Renan Luce au défi du deuxième album

Le Clan des miros a la lourde tâche de faire suite au triomphe de Repenti, premier album qui avait projeté le chanteur breton Renan Luce vers des sommets de popularité. Rencontre.

Succès passé et à venir

Le Clan des miros a la lourde tâche de faire suite au triomphe de Repenti, premier album qui avait projeté le chanteur breton Renan Luce vers des sommets de popularité. Rencontre.

Cet été, Renan Luce a vécu une situation rare dans la chanson française : alors qu’il mettait la dernière main à son deuxième album, on entendait en haute rotation sur les ondes Monsieur Marcel, le quatrième single extrait de son premier disque, Repenti, paru en septembre 2006. Presque trois ans de carrière pour l’album inaugural d’une carrière, c’est une performance exceptionnelle, avec des chiffres de ventes qui rappellent les scores d’avant la crise du disque : 750.000 exemplaires vendus.

Lui-même confesse qu’un tel triomphe l’a surpris : "Le succès n’est jamais explicable. Dans la façon dont tout s’est passé, beaucoup de choses tiennent à mon entourage, à ma maison de disques et à mon tourneur, qui ont cru au projet malgré le fait que ça n’ait pas été l’euphorie au moment de la sortie de l’album. Pendant un an, c’était assez raisonnable en termes d’audience et ça aurait très bien pu s’arrêter là s’ils n’avaient pas poussé en faisant tout pour que ça continue. Ça a pris un an pour que ça devienne un tourbillon, que je ne m’explique pas et que je ne suis pas sûr de revivre un jour."

Pour autant, Renan Luce ne réduit pas le succès de son premier album à l’opiniâtreté promotionnelle de sa maison de disques, Barclay-Universal, et de son producteur de spectacles, 3C. "Il y a des facteurs mystérieux qui font qu’une chanson plaît. Ce n’est pas à coup de recettes ou de matraquage que l’on peut provoquer quelque chose comme ça."

Dans l’immédiat, "Je m’attends à ce que ça ne se passe pas de la même façon.  Les gens vont comparer leur émotion à l’écoute de cet album avec celle qu’ils ont eue il y a deux ans, pour le premier. Les gens sont plus indulgents avec un artiste qui débute, et je m’attends à ce que ce soit plus difficile. J’ai la chance de n’avoir aucun regret sur cet album. Je ne vais pas souffrir si les ventes sont moins fortes, même si j’espère que ce sera un succès."

Brassens pour toujours

Renan Luce a pourtant connu quelques-unes des affres de la page blanche au moment de mettre en chantier Le Clan des miros. Il a finalement opté pour la simplicité d’un enregistrement en conditions naturelles avec ses musiciens de scène, avec de nouveau Jean-Louis Piérot aux manettes, et ses copains Alexis HK et Benoît Dorémus en guest stars – une famille d’artistes désinvoltes et méticuleux à la fois.

Il ne s’est pas cru obligé de suivre explicitement le sillon de ses premières chansons, même si on reconnait son écriture dès les premières mesures et les premiers vers. Repenti avait proclamé son amour de Georges Brassens et son admiration pour Thomas Fersen – ses grands maîtres. "Je pense être d’une certaine manière moins obnubilé par leur présence que sur le premier album. Ils ont fait mon éducation de dix ans à aujourd’hui. Ils m’ont fait découvrir le plaisir des mots, j’ai trippé en écoutant des centaines de fois dans ma chambre la même chanson et en imaginant que c’est moi qui la chantais. Maintenant, viennent des références comme le folk, la pop nord-américaine ou anglaise, une scène plus actuelle qui n’influe pas sur mon écriture mais sur ma musique et ma manière de présenter les chansons. Mais j’écouterai toujours Brassens."

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 Renan Luce
 Le Clan des miros

- 08/09/2016

Renan Luce Le Clan des miros (Barclay/Universal) 2009
En concert en France et à Paris, les 13 et 14 octobre à la Cigale, à partir du 10 mai à l'Olympia.

- 08/09/2016