The Blaze, la confusion des genres

Le duo The Blaze. © Benjamin Loyseau

En une année, le duo français s'est imposé en deux clips et quatre titres. Les deux cousins surfent sur l'air du temps avec une house légère, servie par des images équivoques inspirées de l'imagerie rap.

"Le groupe français le plus passionnant du moment" (les Inrocks), "En trois mois, Jonathan et Guillaume Alric ont mis la France à terre" (Canal +), "Mais qui est donc The Blaze ?" (Nova). À l'instar de PNL ou des Daft Punk, le duo français cultive le secret pour susciter la curiosité et le buzz (l'engouement). Presque aucune interview, peu d'informations et quelques concerts. Et cela fonctionne, les internautes comme les médias ont adoubé la musique et les clips de The Blaze. Surtout les clips.

Des clips comme des courts-métrages

En janvier 2016, une première vidéo, intitulée Virile (avec un e) et titrée en arabe, était mise en ligne sur la Toile. Deux lascars fumaient et dansaient la nuit, dans une tour de la banlieue bruxelloise. Un immense espace de liberté dans un petit appartement dominant la ville. Les deux garçons se défoulent sur une house tranquille à base de piano et de voix passée à l'auto-tune. Une musique avec de jolies harmoniques et des montées efficaces. Et la confrontation de deux mondes: celui des musiques électroniques avec celui des villes et des banlieues. Un an plus tard, The Blaze poussait un peu plus loin cette rencontre dans une seconde vidéo, intitulée Territory. Toujours des amitiés viriles, mais de l'autre côté de la Méditerranée, à Alger. Un jeune homme (le comédien Dali Benssalah) revient au pays et retrouve sa famille et ses potes. Des toits de la ville aux patios, comme dans leur premier clip, l'apologie de la virilité du rap flirte avec l'aspect gay friendly de la house. The Blaze joue l'équivoque, la confusion des genres (Amis ? Amants ?). Cette seconde vidéo, produite par Mourad Belkeddar, co-fondateur de la fameuse agence Iconoclast, s'est faite remarquer et a remporté plusieurs prix.

Une histoire de famille

The Blaze est une histoire de famille, puisque Guillaume et Jonathan Alric, 34 et 28 ans, sont cousins. Jonathan est né en Côte d'Ivoire, a vécu au Pérou (sa mère en est originaire), en Normandie, en Belgique et à Dijon, où vivait Guillaume. Ils ont désormais leur studio dans la capitale.

Si Jonathan était à l'origine plus porté sur le 7ème art (il est passé par une école de cinéma), Guillaume a toujours été passionné de musique. Il portait un projet solo, Mayd Hubb, et a joué avec d’autres artistes comme Panda Dub. De leur passion pour l'image et le son est né The Blaze, duo aussi attentif à sa musique qu'à ses clips, quitte à remonter la première pour qu'elle colle encore mieux aux vidéos. C'est d'ailleurs ainsi qu'est née leur première collaboration  : Jonathan réalisait un clip pour son école de cinéma sur la musique de son cousin Guillaume. Ce lien entre image et musique, ce soin porté à un projet global, rappelle ceux de Woodkid, qui avait lui aussi développé un univers très singulier, plus léché.

Dans les paroles de leurs chansons, il est question d'amitié et de famille  : "When you hold me I'm alive/ And I'm sure when I say/ You're the best friend of my life" ("Quand tu me tiens je me sens vivant/ Et j'en suis sûr/ Tu es mon meilleur ami pour la vie"), dans Virile. "There's nobody like my mom/ There's no place like my home/ Since I was born" ("Il n'y a personne comme ma mère/ Il n'y a pas d'autre endroit comme ma maison/ Depuis que je suis né") dans Territory. Dans leur musique, les deux cousins importent des sonorités de l'electro la plus récente (façon Fakear ou Petit Biscuit) ou la plus ancienne (les claviers des pionniers de Chicago) et du rap ou de la bass music. Leurs vidéos sont sans doute plus intrigantes que leur musique. D'ailleurs le duo veut-il nous hypnotiser ou nous faire danser?

The Blaze E.P. Territory (Animal 63/Believe) 2017

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