Kamini, roi du buzz

En moins d’un mois, Kamini a initié un style, le rap "rural", rendu incontournable le village "paumé" de Marly-Gomont dans l’Aisne et déclenché le plus gros emballement médiatique de l’année. Tout ça, grâce à un clip amateur diffusé uniquement via Internet et sans le support d’aucune maison de disques. Aujourd’hui signé par RCA (Sony), Kamini prépare son premier album prévu au printemps 2007.

Le phénomène Marly-Gomont 

En moins d’un mois, Kamini a initié un style, le rap "rural", rendu incontournable le village "paumé" de Marly-Gomont dans l’Aisne et déclenché le plus gros emballement médiatique de l’année. Tout ça, grâce à un clip amateur diffusé uniquement via Internet et sans le support d’aucune maison de disques. Aujourd’hui signé par RCA (Sony), Kamini prépare son premier album prévu au printemps 2007.

Un troupeau de vaches, un pré verdoyant et un jeune Noir qui rappe, c’est le scénario improbable du plus beau coup médiatique de l’année. "J’viens pas de la cité mais le beat est bon / J’viens pas de Paname mais de Marly-Gomont..." Kamini Zantoko a grandi dans ce village de 423 habitants. Seul bambin noir dans la campagne picarde. Avec un sens de la dérision consommé, il décrit sur un instru synthétique son enfance, les quolibets ("Bamboula"), le racisme latent et l’accent traînant du coin. "A l’époque c’était douloureux, confie-t-il lors d’une interview sur le web, mais à 16-18 ans, tu te rends compte que c’est marrant. Ce qui donne la chanson aujourd’hui."  Drôle et bon esprit, Kamini fait intervenir des habitants de la commune, visiblement peu rompus à la gestuelle hip hop. Le jeune homme de 26 ans refuse en revanche le terme (franchement réducteur) de rap rural :  "Le rap n’est pas l’apanage des cités. C’est un genre musical."

A l’origine, le clip Marly-Gomont ne devait servir qu’à démarcher les maisons de disques. Il est tourné sous forme artisanale en 3 jours, fin juin, et monté par Emilie Desbonnet, une amie étudiante en audiovisuel. Kamini l’envoie début septembre. Un stagiaire serait alors tomber dessus et l’aurait aussitôt diffusé à ses amis. Le 12 septembre, on le retrouve sur un forum Internet. Le nombre de messages tels "Kamini, tous mes collègues te kiffent" ou "Ton morceau, c’est une bombe !" se succèdent à une fréquence exponentielle. Devant le succès, le site kamini.fr est lancé le 21 septembre. Cinq jours plus tard, il affiche 500000 connexions pour maintenant dépasser les deux millions. Télévisions, journaux, radio se font l’écho du phénomène. Le Marlytron (habitant de Marly-Gomont, comme tout le monde le sait…) essaie tout de même de garder les pieds sur terre. Il voudrait garder son travail d’infirmier à Lille.