Moodoïd, fils de l’air

Moodoïd. © Izumi Miyazaki

C’est un groupe iconoclaste de la scène pop, qui chante en français et en anglais. Avec Cité Champagne, Moodoïd emprunte souvent le chemin du dancefloor, et laisse derrière lui ses humeurs psychédéliques. Un deuxième album aérien, qui affirme la signature de Pablo Padovani.

Dans un récent album hommage à Yves Simon, il interprétait Au pays des merveilles de Juliet et on aime tant cette chanson que sa reprise nous avait semblé alambiquée. À la réécoute, cette vision kitsch ressemble pourtant bien à Moodoïd, le groupe de Pablo Padovani, et elle mérite sans doute d’être un peu réévaluée.

Car sur la scène pop qui chante en français, ce trentenaire est un personnage singulier. Parmi les fiers représentants des paillettes, il fait partie de ces gens barrés qui suscitent des avis tranchés – on aime ou pas ! Héritier de David Bowie, il mélange tant de choses qu’on a du mal à le classer ailleurs que chez les inclassables.

S’il s’est fait connaître avec des guitares psychédéliques, il passe cette fois à l’électronique disco. Même largement simplifiés, les morceaux de Cité Champagne restent progressifs et on retrouve l’atmosphère aérienne de ce monde futuriste, imprégné de science-fiction (Amour voiture). Le fils du saxophoniste de jazz Jean-Marc Padovani assume l’extravagance et il en joue, jusqu’à la dernière note.

Alors, bien sûr, on peut regretter des paroles en retrait, mais franchement ce n’est pas le cœur du sujet. Pour une bonne partie des morceaux, les voix perchées cèdent la place à de longues plages instrumentales, quand elles ne sont pas des gimmicks (Planète Tokyo). Il y a aussi des chœurs, omniprésents, qui complètent des chansons évoquant parfois Grace Jones (Kasbah).

Pas seulement pour ses sonorités bizarroïdes, on tient là beaucoup plus qu’un énième disque d’électro-pop. C’est même ce qu’on appelle l’affirmation d’une patte. Champagne, donc, pour tout le monde… et caviar pour les autres ?

Moodoïd Cité Champagne (Because) 2018

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