Francofolies de Montréal 2017, une belle fête

Philippe Katerine aux Francofolies Montréal 2017. © RFI/Marie-Hélène Mello

Lancées le 8 juin, avec une mémorable fête extérieure du groupe rock Les Trois Accords, les 29es Francofolies de Montréal s’achèveront le 18 juin. Bilan d’une semaine musicale remplie de gigantesques événements gratuits et de concerts spéciaux à la Place des Arts, dont celui de Martin Léon que nous avons rencontré.

Aux Francos de Montréal, rares ont été les soirées d’ouverture aussi survoltées que celle de 2017. Jeudi 8 juin, dès 18h, les fans des Trois Accords étaient déjà nombreux au centre-ville de Montréal, rassemblés dans la section piétonnière de la rue Sainte-Catherine qui accueille chaque été des centaines de milliers de festivaliers de tous âges.

Après une intro en chansons de la jeune étoile montante Lydia Kepinski, Pierre Kwenders est venu animer un public très attentif. L’artiste canado-congolais a entamé son concert en partageant la scène avec son ami Jacobus, membre du groupe Radio Radio qui vient de lancer son premier album solo cette année (Le retour de Jacobus). Kwenders a ensuite livré d’autres hits du Dernier empereur bantou, dont plusieurs remixés, et annoncé la parution en septembre de son prochain album, dont il a aussi offert un avant-goût très prometteur.

Le chanteur Dumas lui a succédé, avec une panoplie de chansons rock retraçant les moments forts de la carrière qu’il mène depuis une quinzaine d’années. Mais ce n’est véritablement que quand Les Trois Accords sont montés sur scène que la zone extérieure des Francos s’est enflammée. Le public a absolument tout chanté, de la première à la toute première note, que ce soit Saskatchewan, J’aime ta grand-mère, Hawaïenne… Bref, toutes leurs compositions simples, humoristiques et accrocheuses qui sont désormais de véritables classiques.

Autre grande fête extérieure marquante : l’émouvant concert-hommage à Richard Desjardins, qui a réuni pléthore d’artistes québécois bien en vue, comme les Sœurs Boulay, Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), Bernard Adamus, Philippe Brach, Keith Kouna, Klô Pelgag... Voir gratuitement sur une même scène presque tous les collaborateurs du disque Desjardins (paru en avril dernier) était une occasion unique. Mention spéciale à Va-t’en pas, superbement interprétée par Safia Nolin.

Katerine et Martin Léon au Théâtre Maisonneuve

L’offre de concerts intérieurs des Francofolies était particulièrement riche cette année – en particulier dans les prestigieuses salles de la Place des arts et à la Maison symphonique. C’est au Théâtre Maisonneuve que l’inimitable Katerine a livré une performance inoubliable, en duo avec la pianiste Dana Ciocarlie. Sans décors, mais avec de nombreux costumes qui ont chaque fois suscité d’amusantes réactions (la reine d’Angleterre, l’homme médiéval, l’elfe, le bébé…), l’artiste a pris le pari de laisser toute la place à ses textes comico-poétiques, devant des spectateurs qui buvaient ses paroles.

Quelques jours plus tard, c’est l’auteur-compositeur-interprète québécois Martin Léon qui est monté sur cette même scène, en formule petit orchestre (neuf musiciens, dont Louis-Jean Cormier). Outre un concert-événement dans une église, il y a longtemps que le public n’avait pu assister à un spectacle de l’artiste. C’était donc pour plusieurs un grand plaisir de retrouver les succès des albums Les atomes et Kiki BBQ, entre lesquels se sont glissés de savoureux monologues et des récits de voyage appuyés par des films ou des photos. Visiblement heureux d’être là, Léon s’est même amusé à décortiquer une chanson avec ses collègues pour expliquer en détail son processus de création. Un spectacle ambitieux, mais convivial, présenté par des musiciens de grand calibre.

Martin Léon aux Francofolies Montréal 2017. © RFI/Marie-Hélène Mello

 

Trois questions à Martin Léon

RFI Musique : Quel effet ça vous fait de renouer avec la scène après des années consacrées à la musique de film ?
Martin Léon :
Faire de la musique de film est important pour moi. J’adore ça et c’est le premier métier que je voulais faire dans la vie. J’ai beaucoup de plaisir à découvrir l’univers poétique de chaque réalisateur, à collaborer avec chacun d’eux et à explorer les différentes possibilités orchestrales que m’offre leur film. Aussi, j’aime être au service de quelqu’un d’autre que moi ; cette expérience me fait le plus grand bien! Quant à la chanson : faire de la musique avec mes amis et partager la scène avec eux sera toujours pour moi le plus grand de tous les plaisirs.

Est-ce que jouer au Théâtre Maisonneuve revêt une importance particulière ?
Pour moi, le choix des chansons, le talent et la gentillesse des musiciens sont beaucoup plus importants que le choix de la salle en tant que tel. Je suis accompagné de Louis-Jean Cormier (guitare électrique), Marc-André Laroque (batterie), Mathieu Désy (contrebasse), Alexis Dumais (piano, wurlitzer), Éveline Grégoire-Rousseau (harpe), Jean-Denis Levasseur (flûtes exotiques), Mélanie Auclair (violoncelle) et Audrey Émery (voix). Je travaille avec la plupart d’entre eux depuis plus de 10 ans ; une grande amitié et un grand respect nous unissent. Je suis vraiment privilégié. Ceci dit, jouer à la salle Maisonneuve est comme faire un tour de Cadillac décapotable !

Que représentent pour vous les Francofolies de Montréal ?
En général, quand je vais aux Francofolies de Montréal, c’est d’abord pour marcher dans la foule sans plan précis. Je m’arrête ici et là, à l’improviste, j’assiste à un bout de spectacle, je discute avec les amis que je rencontre, je regarde tous ces gens regroupés devant les différentes scènes, assis dans l’herbe, entre amis ou en famille et je suis heureux que la musique et les spectacles rassemblent autant de gens, sourire aux lèvres et verre à la main. C’est dans ces moments-là que je me rappelle à quel point la musique et les arts unissent les gens de l’intérieur et apportent une force à un peuple.

Site officiel des Francofolies de Montreal
Site officiel de Martin Léon