Bako Dagnon

L’un des secrets les mieux gardés de la musique mandingue vient enfin d’être révélé : après cinq albums commercialisés au Mali, la griotte Bako Dagnon a désormais les cartes en main pour se faire connaître d’un public plus large avec Titati.

Titati

L’un des secrets les mieux gardés de la musique mandingue vient enfin d’être révélé : après cinq albums commercialisés au Mali, la griotte Bako Dagnon a désormais les cartes en main pour se faire connaître d’un public plus large avec Titati.

Alors que la première édition de Case Sanga, la Star Academy malienne, vient de s’achever en révélant de jeunes talents, c’est une chanteuse d’une toute autre génération qui a enfin l’opportunité de faire ses débuts internationaux. Bako Dagnon est "une des grandes figures de la musique traditionnelle malienne", pouvait-on lire il y a quelques semaines dans les colonnes de L’Essor, un quotidien de Bamako.

Pour ses compatriotes, cet ex-membre de l’Ensemble instrumental du Mali – une institution – fait partie du riche paysage musical depuis plus de trente-cinq ans, gardienne du temple mandingue et de ces histoires multi-séculaires qui continuent à se transmettre. Ne dit-on pas qu’Ali Farka Touré la sollicitait sur ses connaissances quasi encyclopédiques ? Mais au-delà des frontières de son pays, bien que le Mali soit devenu l’un des plus importants pourvoyeurs d’artistes sur le circuit international, le nom de cette chanteuse n’était apparu jusqu’à présent que sur quelques albums : Electro Bamako de Marc Minelli (sans Mamani Keita) et ceux de Mandekalou, ce collectif de griots maliens réuni sous l’égide d’Ibrahima Sylla.

C’est ce même producteur sénégalais, essentiel dans le développement de la musique africaine au cours des trois dernières décennies, qui vient de lui donner les moyens de franchir un cap supplémentaire dans sa carrière avec Titati, son sixième album. Sur ce projet, la direction musicale a été confiée à François Bréant, fin connaisseur de la musique du Mali. Ses talents d’arrangeur ont déjà fait merveille pour Salif Keïta, Thione Seck ou encore Idrissa Soumaoro. Cette fois encore, il est parvenu à exploiter au mieux le potentiel de ces douze chansons, enregistrées en grande partie au studio Bogolan de Bamako.

Aux guitares acoustiques s’ajoutent violon, flûte, contrebasse, tandis que les voix chantent autant qu’elles narrent, à l’image de Donsoke, inspirée par l’histoire de ce chasseur admiré de tous, y compris de la femme du roi qu’il mit enceinte sans savoir qui elle était. Nul besoin de comprendre les paroles pour se sentir bercé, pris par ce ton récitatif. Pourquoi résister ?

Bako Dagnon Titati (Syllart productions/ Discograph) 2007
En concert le 3/12/2007 au Théâtre de l'Atelier à Paris