Silvain Vanot

Hors des modes, la musique de Silvain Vanot n’a jamais paru aussi brute et fragile que sur ce sixième album, Bethesda, où les guitares reprennent leur droit.

Bethesda

Hors des modes, la musique de Silvain Vanot n’a jamais paru aussi brute et fragile que sur ce sixième album, Bethesda, où les guitares reprennent leur droit.

Pour les plus avertis, le nom de Silvain Vanot reste associé aux mélopées douces-amères de Corvéable à merci ou de L’Hirondelle, à cette rencontre improbable entre un rock austère et bruitiste et la langue poétique de la Renaissance. Il y a aussi cette voix, gracile et plaintive, dont on a si souvent dressé la comparaison avec Neil Young.

Après deux albums plus amples et orchestrés – dont éGérie, sa plus belle réussite –, l’ex-professeur de français est revenu à l’os avec Bethesda, comme si l’économie de moyens s’était révélée cathartique.

On sent le plaisir de jouer ici palpable. Vanot s’est entouré de ses amis musiciens, notamment l’illustre John Greaves – ex-bassiste du groupe de prog-rock anglais Henry Cow – à la basse et aux claviers, et le batteur Ian Templeton. A l’image du dernier album de son acolyte Murat, ce nouveau disque sonne vivant, sans fard, plus approchant que jamais de Neil Young et de l’Americana chère au chanteur.

Peut-être inspirées par sa camarade Mareva Galanter, on y trouve même de subtiles touches d’exotisme, à l’image de l’entêtant Hawaï ou d’Un pied derrière. Les guitares, comme avant, servent de fil conducteur et reviennent au premier plan sur un bestiaire chargé de distorsions jouissives (Le Mouton à Trois Têtes). La langue est toujours admirable de concision, voire assez crue lorsqu’il s’agit d’exorciser la déception amoureuse. En bref, un album recommandable pour un artiste rare et précieux.

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 Sylvain Vanot

Silvain Vanot Bethesda (Megaphone Music/Coop) 2009
En concert à Lyon le 5 novembre, à Rouen le 11 décembre…