Okou, autour du monde

Rock ? Soul ? Blues ? Pop ? Impossible de placer dans un tiroir la musique d’Okou, première grosse sensation discographique de l’année 2010. Tatiana Heinz et Gilbert Trefzger brouillent, transcendent et abolissent les frontières. Leur premier album s'intitule Serpentine.

Un véritable voyage musical

Rock ? Soul ? Blues ? Pop ? Impossible de placer dans un tiroir la musique d’Okou, première grosse sensation discographique de l’année 2010. Tatiana Heinz et Gilbert Trefzger brouillent, transcendent et abolissent les frontières. Leur premier album s'intitule Serpentine.

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Cet album s’est fait dans le voyage." La formule est de Tatiana Heinz et résume magnifiquement ce qu’est Okou : un duo qui pourrait symboliser toutes les nouvelles couleurs du monde, tous les tours et détours que prend la mondialisation en musique. Qu’entend-on dans leur musique ? Une sorte de grand maelström de genres et de styles, comme si le mouvement contemporain du monde s’était soudain trouvé condensé en un album – Cesaria Evora, Peter Gabriel, Miriam Makeba, Pete Seeger, Jeff Buckley, Billie Holiday, Bonnie Prince Billy, Muddy Waters, Nick Drake, Annie Lennox…

Okou est un duo. Tatiana Heinz est née d’une mère ivoirienne (prénommée Okou) et d’un père français avec qui elle a vécu une enfance vagabonde en Afrique, au gré de ses affectations de coopérant, avant des études de graphiste en France et diverses expériences musicales en Grande-Bretagne, notamment avec Keziah Jones et Mick Jagger. Gilbert Trefzger est né d’une mère égyptienne et d’un père suisse et a étudié le oud tout en jouant du banjo ou de la slide guitar avec Nittin Sawhney ou Roy Ellis, et en écrivant de la musique pour le cinéma et le théâtre. Rencontre à Paris, sessions de travail à Bâle ou Berlin, échange de fichiers par mail : si le premier album d’Okou s’intitule Serpentine, c’est notamment à cause des trajectoires tortueuses et emmêlées qu’ont empruntées les chansons dans leur élaboration.  

Aucun genre préétabli

Après des mois de travail en duo, l’enregistrement s’est réalisé aux Etats-Unis avec un casting de musiciens rompus à toutes les esthétiques possibles, les uns venant du jazz (comme le contrebassiste Ira Coleman, compagnon de Betty Carter, Laurent de Wilde ou Dee Dee Bridgewater), les autres du rock ou de la variété (comme le batteur Andrew Borger, qui a travaillé avec Tom Waits ou Norah Jones). Sur scène, lorsqu’ils doivent jouer à deux une musique aussi vaste que leur inspiration, Tatiana joue beaucoup de guitare en même temps que des percussions et Gilbert a une grosse caisse en même temps que des guitares ou des banjos auxquels il ajoute une corde de basse.

Tatiana résume ce qui est à la fois leur plaisir et – sans doute – leur ambition : "Notre admiration va à des gens qui s’oublient dans la création artistique, à des gens qui ne sont pas égocentriques. Nous aimons quand, dans la voix ou dans la prestation instrumentale, les artistes sont au-delà d’eux-mêmes. Nous aimons des artistes qui, dans l’engagement politique ou dans l’intensité de ce qu’ils donnent, délivrent un autre message que la seule écriture d’une chanson. Nous aimons entendre chez les artistes quelque chose de plus grand que parler d’eux-mêmes." Gilbert complète : "On peut trouver de tels artistes à toutes les époques, dans toutes les musiques – la musique indienne, la techno, le metal, la musique arabe…" D’autres encore inventent une musique qui n’appartient à aucun genre préétabli.

Okou Serpentine (AZ/Universal) 2010En tournée à partir du 16 janvier 2010