Le conte de fée de Constance Amiot

Nouvelle signature du label Tôt ou Tard, Constance Amiot sort un premier album très personnel au doux nom de Fairytale. Douze titres qui permettent de mieux appréhender toutes les nuances de sa personnalité, en anglais ou en français, au son de la pop, du folk, de la country et du jazz. Un univers musical attachant pour cette guitariste-chanteuse qui vient de se produire récemment en première partie des concerts de Vincent Delerm et de Da Silva.

Ton histoire en quelques mots ?

 

Je suis née en Côte-d’Ivoire, j’ai grandi au Cameroun jusqu’à l’âge de 6 ans d’où j’ai rejoint ensuite les Etats-Unis et Washington DC. A l’âge de 22 ans, j’ai décidé de venir m’installer en France, à Paris.

De quoi est faite ta culture musicale ?
Il y avait beaucoup de disques de jazz chez mes parents. Par la suite, j’ai écouté de tout, du hip hop au flamenco, des musiques alternatives à la world. La musique française, hormis les classiques de Gainsbourg, je ne l’ai découverte qu’en arrivant à Paris et je continue de la découvrir encore aujourd’hui. Il y a une poésie dans cette langue qu’il n’y a pas dans les musiques que j’écoutais avant, le texte y occupe une place centrale.

Pourquoi avoir choisi New York pour l’enregistrement de cet album ?
Parce que New York est une ville merveilleuse et que j’avais toujours rêvé de pouvoir enregistrer là-bas, sans pour autant le dire autour de moi. Et l’occasion s’est présentée. New York était un bon point de rendez-vous pour retrouver tous les musiciens de l’album.

Justement, comment collabore-t-on avec ces pointures comme Jeff Pevar et Shawn Pelton* qui jouent sur ton disque ?
Au départ, c’est assez intimidant. Mais ils sont tellement musiciens dans l’âme, musiciens et professionnels, que cette appréhension disparaît très vite. On a enregistré cet album en trois jours, en formation live. Je leurs présentais les morceaux pour lesquels j’avais déjà des idées précises en terme d’arrangements et eux proposaient des choses. Le challenge était de réussir à faire le tri parmi toutes leurs propositions, de savoir si finalement cela servait ou non le morceau.

 

Jérôme Attal a écrit trois chansons pour cet album, L’Etourderie, Le Souffle du matin, Le Bout du monde, pourquoi lui ?
Nous nous sommes rencontrés lors d’un festival tremplin. Le lendemain, il m’adressait un mail pour me dire qu’il était tombé sous le charme de mes morceaux et qu’il souhaitait m’écrire les plus belles chansons du monde. Moi, je n’aurais pas écrit des textes comme ça, trop d’amour, trop direct. Mais finalement, je m’y retrouve aussi, il a su adapter ses mots à ma personne. C’est une belle rencontre.

D’où viennent le reste de tes compositions ?
J’écris beaucoup de chansons et j’en ai relevées quelques unes pour l’occasion. Certaines, que j’ai réarrangées, étaient sur mon premier album autoproduit, d’autres sont déjà plus anciennes. C’est un petit mélange.

Tu y mets quoi dans tes chansons ?
Je pioche un peu partout. Dans l’ambiance qu’il y a autour de moi, dans l’état d’esprit, l’actualité, ou parfois dans les rêves. Il y a un peu d’amour, de la désillusion, des voyages. Je fais allusion à des choses qu’on ne peut pas dire directement parce que j’aime creuser en dessous des surfaces. J’aime suggérer les choses, les détourner de la réalité, les emmener dans l’imaginaire. Je suis quelqu’un d’assez réservé dans la vie et les chansons sont sûrement une façon d’évoquer des thèmes que je n’exprimerais pas autrement.

Chanter en anglais et en français, c’était important pour toi ?
Je m’amuse avec ces deux langues et ce mélange me correspond parfaitement. Je suis ces deux langues. Je les utilise comme des filtres selon ce que j’ai à dire. L’anglais est plus fluide, plus souple, on peut s’amuser à délier les mots, à les détacher, alors que le français est plus staccato.

Comment tu définirais ce disque ?
S’il y a un mot qui devrait revenir, ce serait le mot frais, spontané aussi, du fait de la façon dont nous l’avons enregistré live. Ce disque est une histoire, un petit voyage, douze chansons qui sont toutes individuellement fortes et différentes. Tout ça ensemble, c’est un peu comme une mosaïque, et ce qui m’intéresse, c’est cette vue d’ensemble, comme un tableau.

 

Quelle relation tu entretiens avec ta guitare ?   
Ma guitare, c’est ma maison. Quand elle n’est pas dans mon dos, il y a quelque chose qui me manque. Elle est ma deuxième voix. Ce rapport à l’instrument est extraordinaire.

Tu risques d’être comparée à Carla Bruni, tu le sais ?
Oui, je suis guitariste, j’ai les yeux bleus, les cheveux longs, mais je ne suis pas Carla Bruni. C’est un compliment, c’est sûr, mais je suis à dix milles lieues d’elle. J’aimerais juste essayer de faire comprendre qu’au niveau des influences, de mon parcours, pour qui je suis et pour la musique que j’écoute, je suis différente. Je me suis rendue compte que les gens ont besoin de repères pour me situer. Je préfèrerais qu’on me compare à une artiste folk américaine.

* Jeff Pevar, guitariste de Joe Cocker, Ray Charles, Crosby et Nash,… et Shawn Pelton, batteur de Sheryl Crow, Bob Dylan, Bruce Springsteen,…

 

 

En concert le 5 juin à Paris au Bataclan en première partie d’Arno / le 7 juillet à Blois (41), Festival tous sur le pont / le 16 juillet à La Rochelle (17), Les Francofolies.