Adamus aux Francofolies de Montréal

Jusqu'au 19 juin, les Francofolies battent leur plein à Montréal et présentent une précieuse série de concerts intimes d’auteurs-compositeurs-interprètes québécois et français. RFI Musique a assisté au spectacle de Bernard Adamus, étoile montante de la chanson québécoise.

Pleins feux sur les chansons "brunes" du chanteur

Jusqu'au 19 juin, les Francofolies battent leur plein à Montréal et présentent une précieuse série de concerts intimes d’auteurs-compositeurs-interprètes québécois et français. RFI Musique a assisté au spectacle de Bernard Adamus, étoile montante de la chanson québécoise.

Il y a un an, on le connaissait à peine. Il se produisait souvent dans les bars montréalais sous le pseudonyme de Révérend et avait à son actif un album autoproduit. C’était avant d’épater le public et le jury du Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, où il a raflé 6 prix avec ses airs teintés de blues et ses textes crus, imagés et colorés d’un franc-parler inhabituel. Suivirent de nombreux spectacles, plusieurs autres récompenses, la signature avec un label et, enfin, le "relancement" en novembre du disque Brun, qui renferme plusieurs bijoux, dont le titre primé La question à 100 piasses.

Bernard Adamus est désormais l’un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus en vue de la relève chansonnière québécoise actuelle. En nomination pour le prix Félix-Leclerc de la chanson décerné chaque année durant le festival, il présentait aux Francofolies deux spectacles dans l’intimité de L’Astral. Le premier des concerts a permis d’affirmer avec certitude que cette nouvelle salle est tout à fait propice à accueillir ses chansons blues-folk qui sentent les tavernes, qui comportent des métaphores inusitées et décrivent souvent avec humour, des personnages en proie à des déceptions amoureuses ou des abus d’alcool.

Adamus a offert un mélange équilibré de ballades émouvantes et de joyeux dérapages festifs, de titres connus et de compositions inédites, pour le plus grand plaisir d’une majorité de fans qui connaissent déjà Brun par cœur. Vêtu d’une chemise à carreaux rouge et noire, le guitariste et chanteur de grande taille était bien entouré sur scène avec un duo de cuivres (comprenant l’excellent Benoît Paradis, qui assurait la première partie du concert), un joueur de banjo, un harmoniciste, un contrebassiste, un batteur et une choriste. Nul décor et des éclairages simples et efficaces laissaient vraiment toute la place à la musique.

L’ouverture du concert avec La brise, une complainte qui parle d’"amour dans les fonds de bouteille" qu’il a interprétée assis et les yeux clos, était un choix judicieux pour que tous prêtent l’oreille à la suite : pas moins de 17 chansons consécutives, incluant la dynamique Cauchemar de course, une version du Fou de l’île avec harmonica omniprésente, le hit Rue Ontario dévoilant une solide performance à la contrebasse et Y fait chaud, en mode fanfare. Les titres parfois réarrangés contenaient bon nombre de courts solos appréciés et parfois quelques nouveaux couplets. Nous avons même eu droit à un titre a capella de Bol de toilette, hymne plus léger et absurde, et à Question à 100 piasses qui semblait encore plus sentie que la version sur disque.

L’artiste reconnu pour s’exprimer peu entre ses chansons paraissait ce soir-là plus à l’aise, expérimenté et déterminé à plaisanter avec son public. Un court rappel a permis de découvrir deux nouveaux titres. Mentionnons 2176, exécutée par Adamus seul avec guitare et harmonica. Un moment authentique d’une intensité rare où les spectateurs fascinés buvaient ses paroles, l’air de se demander "À quand le prochain disque?".

RFI Musique: Est-ce que jouer aux Francos a une importance particulière pour vous?
Bernard Adamus : Même si nous sommes au milieu d’une immense tournée, ce concert est très spécial. D’abord parce que nous avons deux nouveaux musiciens : l’harmoniciste François Cyr et le tromboniste-trompettiste Benoît Rocheleau. Ensuite parce que je présente deux nouvelles pièces complètement opposées : une sorte de "loufoquerie mexicaine" assez indescriptible et une balade intitulée Le scotch goûte le vent. C’est probablement la chanson la plus solennelle que j’aie jamais écrite…

Qu’est-ce que vous y racontez ?
Comme la plupart de mes chansons, elle est basée sur des images de quelqu’un. Ça parle d’un très bon ami qui va relativement mal. J’ai participé à un projet de création avec la photographe Julie Gauthier, qui est tombée amoureuse d’un vieux motel délabré dont elle a photographié les 12 chambres. Elle a ensuite demandé à 12 personnes d’écrire un texte par chambre. C’est grâce à ce projet que la chanson est née.

Quels artistes francophones vous influencent le plus ?
Plume Latraverse est pour moi un incontournable. Si j’additionnais tout le temps que j’ai passé dans ma vie à écouter sa musique, cela ferait environ 1 an et demi ! J’admire aussi beaucoup Édith Piaf. En répétition, nous avons fait Milord une fois, juste pour voir ce que ça pourrait donner. On finira bien par la monter et ça ajoutera une petite couleur au concert. Elle m’a toujours impressionné avec sa petite personne et sa grande voix, j’aurais vraiment aimé l’entendre en live.