Vu d'ailleurs mai 2017

La chanteuse Zaz. © Edmond Sadaka/RFI

Serge Gainsbourg aurait aimé ce printemps musical. Jane Birkin, sa muse, le ressuscite et une pléiade de femmes, qu’il a sublimées dans ses chansons, l’anime : Carla Bruni, Zaz, Sônge, Hindi Zahra…

À nouveau, Birkin fait renaître Gainsbourg. "Elle retrouve la voix et un nouveau souffle avec des versions symphoniques des plus belles chansons de Gainsbourg" (Moustique, Belgique, 26/4). Il s’agit du " premier album de Jane Birkin en neuf ans" (The Guardian, Angleterre, 22/4). Le quotidien Le Devoir (Québec, 14/4) estime que "ce disque, enregistré sans public avec l’Orchestre de la Radio polonaise, a le très grand avantage de nous redonner Jane au meilleur d’elle-même".

Ce retour aux racines classiques de Gainsbourg est-il réussi ? Pas sûr. "Ça nimbe de beauté toutes les mélodies. Mais décidément, ça ne règle pas le problème de base : les arrangements 'pin-pon, pin-pon' de Nobuyuki Nakajima. Sauf pour les pièces où Gainsbourg s’était basé sur un motif classique, c’est transposition piétonne, surenchère sans invention, romantisme au premier degré." Au public de trancher.

 "Quelqu’un m’a dit que Carla Bruni préparait un nouvel album, serait-ce possible alors ?", s’amuse The Quebec Times (18/4), parodiant le plus grand tube de la chanteuse. En effet, le magazine professionnel anglais Music Week (12/4) nous apprend que "l’ancienne Première dame de France a signé un contrat avec la société de management de Pascal Nègre", l’ex-dirigeant charismatique d’Universal Music France. "La compagnie, basée à Paris et partenaire de Live Nation France, (…) offre une large gamme de services aux artistes, de la musique enregistrée aux concerts, en passant par le marketing digital." Il s’agit d’un "tournant dans la carrière de Carla Bruni", dont le dernier album remonte à 2013 (The Quebec Telegram, 12/4).

Le nouvel album de Zaz n’est pas pour demain. L’artiste l’a avoué au Journal de Québec (15/4) : "Après la tournée, je vais prendre une pause". Pourtant, l’attente est forte. "Chaque fois qu’elle s’arrête chez nous", Zaz "se produit dans des salles de plus en plus grosses. Cette fois-ci, nos amphithéâtres ont été nécessaires pour combler la demande, mais aussi, pour accueillir le plus gros spectacle qu’elle aura présenté en sol québécois " afin que "sa Majesté Zaz envoûte le Centre Bell" (Huffington Post Québec, 30/4). A Montréal aussi, "son bassin de fans s’est certes élargi au fil du temps, mais son passage à La Voix a certainement contribué à en gonfler les rangs, à en juger les quelque 8 000 personnes de tous âges qui ont répondu à l’appel" (Le Journal de Montréal, 29/4).

Moins connue que Zaz, Hindi Zahra privilégie aussi la scène pour accroître sa notoriété. La Franco-Marocaine a récemment bouclé une tournée en Autriche. Sous le charme, le journal Kurier (7/2), qui la surnomme "la Patti Smith d’Afrique", salue sa capacité à "mixer le blues et le jazz avec les influences de l’Afrique, la culture berbère et les accents hip-hop" ainsi que "sa façon d’improviser les paroles".

Le mois dernier, à Carthage, elle partageait l’affiche avec "une figure prometteuse de la musique alternative maghrébine" : Djazia Satour. "Après des débuts en tant que choriste du groupe Gnawa Diffusion (…) et plus tard comme leader du groupe grenoblois MIG", Satour, chanteuse algérienne vivant en France depuis 1990, "se lance en solo et s’en sort plutôt bien avec sa propre identité musicale aux influences mêlées" (Kapitalis, Tunisie, 10/4). Inclassable, sa musique "oscille entre le blues, la soul acoustique, la musique africaine et évidemment la mélodie algérienne".

Dans l’ombre, la relève s’active. La jeune Sônge a récemment illuminé de sa présence La Gaîté Lyrique à Paris. "Sônge est le genre d'interprète issu de l'école de pensée de Kate Bush", s’enthousiasme l’édition britannique du magazine Elle (2/5). "Tout comme Solange, FKA et Christine & The Queens, ces femmes ont un contrôle total sur leur musique."

Les femmes sont à l’honneur et on pense à Dalida, qui a mis fin à ses jours il y a 30 ans tout juste. Pour l’occasion, son frère Orlando s’est confié à La Dernière Heure (Belgique, 2/5) : "Peut-être que Dalida, qui était tellement perfectionniste et esthète, a voulu que le public garde une certaine image d’elle. Je crois qu’elle n’est jamais totalement sortie de ce film où on la voit en grand-mère fatiguée, usée par la vie." L’absence n’est pas l’oubli ; la star est entrée dans la légende ce triste matin du 3 mai 1987.