La vie en solo de Mat Bastard

Mat Bastard. © RFI / Bastien Brun

Après la séparation du groupe Skip The Use, Mat Bastard ne se prend toujours pas la tête. Sur son premier album, Loov, le chanteur renoue avec un discours engagé et brasse toutes ses influences, du punk hardcore au hip-hop. À l’automne, il tiendra aussi les premiers rôles du film d’animation Zombillénium. RFI Musique l’a retrouvé à La Rochelle.

Ce samedi-là sous le soleil de l’esplanade Saint-Jean-d’Acre, ce sont les retrouvailles de Mat Bastard avec les Francofolies de La Rochelle, après la séparation de Skip the Use. Tee-shirt sans manches du groupe de punk hardcore américain NO FX, jean slim et baskets aux pieds, ce véritable pois sauteur asticote un public de 15-35 ans pour mieux le chauffer.

C’est vrai que les gens qui ont écouté Skip the Use ne seront pas trop déstabilisés par mon album“, concède-t-il.  Outre cette présence scénique évidente, c’est donc la voix du groupe de rock et une bonne partie de son écriture qu’on retrouve  sur Loov. Comprendre : love en anglais, l’amour.  Le chanteur y a mis tout ce qu’il aime et la palette est large : hip-hop, électro, metal...

Un discours plus énervé

C’est bien un disque de rock grand public qu’on tient là, avec ce que cela comporte de calibrage. Mais attention quand même aux oreilles lorsqu’on pousse le volume. Ce qui change le plus par rapport à son passé récent ? Un discours énervé, notamment dans le couplet en français de “Stand as one“ ou la chanson “Vivre mieux“. “Au moment où j’ai écrit cette chanson, on avait un pays où près de 30 % d’électeurs votaient Le Pen. La jeunesse s’en allait manifester pour le ni-ni, ni Le Pen, ni Macron, en ayant oublié les arabes dans la Seine ou les descentes de skin. Je me disais : ‘Mais ce n’est pas possible, qu’est-ce qui se passe ?’ “, tonne l’enfant adopté, qui a souvent fait face au racisme ordinaire.

I’m a feak, i’m weirdo / A losin’ creep, a weirdo / And I know who I am / What I have in my mind / I’m wild”, dit le refrain de Wild, dont les paroles détournent le Creep de Radiohead. Ce garçon “sauvage“ qui “sait ce qu’il est“ a tatoué sur sa peau la devise “no god, no manager“. Il revendique  encore une fois une liberté  totale par rapport à l’industrie musicale. Je ne suis pas dans le système d’où qu’il vienne. Si le punk-rock est un système, alors je n’y suis pas“, assure-t-il. 

Une nouvelle casquette de producteur

Dans l’ombre, Mat Bastard a pourtant entamé une carrière de producteur. Désormais installé à Los Angeles et faisant des allers/retours avec la France, il a ramené avec lui “(ses) potos de Carving“. “J’avais vraiment envie que les Américains profitent de leur talent. On dit toujours : ‘Waouh, les Américains !’  Je disais : ‘Il y a des mecs dans le Nord-Pas-de-Calais qui sont très bons. Il faut que vous les rencontriez’". C’est avec ces copains d’adolescence qu’il a donc travaillé sur ce Loov et la bande-originale du film d’animation Zombillénium, tirée de la BD du même nom.

Dans ce dessin animé  qui raconte l’histoire d’un parc d’attraction peuplé de zombies, Mat a aussi prêté sa voix et son allure à un personnage. Projeté lors du dernier festival de Cannes, il pourrait bien participer à faire un peu mieux connaître le nom de Mat Bastard au premier jour du reste de sa carrière.

Mat Bastard Loov (Universal Music) 2017

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