Trio Joubran

Les frères Joubran sont tous les trois des virtuoses du oud. Nulle performance, nulle démonstration appuyée dans le jeu de ces musiciens palestiniens de Ramallah, nés à Nazareth. Juste l’art de faire passer par la musique des vagues d’émotions, fortes et brûlantes. Lorsque leurs doigts se mettent à courir sur les cordes, ils se suivent, se croisent, ou se confondent en une parfaite osmose. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, ils partent sur les routes enchanter quelques salles de concert.

Lumineuse fratrie

Les frères Joubran sont tous les trois des virtuoses du oud. Nulle performance, nulle démonstration appuyée dans le jeu de ces musiciens palestiniens de Ramallah, nés à Nazareth. Juste l’art de faire passer par la musique des vagues d’émotions, fortes et brûlantes. Lorsque leurs doigts se mettent à courir sur les cordes, ils se suivent, se croisent, ou se confondent en une parfaite osmose. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, ils partent sur les routes enchanter quelques salles de concert.

Chez les Joubran il y a Samir, Wissam (premier luthier du monde arabe diplômé de l’Institut Stradivari à Crémone, en Italie), de dix ans son cadet et puis Adnan, le plus jeune, qui les a rejoint un peu plus tard. Le duo initial a mué officiellement en trio par un bel après-midi d‘été, en 2004, au Jardin du Luxembourg, à Paris, où Samir et Wissam ont présenté au public leur jeune frère, submergé par le trac. Le temps d’un titre, on avait pu goûter alors les promesses à venir d’un trio exemplaire sachant conjuguer une musicalité raffinée avec un sens aigu de l’émotion, voguant d’improvisations savantes en airs traditionnels, fusionnant les différents maqâmat (modes de la musique classique arabe) ou s’autorisant de surprenantes digressions.

Le trio a enregistré en 2005 un premier disque, Randana, sur le label palestinien du même nom, créé par Samir Joubran. Il sort aujourd’hui un deuxième album, méritant tous les superlatifs, Majâz. Initié au oud par son père luthier, à l‘âge de cinq ans, Samir Joubran est le grand-frère respecté, l’initiateur et le porte parole de cette belle aventure musicale et humaine tricotée désormais à trois. "Nous avons deux combats à mener. L’un pour notre carrière et l’autre pour la paix en Palestine, la fin de l’occupation", déclarait-il lors d’un précédent concert du trio à Paris. En quelques mots, glissés entre les notes, il avait ce soir-là, tout dit d’une dualité.  Ils sont musiciens et palestiniens.

Si aujourd’hui Samir Joubran préfère davantage aborder le sujet sensible qui l’habite hors de scène, voulant qu’on les perçoive d’abord et avant tout en tant que musiciens, il n’oublie pas d’où il vient. Le chaos, les remous vécus par son peuple et son pays, les entêtants souvenirs, sa maison détruite par un bombardement à Ramallah, une meurtrissure à jamais inscrite dans ses chairs, retranscrite en musique à travers une composition, Ramallah August 10, sur l’album Tamaas, qu’il enregistrera avec son frère Wissam, sur le label français Daqui, avant que l’idée du trio ne germe et se concrétise.

Trio Joubran Majâz (Randana/Harmonia Mundi) 2007

En concert du 15 au 18 novembre à Paris (Café de la Danse), le 22 à Berre l’Etang (13), le 23 à La Valette du Var (83), le 25 à Strasbourg (67), le 29 à Lyon (59), le 14 décembre à Ivry (94).

Par ailleurs, Adnan Joubran présente une création avec le jongleur-comédien Vincent Berhault, Eko du Oud (mise en scène Kên Higelin), du 4 au 23 décembre, au Théâtre d’Ivry Antoine Vitez (94).