Disparition de Laba Sosseh

Pionnier de l’afro-salsa qu’il a contribué à rendre populaire sur tout le continent en quarante ans de carrière, le chanteur sénégambien Laba Sosseh s’est éteint hier à Dakar à l’âge de 64 ans.

La salsa africaine perd un de ses pionniers

Pionnier de l’afro-salsa qu’il a contribué à rendre populaire sur tout le continent en quarante ans de carrière, le chanteur sénégambien Laba Sosseh s’est éteint hier à Dakar à l’âge de 64 ans.

Les yeux et les oreilles tournés vers Cuba, de l’autre côté de l’Atlantique, Laba Sosseh est l’un des premiers chanteurs à avoir branché Dakar sur le rythme de la salsa. S’il commence à jouer en Gambie en 1963 avec l’African Jazz Band, matrice des Super Eagles de Banjul, il vient au Sénégal vers 1968 à la demande du patron du Miami, un club dakarois très populaire. Au sein du Star Band, sa complicité avec son compatriote saxophoniste Dexter Johnson fonctionne à merveille. La chanson Seyni leur apporte leur premier succès. Le duo monte ensuite le Super Star, qui met sur le marché de nombreux 45 tours au milieu des années 70.

Parallèlement, Laba Sosseh mène une carrière solo tout aussi brillante. Aminata, enregistré en 1972, est un vrai tube dont il fera de nombreuses versions comme celle qui figure sur l’album Baloba ! d’Africando sorti en 1998. Considéré comme l’un des premiers artistes africains à avoir décroché un disque d’or, on le surnomme "La voz africana" (la voix africaine) ou encore "el maestro".

Fort de sa notoriété, il part vivre pendant onze années dans la capitale ivoirienne, alors véritable centre névralgique de la musique d’Afrique de l’Ouest qui attire tous les musiciens de la région. Il y fonde le Super Star International Band d’Abidjan mais multiplie aussi à l’étranger les collaborations avec les pointures internationales de la salsa comme Monguito El Unico, l’un des artistes du label Fania de Johnny Pacheco, pour l’album Monguito El Unico Presents Laba Sosseh in USA.

Au début des années 80, c’est au tour d’un autre chanteur cubain réputé, Roberto Torres, de l’inviter sur son disque Roberto Torres presenta Laba Sosseh. En compagnie de quelques salseros vétérans de son pays, il s’était rendu en 2001 dans la capitale cubaine pour y enregistrer Los afro-salseros de Senegal en La Habana, sur lequel il reprenait entre autres le standard El Manisero. Deux mois avant sa disparition, il avait annoncé qu’il venait d’achever un nouvel album de seize titres réalisé avec l’Orquesta Aragon. La salsa n’a jamais cessé de couler dans ses veines.