Minou, une soirée pop en perspective

Minou. © Pierre & Florent

Avec Pense à moi et Hélicoptères, on a souvent entendu sur les bonnes ondes, depuis un an, la ligne claire d’une électro pop maitrisée, celle de Minou. Ce duo a en effet remporté, en 2015, le concours de France Inter, La Relève, animé par André Manoukian. Conséquence de cette victoire : Minou sort un premier album, Vespéral.

Quel point commun existe-t-il entre Alex Gopher, électro-héros souvent complice d’Étienne de Crécy, et Blankass, groupe qui a bousculé la chanson rock en 1996 avec La Couleur des blés ? Cet improbable point de convergence est le duo électro qui monte, monte sur les toits plus vite que son ombre : Minou…

Pourtant nos duettistes, Pierre Simon et Sabine Quinet, ne sont nés qu’en 1988, soit deux ans seulement avant que les frères Ledoux ne fondent Blankass… Explication : en 2011, Pierre et Sabine, pour la tournée Les Chevals, étaient respectivement le guitariste et la bassiste du groupe…

Et Alex Gopher, dans tout ça ? C’est tout simplement lui qui a mixé Vespéral, le premier album de Minou, tout aussi simplement réalisé par son alter ego Julien Delfaud (Étienne de Crécy, Air, Gaëtan Roussel, Biolay)…

Vespéral a donc été porté sur les fonts baptismaux par des pointures de l’électro, "sans lâcher un côté organique, insiste Sabine, bassiste dans l’âme… Avec une vraie basse et une vraie batterie !" Et cela s’entend dans tous les titres, comme le très attachant et dansant Alphalove, "qui était à sa création un OVNI disco-funk, sourit Pierre. Puis nous avons gommé son côté disco et regardé du côté de Bowie et d’Arcade Fire."

Vespéral est un album aboutissement : "Nous avons commencé à écrire ses titres dès les débuts de Minou, fin 2012, précise Sabine. Par exemple Montréal et Hélicoptères." Soit deux des meilleurs titres de l’album : Hélicoptères, à la lancinante mélodie quasi extrême orientale, dessine une pop française renouvelée, comme l’a fait, en son temps, Niagara. Quant à la mélodie prenante de Montréal, elle évoque, sait-on pourquoi, comme une renaissance de Michel Berger sur un dance floor

"En revanche, ajoute Pierre, d’autres morceaux sont tout récents : nous avons composé Vespéral, le titre, pendant que nous étions en studio." Vespéral, comme les autres titres en -al de l’album, en est l’un des plus marquants : distance pensive des couplets, basse profonde, déchainement électro du refrain… "C’est un joli mot,‘vespéral’, confie Pierre. Entre chien et loup, la nuit tombe, c’est le moment où une deuxième journée est possible, où l’on peut être qui l’on veut. Vespéral est un album nocturne, écrit la nuit et enregistré l’hiver…"

Sur tout cet album nocturne plane la silhouette fine d’Étienne Daho, que ce soit Etienne-1988 avec Soleil ambré ou Daho-2013 avec l’excellent Animal. "C’est vrai, reconnaît Pierre : cet album est un hommage à Étienne Daho, que je considère comme la figure du père… Même si nous ne l’avons rencontré qu’une fois, après un des concerts de sa tournée Chansons de l’innocence. Il nous a alors dit qu’il adorait le choix de ‘Minou’ comme nom de groupe…"

Les influences de Minou ne s’arrêtent pourtant pas là : Sabine, plus rock, a bu Garbage, The Smashing Pumpkins et New Order. Pierre, lui, écoutait Interpol et Placebo, puis Daft Punk. "Les Daft, rigole-t-il, ce sont nos Rolling Stones à nous !" Blankass, Daho, New Order, Alex Gopher, Daft Punk : il est des continuités pop et électro qui ne peuvent que réjouir.

Minou Vespéral (Cinq7/ Wagram) 2016

Site officiel de Minou
Page Facebook de Minou