Chébli Msaïdie

Artiste aux multiples casquettes, réputé pour son exigence musicale, le chanteur comorien Chébli Msaïdie a choisi de se dévoiler davantage dans son quatrième album intitulé Hallé, entre taarab à la mode des années 70 et rumba congolaise aux couleurs de l’océan Indien.

Hallé

Artiste aux multiples casquettes, réputé pour son exigence musicale, le chanteur comorien Chébli Msaïdie a choisi de se dévoiler davantage dans son quatrième album intitulé Hallé, entre taarab à la mode des années 70 et rumba congolaise aux couleurs de l’océan Indien.

A l’heure où les réseaux sociaux suscitent sur Internet un engouement considérable, Chébli a pris le parti de jouer lui aussi la carte personnelle. Fond blanc, photo de trois quarts face : la pochette d’Hallé est un portrait classique, celui d’un membre de la famille qu’on met dans un cadre et qu’on pose sur un meuble.

A l’intérieur du livret, quelques clichés en noir et blanc, que le chanteur comorien a légendés. "J’avais 5 ans quand j’ai chanté la première fois à l’école coranique", écrit-il sous celle-ci. "A 11 ans, j’ai interprété une chanson de l’African All Stars de Sam Mangwana", sous celle-là. Pour chacune des dix plages de ce CD, il a rédigé, à la première personne, quelques phrases explicatives. L’envie d’être plus proche, plus intime, est palpable. Et le fond ne fait que confirmer ce que la forme laisse pressentir.

Longtemps, Chébli a hésité à faire ce quatrième album. Ancien directeur artistique de Sonodisc, habitué à côtoyer ceux qui l’ont fait rêver et qu’il produit ou manage en parallèle, comme Papa Wemba. Il ne savait pas trop "pourquoi" il se lancerait dans un nouveau chantier sous son nom.

Parmi les déclics qui l’ont fait changer d’avis, il y a l’envie de rendre hommage à son père, figure de l’orchestre ACM (Association comorienne pour la musique) qui n’a jamais eu l’opportunité de sortir un disque en dépit de son succès local. Extraits du répertoire paternel, Mnanas et Mwandzani sont des morceaux de taarab (ou twarab) typiques des années 70, après l’introduction de la batterie dans ce style musical arabo-oriental arrivé par Zanzibar, ce qui apporte une dimension beaucoup plus "afro".

Pour les interpréter, Chébli se fait accompagner entre autres, par son compatriote guitariste Mohamed Bacar qui fait partie de l’orchestre ACM. C’est le même musicien qui était à ses côtés lorsqu’il s’était risqué à prendre le micro, au tout début des années 80, lors d’un mariage au village pour chanter un titre de Sam Mangwana.

Amoureux de la musique congolaise et en particulier de la rumba depuis qu’un tonton lui a laissé quelques cassettes, Chébli en a fait une composante essentielle de son univers. Il l’a transposée dans un décor comorien, l’a habillé avec des histoires de son archipel de l’océan Indien. Et un sens avéré de l’esthétique qui contribue beaucoup au charme de Hallé.

Chébli Hallé (Sina Performance/Rue Stendhal) 2011
En concert le 28 avril au Sunset à Paris