Tsiliva, marathonien du kilalaka

Tête d’affiche de la première soirée de concerts du Donia 2009, Tsiliva sillonne Madagascar depuis quatre ans avec le kilalaka, une musique au tempo ultra rapide qui a fait de lui l’une des nouvelles stars du pays.

Le show physique du chanteur malgache

Tête d’affiche de la première soirée de concerts du Donia 2009, Tsiliva sillonne Madagascar depuis quatre ans avec le kilalaka, une musique au tempo ultra rapide qui a fait de lui l’une des nouvelles stars du pays.

Dans les loges, Tsiliva s’échauffe avec ses musiciens et ses danseurs. Comme des sportifs. Lorsque le jeune chanteur arrive en courant devant le public de Nosy Be quelques instants plus tard, la machine démarre en trombe : avec ses six musiciens, ses cinq choristes et ses quatre danseurs, c’est un spectacle qui s’écoute autant qu’il se regarde.

A 160 BPM (beats par minute), on n’est pas loin de la transe avec le kilalaka, une musique intimement liée à une chorégraphie souvent considérée comme la danse des voleurs de zébus. "En vérité, les villageois dansent le kilalaka pour laisser des empreintes sur la terre afin de faire croire qu’ils sont nombreux, si jamais un ennemi arrive", corrige le chanteur. Sur scène, l’effort physique est intense. Son corps ruisselle. Il semble presque dans un état second. Et quand sa prestation prend fin, il se précipite vers le premier endroit où il peut s’asseoir, seul, une bouteille d’eau à la main. Regard perdu, il est encore à son show. Il lui faudra plusieurs minutes pour revenir dans le monde réel.

Fils de pasteur, originaire de la région de Morondava à l’ouest de Madagascar où il a grandi, Tsiliva a d’abord été batteur, notamment pour le groupe Terakaly avec lequel il était déjà passé au Donia. Sa première chanson sous son nom, sortie en décembre 2004, a fait le tour du pays et lancé sa carrière. Entre le tsapiky du sud et le salegy du nord, il a su donner au style musical de sa région natale une exposition nationale.

Ses albums audio et vidéo, ou encore son duo Chilalaky avec la chanteuse Vaiavy Chila, l’ont maintenu à un niveau de popularité impressionnant dans tout Madagascar. Depuis quatre ans, il se produit en moyenne deux fois par semaine. Un défi dans ce vaste pays où les routes sont rares et le temps ne compte pas dans les transports. En France, ses concerts font figure d’événement au sein de la communauté malgache qui se déplace en nombre pour le voir. Aujourd’hui, l’ambition de Tsiliva est de dépasser les frontières culturelles et de rendre sa musique accessible à tous. "Comme Bob Marley avec le reggae."

Tsiliva Levez la main (VCD) (Mada Pro)