La Grande Sophie, une grande classique

Le nouvel album de la Grande Sophie, Des vagues et des ruisseaux, est d’une facture pleinement "chanson française". Et c’est une vraie réussite.

Des vagues et des ruisseaux, nouvel opus

Le nouvel album de la Grande Sophie, Des vagues et des ruisseaux, est d’une facture pleinement "chanson française". Et c’est une vraie réussite.

On disait il y a quelques années que la Grande Sophie était à mi-chemin de Chrissie Hynde et de Bourvil, entre le port altier de la chanteuse des Pretenders et le goût très classique des émotions bon enfant. Elle vient de sortir Des vagues et des ruisseaux entre deux tournées. Et c’est doute l’album que l’on attendait d’elle : sensible, droit, poétique, sincère, léger, grave…

Curieusement, elle n’a plus l’air d’une rockeuse égarée dans la chanson ou d’une rigolote prenant des airs de chanteuse réaliste. Jamais elle n’a cédé avec autant de plaisir au classicisme et à la simplicité. Et, d’ailleurs, elle assume franchement une filiation directe en reprenant, à la fin de son album, Dis quand reviendras-tu ? de Barbara. C’est en 1997, l’année de la disparition de sa glorieuse aînée, que Sophie Huriaux, dite La Grande Sophie, sort son premier album, La Grande Sophie s’agrandit. On l’avait déjà entendue au Printemps de Bourges et aux Francofolies de La Rochelle, son premier disque se vend à 5000 exemplaires. Le deuxième, Le Porte-bonheur, sorti en 2001, atteint les 30000 ventes. Elle décolle vraiment en passant chez AZ-Universal : Disque d’or pour Et si c’était moi en 2003 et pour La Suite en 2005.

Si l’on réécoute tous ses disques avant Des vagues et des ruisseaux, on remarque qu’elle s’est peu à peu débarrassée de quelques oripeaux rock et de ses envies les plus flagrantes de faire rire. Elle aura quarante ans cette année et assume pleinement ce qui est le plus difficile à faire accepter pour une chanteuse : la maturité.

Dans ses textes, son propos est ferme, parfois même dru, et son romantisme se teinte de réalisme, voire d’incrédulité. Après une tournée en solo l’an dernier, au cours desquelles elle a rodé ses nouvelles chansons, sa voix est sereine et droite (le livret nous apprend que les prises de chant sont signées "moi dans ma chambre"), comme si elle était plus sûre que jamais de ce qu’elle chante. La réalisation d’Edith Fambuena (qui a été aussi aux manettes, récemment, des albums de Jane Birkin et Guillaume Cantillon) accentue encore cette impression de fermeté et de justesse. Il en résulte un album très "chanson française", qui ne cherche pas à dissimuler son classicisme.

Sûre d’elle, mais aussi sûre de sa position sur le marché français, La Grande Sophie n’a pas attendu les résultats de l’airplay et de ses ventes de singles pour prévoir sa tournée : elle est déjà sur la route.


 Ecoutez un extrait de



La Grande Sophie Des vagues et des ruisseaux (AZ-Universal) 2009
Le 27 février à la Chapelle-sur-Erdre, le 28 à Saint-Malo, le 4 mars à Lille, le 8 mars à Liège, le 11 mars à Florange, le 12 mars à Lyon, le 13 mars à Marseille…