Le second visage de David Guetta

Le DJ français David Guetta sort son 7e opus "7". © Ellen Von Unwerth

Septième album pour le plus connu des DJ français, David Guetta. Avec une face pop conviant une myriade d’interprètes et une face house reprenant les influences musicales de ses débuts. David Guetta serait-il fatigué de jouer les DJ stars ?

Trois années après Listen, voici le septième album de David Guetta, sobrement intitulé 7. On ne change pas une formule qui marche : celui qui a marié avec succès les stars de la pop américaine à la dance music persiste. David Guetta s’éloigne de l’EDM (la dance music américaine) et des pistes de danse pour livrer une pop mondialisée concoctée avec les stars du moment : Nicki Minaj, Sia, Justin Bieber… 

Entre deux avions et ses quatre maisons aux quatre coins du monde (États-Unis, Dubaï, Ibiza…), le Français s’est donné trois mois pour composer son album, alors qu’il aurait pu se contenter de sortir des singles les uns après les autres. Le premier disque est copieux avec pas moins de 15 titres. Il y en a presque pour tous les goûts : amateurs de reggaeton (Say my name, Para que te quedes), d’afro-house (Drive), de rap (I’m that bitch) ou de r'n'b (Flames). 

L’EDM est toujours présente dans le traitement du son ou les arrangements, comme sur Like I do, composé avec le DJ Martin Garrix. Sur le titre Battle, on imagine déjà la foule reprendre les chœurs, avec une guitare que ne renierait pas Puff Daddy. Ces références et ces samples permettent de ne pas déboussoler l’auditeur, comme Goodbye, une reprise d’un titre d’Andrea Bocelli, la voix de Suzanne Vega sur Let it be me ou She Knows How To Love Me qui échantillonne Little Richard.
 
Aux origines

Comme sur son cinquième album, Nothing but the beat (2011), David Guetta nous gratifie d’un second disque de 12 titres, bien différent du premier. Il n’est pas signé David Guetta, mais Jack Back. Jack comme une allusion à la house américaine (In the beginning there was Jack…), et Back comme un retour en arrière. Un pseudonyme que le DJ français avait utilisé sur Internet pour un titre signé avec un certain… David Guetta, mais qu’il n’aura pas caché bien longtemps.

Grâce à ces titres signés Jack Back ou Jack Hisbach, David Guetta explique vouloir retourner à ses origines et faire de la musique underground, tout en ne décevant pas ses fans, ni subir la pression de devoir jouer ses tubes. Ce second disque est plus instrumental, s’éloignant de la pop, il reprend quelques références à la house, celle du label Murk (Reach for me), ou à la techno (Overtone), sans pour autant être très novateur. Quelques tics du DJ reviennent, comme les roulements de batterie (drumrolls) ou les breaks un peu trop systématiques. C’est un disque bel et bien destiné aux pistes de danse.

Alors qu’il a passé la cinquantaine et qu’il a changé de look (finis les cheveux longs), David Guetta livrait à BBC 1: "J’ai commencé en faisant de la house underground, en jouant dans les raves et clubs underground de Paris. Je voulais faire de la musique pour m’amuser, avec absolument aucune approche commerciale." Il confiait aussi avoir réfléchi à la course au succès après le récent suicide du DJ Avicii.

Après s’être produit dans un énorme stade à Berlin début septembre, David Guetta est allé tâter l’underground techno au fameux club Berghain comme un simple quidam. Le physionomiste l’a laissé entrer, David lui a sans doute montré son nouveau visage, celui de Jack Back.
 
David Guetta 7 (What A Music/Warner Music) 2018

Site officiel de David Guetta
Page Facebook de David Guetta