Mademoiselle K

Après la reconnaissance de La Grande Sophie et le carton d’Anaïs, on se dit que les maisons de disques n’ont pas fini de s’engouffrer dans la brèche "Fille à grande gueule version rock". Première à sortir du chapeau : Mademoiselle K. Malgré sa pochette commercialement aguicheuse, la brune n’a rien d’un produit insipide calibré public pré-pubère. Elle a du caractère, du talent, et ça s’entend sur son premier album Ça me vexe.

Ça me vexe

Après la reconnaissance de La Grande Sophie et le carton d’Anaïs, on se dit que les maisons de disques n’ont pas fini de s’engouffrer dans la brèche "Fille à grande gueule version rock". Première à sortir du chapeau : Mademoiselle K. Malgré sa pochette commercialement aguicheuse, la brune n’a rien d’un produit insipide calibré public pré-pubère. Elle a du caractère, du talent, et ça s’entend sur son premier album Ça me vexe.

Si pour vous Emma Daumas (ex-Star Académicienne) représente la quintessence du croisement rock et féminin, vous allez être sacrément surpris en écoutant le premier album de Mademoiselle K. Histoire de vous mettre dans l’ambiance, commencez par Crève, oraison funèbre vacharde dédiée à un de ses ex (ou peut être à tous). Mais c’est avec des titres comme Jalouse ou Ça me vexe, que vous découvrirez tout l’art de cette chanteuse : un talent particulier à mêler noirceur et humour corrosif. 

Parmi ses multiples influences, elle revendique celle de PJ Harvey. On retrouve ici l’atmosphère oppressante des premiers albums de l’Anglaise mais Mademoiselle K se démarque grâce à sa voix de haute voltige : elle miaule, rugit, hurle, susurre, joue les divas ou les gros bras, en tout cas impressionne par la diversité de ses lignes mélodiques. On est aussi obligé de s’incliner devant la qualité des compositions. Si la chanteuse-guitariste écrit tout, toute seule, l’ensemble est ensuite retravaillé, malaxé par les trois autres musiciens. Le résultat laisse le plus souvent pantois avec mention très bien dans la catégorie : "Refrain qui vous suit toute la journée". Les deux guitares s’éloignent de l’habituel accompagnement saturé pour livrer des riffs précis, ciselés, léchés. De gros bosseurs, mais rock avant tout ! Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le solo de Ça sent l’été… Bien longtemps qu’une six cordes ne s’était pas autant épanouie avec un titre français.

Selon la légende, Katerine Gierak, le vrai nom de Mademoiselle K, s’est décidée à se lancer pour de bon dans la musique le jour où elle a raté son Capes [examen pour devenir enseignant ; ndlr]. On ne remerciera jamais assez ses examinateurs.

Mademoiselle K Ça me vexe (Capitol/Emi) 2006