Le succès annoncé du 2e Génération Goldman

Le succès annoncé du 2e <i>Génération Goldman</i>
Génération Goldman © DR

Après l’énorme succès du premier disque de Génération Goldman, fin 2012, Amel Bent, Emmanuel Moire, Amandine Bourgeois, Corneille et les autres remettent le couvert avec une nouvelle compilation de reprises de Jean-Jacques Goldman, le Français préféré des Français.

Devant le succès, prolongation… Le deuxième album de Génération Goldman sort moins d’un an après une première compilation vendue à plus de 800 000 exemplaires – un score extraordinaire dans l’actuel marché du disque. Le succès a même fait oublier les petits grincements de dents entendus en novembre dernier, lorsqu’est sorti le premier album chez My Major Company, le label discographique créé par Michael Goldman, fils de l’auteur-compositeur. Quatorze chansons sont reprises par M. Pokora, Corneille, Tal, Christophe Willem, Amaury Vassili, Zaz, Amel Bent, Emmanuel Moire, Amandine Bourgeois, Irma, Leslie, Ivyrise, Baptiste Giabiconi… Et, sans révisions musicales spectaculaires ni transcriptions acrobatiques, ces jeunes artistes trouvent le double chemin du grand public adulte et des adolescents – voire des enfants. 

Goldman revisité par la jeune génération
 
Pourquoi aurait-il fallu s’en tenir là ? Une bonne partie du casting du premier Génération Goldman revient, avec quelques renforts comme Elisa Tovati, la troupe des Robins des Bois ou Soprano. Le rappeur est à l’affiche du premier single, enregistré en duo avec Amel Bent, Quand la musique est bonne, porté par un clip à grand spectacle dans une vague atmosphère mi-Mad Max, mi-jeu vidéo. Tal chante Pas toi après avoir interprété Envole-moi avec M. Pokora dans le premier volume, Christophe Willem ose Confidentiel, Elisa Tovati reprend Elle a fait un bébé toute seule… Et on devine déjà qu’il y aura du single en radio ! Il est vrai que le songbook de Jean-Jacques Goldman est enchanté, qu’on puise dans ses propres disques ou dans les chansons qu’il a écrites pour d’autres interprètes.
 
La situation a néanmoins quelque chose de curieux : Jean-Jacques Goldman est toujours vivant. Il ne s’agit pas d’un Jacques Brel, d’un Georges Brassens ou d’un Daniel Balavoine, d’un maître défunt ou d’un copain parti trop tôt. Goldman est vivant. Il a promis qu’on le reverrait un jour sur scène, qu’il retournerait sans doute en studio. Mais, depuis 2005, il n’enregistre plus et ne tourne plus, sa seule activité artistique régulière étant de diriger chaque année ses camarades Enfoirés pour le grand spectacle de chanson au profit des Restos du cœur.
 
 
Des tubes qui font sens
 
Mais il y a quelque chose qui, dans les années de succès de Goldman, prépare notre époque : il rassemble. Ce n’est pas seulement l’ampleur de son succès qui est en jeu, mais sa capacité à agréger l’énergie rock et le sens mélodique des variétés, le très grand public des gamins et l’estime des hommes politiques, l’ivresse de la chanson d’amour et la gravité des grandes causes (il est le soutien le plus visible des débuts de SOS Racisme, écrit la chanson des Restos du cœur, soutient les deux campagnes présidentielles de Lionel Jospin…). Certes, il y a des tubes, mais des tubes qui font sens et qui, curieusement, prennent de plus en plus de sens à mesure qu’on les rapproche les uns des autres. Goldman n’est pas uniquement le chanteur qui a réalisé la bande-son de l’enfance de Génération Goldman des années 80 au début des années 2000, il est souvent le premier chanteur radiotélévisé avec cette abondance dont ils ont écouté les paroles…
 
De chanson en chanson, il parle en individu qui rêve du collectif, il parle en humain que l’humain passionne, il parle en amoureux de la liberté. Et c’est sans doute ce qui explique sa popularité. Personnalité préférée des Français dans un sondage du Parisien en décembre 2012, cette position vient d’être confirmée il y a quelques semaines quand un sondage du Journal du dimanche l’a aussi placé en tête de liste. Ce n’était d’ailleurs pas une immense surprise puisqu’il s’agissait seulement d’un rétablissement : il y a dix ans, le chanteur avait demandé à l’hebdomadaire de ne pas proposer son nom parmi les choix offerts aux personnes interrogées. C’est un peu retrouver une couronne…
 
Et peut-être doit-on voir là une des racines du succès de Génération Goldman : ces chansons disent vraiment quelque chose, et quelque chose qu’il est difficile de contester dans la France d’aujourd’hui. Chanter Goldman, ce n’est pas seulement chanter de belles chansons ou une manière particulière de parler d’amour. Chanter Goldman, c’est chanter le consensus.
 
Page Facebook de Génération Goldman
 
Compilation Génération Goldman vol. 2 (My Major Company / Warner) 2013