La revanche de Brune

Sa Rupture Song fait swinguer les ondes et la toile depuis le début de l’été. Encore inconnue il y a quelques mois, Brune est en train d’apporter à la chanson d’amour made in France une insouciance assez réjouissante. Une gageure pour cette chanteuse introvertie, enfin émancipée à trente ans avec un premier album réconciliant la variété française avec le rock rugueux et l’électro. Découverte.

Découverte

Sa Rupture Song fait swinguer les ondes et la toile depuis le début de l’été. Encore inconnue il y a quelques mois, Brune est en train d’apporter à la chanson d’amour made in France une insouciance assez réjouissante. Une gageure pour cette chanteuse introvertie, enfin émancipée à trente ans avec un premier album réconciliant la variété française avec le rock rugueux et l’électro. Découverte.

Caroline Bayendrian, alias Brune, a dû longtemps forcer sa nature pour endosser son nouveau costume. Une enfance lyonnaise vécue dans un cadre familial strict et, très tôt, l’envie d’être chanteuse malgré les réticences de son père, violoniste classique. "Je viens d’un milieu classique et très carré, où le rock n’est pas très accepté, explique-t-elle. Je suivais depuis mes huit ans des cours de piano, et j’allais à côté répéter avec mon groupe, en cachette".

Plus tard, son Capes en poche et quelques tentatives avortées d’écriture, Caroline s’installe à Paris et devient professeur de musique. Mais sa réelle ambition est ailleurs. La jeune Lyonnaise intègre des groupes, tâtonne, prend son temps pour peaufiner ses compositions.

Les premiers pas en solo ont enfin lieu en 2006. Avec le soutien de son batteur Grégory Jacques (actuel batteur d’Izia), elle signe sa première démo et se produit, seule, dans les cafés de la capitale. Face aux réticences des programmateurs, cette grande timide se lance alors dans l’expérience du métro parisien : "C’était très dur au début, je demandais à un ami de me surveiller en permanence, explique-t-elle. Mais j’en ai fait un excellent moyen de promo, et à la longue, cela m’a donné confiance." Un épisode au dénouement inespéré, puisque les organisateurs de festival la poussent sur ses premières grandes scènes, le festival Art Rock de St Brieuc et Solidays.

Aznavour et Nine Inch Nails

À cette époque, le répertoire de Brune s’étoffe peu à peu. Des histoires d’amours perdues chantées avec une vraie-fausse naïveté. Valentin Montu, futur réalisateur de l’album, se charge alors d’électrifier cet univers un peu lisse. "Ma rencontre avec lui a tout changé, reconnaît-elle. Il avait le truc pour trouver le détail qui correspondait à chaque chanson. Il a amené sa culture rock, ces Anglo-Saxons que l’on écoutait tous les deux : PJ Harvey, Nine Inch Nails. La maquette faite ensemble est devenue la version définitive de l’album, quasiment sans retouches."

Fruit de cette collaboration, l’album ressemble à un mariage réussi entre la chanson de variété et l’électro rock tendance dure, même si quelques chansons piano voix viennent rappeler çà et là, l’admiration de la chanteuse pour Aznavour ou Barbara.

Sincère et attachante de bout en bout, Brune séduit par sa fraîcheur, son sens de la mélodie pop et des mots simples. Une inspiration qu’elle puise paradoxalement de ses déceptions amoureuses et d’un certain mal-être. "Mais je vis depuis quelques mois une période très positive, précise-t-elle. La panne d’inspiration me guette !"

Brune (3e bureau/Wagram) 2010

En concert le 6 octobre à la Maroquinerie à Paris, puis en tournée.