Les plus beaux, c’est Gatineau !

Elément incontournable de la scène rap québécoise, Gatineau ne ménage pas son effet sur scène. Au festival d'Eté de Québec, l'ambiance est au rendez-vous. Le spectacle est total !

Une bonne dose d'excès en tout genre

Elément incontournable de la scène rap québécoise, Gatineau ne ménage pas son effet sur scène. Au festival d'Eté de Québec, l'ambiance est au rendez-vous. Le spectacle est total !

Deux dingues grimpent sur la scène. Ils sautent dans tous les sens, s’emmêlent dans les fils de micro, glissent en montant sur les enceintes. Une partie du public du parc de la francophonie ne comprend pas bien ce qui lui arrive. D’autant qu’au fond de la scène, un loup garou, torse nu, officie à la batterie. Gatineau est dans la place et c’est parti pour plus d’une heure de spectacle apocalyptique ! Séba 273, MC principal du groupe, ne connaît que deux positions sur scène : à fond dans tous les sens ou effondré par terre les pieds en l’air. Son acolyte DomHameLLL détourne toutes sortes d’instruments improbables pour un maximum de bruit. Capt Keük, plutôt sage, à leur gauche, envoie du gros son aux machines ou à la basse.

Gatineau enfonce les poncifs du rap, d’ailleurs Gatineau enfonce le rap tout court. Si on exclut le phrasé hip hop des deux tchacheurs, on a affaire à une énorme compression de punk, électro, techno, pop, hardcore et (parfois) death metal.
En prêcheur pas très catholique, ambianceur décadent ou misogyne obscène, Séba paie de sa personne tout au long du concert, quitte à prendre quelques pauses que la décence élémentaire nous interdit de décrire ici. La fougue de leur prestation compense un son à la truelle d’où les paroles émergent difficilement. Même pour un Québécois, il semble que le propos ne soit pas toujours intelligible.

Mais derrière l’apparente exagération du propos justement, le combo sait aussi distiller quelques titres plus profonds comme Elephant réalisé quasiment intégralement au kalimba. Séba redécoupe les séquences du célèbre film de Gus Van Sant retraçant la tuerie du lycée de Colombine. En fermant les yeux, on jurerait voir le long métrage. Un doute s’installe alors, Gatineau est-il une tribu de fous furieux ou un groupe de performeurs hors pair ? Une rencontre dans leur "roulotte" (loge) après le concert nous prouvera que ces garçons ont la tête sur les épaules et une envie contagieuse de pousser aussi loin que possible leur délire titanesque. Procurez-vous leur très bon premier album paru récemment sur le label C4, un bonne mise en condition avant d’affronter un de leur concert.



 Ecoutez Séba et Capt Keük :