Orient Occident, un projet au-delà de la musique

Le groupe Orient Occident. © Veronica Elena

Réunis à l’origine en Suisse dans le cadre de rencontres favorisant le dialogue interculturel, les musiciens d’Orient Occident ont voulu prolonger la magie de leur collaboration à travers un album qui, dans le contexte actuel, a aussi valeur de symbole.

"La peur étant mauvaise conseillère, cultivons plutôt l’intelligence, c’est-à-dire la connaissance et la compréhension des faits présents et passés, ainsi que des cultures et des personnes", pouvait-on lire sur le programme des premières Rencontres Orient Occident, en 2012. Débats, conférences, projections, lectures et concerts rythment chaque année cette manifestation culturelle organisée à Sierre, en Suisse, à l’initiative de la fondation du Château Mercier.

En charge du volet musical, le guitariste marocain Mahmoud Chouki, distingué déjà à de nombreuses reprises alors qu’il n’a que 27 ans, avait réuni autour de lui en 2015 cinq autres musiciens d’horizons différents qu’il avait croisés au cours des années, mais qui ne se connaissaient pas entre eux : le Turc Ahmet Misirli aux percussions, la joueuse de kanun grecque Eleftheria Daoultzi, l’accordéoniste suisse Stéphane Chapuis, son compatriote contrebassiste Samuel Pont et la Française Aurore Voilqué, au violon. "J'avais joué à Rabat, dans un hôtel qui fait des concerts de jazz. Mahmoud était venu et on avait fait le bœuf. Après, on a été amis sur Facebook pendant dix ans, mais je n'avais jamais communiqué avec lui !" explique la jeune femme.

Lorsqu’il lui propose de participer à ces Rencontres en terre helvétique, elle accepte immédiatement, bien qu’elle n’ait "jamais entendu parler" de ses futurs partenaires. "A la base, je fais du jazz, du swing, de la chanson française. Je suis plus branchée musiques d’Europe de l’Est que musiques orientales", reconnait-elle.

Pendant une semaine, la troupe prépare sa prestation dans le château qui domine la vallée du Rhône. Chacun propose qui des compositions personnelles, qui des morceaux traditionnels de chez luiUn dialogue se noue. "Quand on est musicien, c'est comme si on avait quelque chose de naturel, d’instinctif, qui nous pousse à aller vers l'autre. Encore plus quand on ne parle pas la même langue comme c'était le cas !" poursuit la violoniste.

Dès la première répétition, "la magie opère". Au lendemain du concert donné dans le hall tout en rond du château, devant un public qui a envahi les escaliers et le premier étage, alors que l’aventure est censée prendre fin, Aurore Voilqué se met à lui imaginer un futur : "Ce n'était pas possible que ça s'arrête là, ça ne pouvait pas être éphémère", martèle la violoniste, qui se retrouve dans la philosophie des Rencontres et l’envie de "promouvoir par la musique un message de paix".

Elle remue ciel et terre pour trouver un financement, convainc le groupe d’assurances SMA d’être le mécène de ce projet si symbolique. En février 2016, les six musiciens se retrouvent à nouveau au Château et enregistrent dix chansons dans le salon principal, capturant l’alchimie qui existe entre les protagonistes – servie par les qualités acoustiques du lieu remarquablement restituées.

Un groupe est né, qui a vocation à s’élargir, au gré des disponibilités des uns et des autres lors des concerts à venir, pour devenir un collectif et incarner encore davantage l’envie de partage qui nourrit son propos.

Orient Occident (Arts & spectacles) 2016

Page Facebook d'Orient Occident

En concert à Paris au Café de la Danse le 2 février 2017