Youness, le temps de la confirmation.

Dans la voix de Youness, il y a du Cheb Mami, mais pas seulement. A 28 ans, le chanteur marocain livre son premier album intitulé Safar, après avoir été découvert en 2009 avec le single Pamela puis aperçu l’an dernier aux côtés de la Marseillaise d'origine algérienne, Kenza Farah.

Premier album de l’ex-vainqueur de Casting Star

Dans la voix de Youness, il y a du Cheb Mami, mais pas seulement. A 28 ans, le chanteur marocain livre son premier album intitulé Safar, après avoir été découvert en 2009 avec le single Pamela puis aperçu l’an dernier aux côtés de la Marseillaise d'origine algérienne, Kenza Farah.

Son premier album Safar n’était pas encore sorti que Youness s’était déjà fait une solide réputation, conséquence de quelques apparitions prometteuses. Derrière son prénom, immanquablement, presque toujours la même expression pour le qualifier : "La nouvelle voix du raï". De quoi faire peser une certaine pression sur le vainqueur de l’édition 2003 de l’émission de téléréalité Casting Star.

Il accepte aussi l’étiquette de raïman, sans rechigner, bien qu'il la considère assez inexacte et préfère parler de "chanson maghrébine". "Je suis nouveau sur le terrain et je n’ai pas le poids pour créer un nouveau style, mais ce n’est pas du raï. Parce que j’écris mes chansons dans un argot classique. Même un Tunisien, un Egyptien peut comprendre. Ce n’est pas celui des quartiers populaires du Maroc. Dans le raï, on s’exprime avec une certaine agressivité. Moi, ma façon d’écrire est plus douce", commente-t-il.

A Meknès, il a grandi avec le son de Khaled, des frères Bouchnak ou encore des disques de Charles Aznavour et Demis Roussos que sa sœur écoutait. Pour sa première prestation en public à sept ans, le jour de la Fête du Trône, il interprète un titre du Libanais Ragheb Alama, "star de la chanson orientale" dans tout le monde arabe.

Sa valise dans une main, sa guitare dans l’autre, Youness débarque à Paris en 2004 pour concrétiser ses rêves musicaux, encouragé par sa probante expérience dans la version marocaine de la Star Academy. Rattrapé par la réalité, l’éloignement, l’isolement, le jeune homme est à deux doigts d’abandonner. "J’avoue qu’à un moment, je me suis dit que ce serait impossible." Ce qu’il avait imaginé à son arrivée s’était considérablement éloigné, au point de devenir presque un mirage à l’horizon.

A l’usine ou au marché, la musique ne fait pas partie de l’univers de ses collègues de travail. Dans un ultime effort, il se rend à Paris pour trouver Michel Levy, producteur et promoteur incontournable du raï. Celui qui fut longtemps manager de Cheb Mami le reçoit de façon à la fois chaleureuse et pragmatique. Il lui explique qu’il le connait et suit ce qu’il fait depuis 2003 mais qu’il veut d’abord entendre des chansons avant d’envisager une collaboration.

Aussitôt, Youness repart à Strasbourg. Là-bas, il pousse la porte d’un bar où il a l’habitude de prendre un café, le matin. La serveuse est nouvelle. Il la remarque, lui demande comment elle s’appelle. "Pam", répond-elle. "Pamela". Un prénom "qui passe bien dans une chanson", lui fait-il remarquer. "Vous, les Arabes, dès que vous voyez une jolie fille, vous devenez tous des artistes !", lui retourne-t-elle, moqueuse.

Sur la route pour rentrer chez lui, Youness se met à fredonner "meli meli, Pamela". Autour de cette histoire, une chanson prend vite forme, enregistrée dans la foulée en studio. Sur les ondes des radios communautaires, elle fait un tabac et lui ouvre les portes de quelques émissions sur les chaînes de télévision françaises. Pamela est sans doute l’acte de naissance de l’album Safar qui permet enfin au chanteur marocain de pouvoir vraiment exister.

Youness Safar (MLP/Rue Stendhal) 2011
En concert au New Morning à Paris le 3 juin 2011