Francofolies de Montréal 2013

Francofolies de Montréal 2013
Pierre Kwenders et deux membres de Radio Radio © MH Mello

Lancées jeudi dernier, les 25es Francofolies de Montréal se poursuivent dans le Quartier des spectacles jusqu’au 23 juin. Retour sur un premier week-end festif et diversifié, pendant lequel plus de 60 concerts ont été présentés en salle ou sur les scènes extérieures.Un joli programme chargé de confirmations, de découvertes et de cadeaux d’anniversaire.

Le 13 juin, durant la grande fête de lancement, l’émotion était palpable au pied de la Place des Arts, rue Sainte-Catherine. Après plusieurs jours de pluie, le soleil était enfin au rendez-vous, tout comme des milliers de festivaliers venus profiter du quadruple concert gratuit. Cette "soirée de filles" réussie regroupait les Québécoises Fanny Bloom, Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt, ainsi que La Grande Sophie.

Même si l’artiste française a éprouvé de la difficulté à charmer le public, les trois stars locales ont inauguré les festivités en beauté, tout particulièrement la bassiste Arthur, très énergique au milieu de son équipe du tonnerre. Puis, l’auteure de Je veux tout a livré la performance finale attendue avec deux invités de marque (le chanteur Pierre Lapointe et le rappeur Boogat), sous une pluie de confettis multicolores. 

Le lendemain, l’auteur-compositeur-interprète et acteur David Giguère s’exécutait sur cette même scène devant plusieurs fans qui connaissaient ses textes par cœur. C’était l’intro d’une soirée des Francos où hip hop (Manu Militari, Keny Arkana), rock (Gros Mené, Mardi Noir) et chanson (Stephen Faulkner, Dumas) étaient servis aux festivaliers sur un plateau d’argent, peu importe leur budget.
 
En effet, après 25 ans, les Francofolies de Montréal ont de quoi être fières : la qualité de la programmation présentée en plein air n’a rien à envier à celle en salles. Elle est même parfois plus dynamique, audacieuse et originale. Ceux qui ne pouvaient s’offrir l’hommage au groupe Les Colocs, l’événement Robert Charlebois ou le spectacle de Loco Locass n’avaient qu’à déambuler dans le périmètre du centre-ville devenu piétonnier, pour multiplier les découvertes.
 
Danser sous le soleil, avec Pierre Kwenders
 
Parmi les nouveaux venus, Pierre Kwenders a offert une surprise de taille. Néo-Montréalais issu de la République démocratique du Congo, le jeune artiste a présenté à une foule de tous âges son mariage original – et très participatif – de musique world et de sonorités
électroniques. Manifestement heureux de participer à la fête, il a livré les morceaux de son récent minialbum Whiskey &Tea, une brillante combinaison de soul et de rumba congolaise. Même si la plupart de festivaliers ne le connaissaient pas au préalable, ils n’ont pas hésité répondre à l’appel à la danse (Let it play, Baye ebele), sous le soleil de plomb de samedi dernier.
 

Avec passion et enthousiasme, le chanteur a partagé ses créations en lingala, français et anglais, bien appuyé par un percussionniste, un batteur, un claviériste et le producteur Alexandre Bilodeau, également réalisateur du disque. Ce membre du trio électro-rap acadien Radio Radio a d’ailleurs invité ses acolytes à collaborer à Mardi gras, réinterprétation inventive d’une chanson cajun traditionnelle. Pour le moins inhabituelle, cette ingénieuse rencontre était probablement l’illustration parfaite de la diversité des musiques francophones, de l’Afrique à la Louisiane et à l’Acadie, avec une touche toutefois bien québécoise. Authentique et sincère, Kwenders est un nouvel artiste entre modernité et tradition dont on attendra avec impatience le premier album complet.

 
Alex Beaupain à l’abri du déluge
 
De l’autre côté du spectre, dans la veine chanson française classique, le créateur (entre autres) de musiques de films Alex Beaupain a livré dimanche après-midi une douzaine de ses morceauxavec trois musiciens (piano, guitare et basse, violoncelle). Dès son entrée sur scène, sous une tente protégeant les festivaliers d’une pluie diluvienne, l’artiste en a fait rire plus d’un en s’excusant du titre de son dernier album, Après moi le déluge. Encore méconnu au Québec, il a tout de suite suscité la sympathie de son public, qui semblait surtout composé de Français d’âge mûr. Et entre chaque chanson, il ne se gênait pas pour plaisanter – souvent en se payant la tête de ses collègues–ou pour expliquer de quel film elle était tirée (Les chansons d’amour et Dans Paris).
 
Parmi les moments forts de sa performance, le tout premier morceau, Coule, créée en collaboration avec Julien Clerc, En quarantaine, Je n’aime que toi et Les yeux au ciel, offerte en rappel. Les instants où le Parisien chantait l’amour en duo avec sa violoncelliste Valentine Duteil étaient particulièrement réussis.
 
Durant le spectacle, il a demandé à ses musiciens de quitter la scène pour s’exécuter seul au piano : la foule était alors si attentive que l’on pouvait entendre les gouttelettes de pluie contre le plastique de la tente. Sans révolutionner la chanson, Beaupain a démontré qu’il était un bon showman. Un concert agréable, bien équilibré entre humour et douce mélancolie, parfait pour les jours gris. 
 

Site officiel de

 Pierre Kwenders
Site officiel d’Alex Beaupain
Site officiel des Francofolies de Montréal