à cet exercice délicat. En effet, évoquer avec justesse la personnalité et le parcours artistique de celui qui est devenu au fil du temps un très grand de la musique actuelle française, n’est pas chose aisée. Il faut rappeler ses influences, sa carrière chaotique (galères, disques passés inaperçus, etc.), ses rencontres importantes (Boris Bergman ou Jean Fauque entre autres), ses chansons emblématiques et celles qu’il voudrait oublier. JP Nataf, ex-Innocent, plus pop que rock donne une interprétation de Vertige de l’amour légère et drôle. Très documenté sur le sujet, le chanteur donne aussi quelques explications sur les compositions de Bashung. Cet échange entre un journaliste et un musicien a de quoi alimenter la légende d’un artiste dont le mystère ne sera sans doute jamais percé.

Samedi 15 juillet : Cloclo en duo

A l’heure du café, après déjeuner, l’esprit de Cloclo est parmi nous. En effet, aujourd’hui, la Conf’chantée du jour est consacrée à Claude François. Pascal Bussy, journaliste, et Polo, chanteur, s’attaquent à un monument de la chanson populaire française. Quelques éléments biographiques mais surtout des rappels sur les choix artistiques de l’auteur de Comme d’habitude, sa passion pour la musique de la Tamla Motown ou ses exigences professionnelles. Polo incarne Claude François. Fermer les yeux et sa voix se fond dans vos souvenirs du Mal-aimé. Car de l’avis des deux compères, il faut réhabiliter l’artiste, lui redonner une place de choix dans le répertoire. Polo entonne pour finir : "Voiles sur les filles Barques sur le Nil "  et Alexandrie Alexandra vient clore cette conférence chantée, un bel hommage que le public a largement plébiscité.

Vendredi 14 Juillet : Tout tout tout pour ...Michel Polnareff

Deuxième conférence chantée au programme des Francos : Michel Polnareff, le trublion des années 1960 et 1970, roi de la pop psychédélique, objet jadis de tant de polémiques. A quelques mois de son grand retour annoncé en France, la vie et l’œuvre du chanteur ont été disséquées devant deux à trois cents personnes. Dans le rôle de la biographe-conférencière : Anne-Marie Paquotte, journaliste de renom et grande spécialiste de chanson. Dans le rôle de l’artiste qui revisite à sa façon le répertoire de Polnareff : Claire Diterzi, inventive et iconoclaste. La demoiselle a la voix aérienne, comme Polnareff, mais elle avoue n’avoir jamais été une grande fan, au contraire. Pas grave… et même tant mieux ! Elle avait, hier vendredi, cette distance nécessaire pour réinventer les chansons de l’absent. En contrechamp, Anne-Marie Paquotte a conté les péripéties d’une carrière tumultueuse (études musicales classiques, relations familiales très rudes, cures de sommeil à répétition, exil forcé aux Etats-Unis, abus d’alcool et d’autres choses, puis résurrection inespérée…). Le tout, devant une assistance visiblement captivée par le récit croisé et chanté des deux intervenantes.

Jeudi 13 juillet : Dutronc, et nous et nous et nous

Une jolie place près du port, des platanes protecteurs face aux rayons ardents du soleil et une ambiance assez familiale, voila le cadre agréable pour assister à la première Conf’chantée de ces Francos, consacrée aujourd’hui à Jacques Dutronc. Juste à côté de la scène de la Motte Rouge, vers 14h, le responsable du Hall de la chanson, Serge Hureau, commence à s’activer pour que tout puisse commencer. Il rassemble sur scène Fred et Ludovic du groupe un peu déjanté Hyperclean et Michel Leydier, auteur d’une biographie de Jacques Dutronc en 2004 et grand connaisseur de l’homme aux Ray Ban et cigare. Les deux musiciens ont choisi cinq titres du répertoire de Dutronc et commence avec  l’Idole, chanson assez peu connue qui date de 67. Leydier évoque les années 60, la rencontre avec Lanzmann, ses manières de dandy, sa misogynie de façade, etc. Impossible de faire un tableau complet du bonhomme, il faudrait des heures et des heures. Il est plutôt question d’évocations, quelques touches impressionnistes qui permettront à chaque spectateur de se faire leur propre tableau du maître. Plus d’une heure passée à entendre parler de Dutronc et à écouter ses chansons. La dernière, les Roses fanées, si belle, chantée avec conviction par Fred et Ludovic alors que leurs collègues de Hyperclean, accoudés au comptoir du bar des Francos, assurent les chœurs et scandent des « Gigolo, gogolo », ponctuant ainsi drôlement le refrain. Un moment qui aurait à n’en pas douter, beaucoup plu à Jacques Dutronc.