Francofolies de La Rochelle, trentième anniversaire

Francofolies de La Rochelle, trentième anniversaire
H-F. Thiéfaine, Francofolies de La Rochelle 2014. © B. Brun

Non, ce n’était pas le Radeau de la méduse, ce concert… La dernière édition des Francofolies de La Rochelle s’est ouverte sur une soirée anniversaire, "Les copains d’abord", qui a dressé une sorte de bilan de ces trois décennies du festival. Bernard Lavilliers, Hubert-Félix Thiéfaine, Véronique Sanson et d’autres ont rendu hommage aux Francos et à leur fondateur, Jean-Louis Foulquier.

Sur les écrans géants postés de part et d’autre de la grande scène du parking Saint-Jean d’Acre de La Rochelle, les années défilent et les artistes passent. Les rappeurs de NTM sont pris en sandwich entre Michel Fugain et Pascal Obispo et à la faveur du montage vidéo, les rockeurs de Noir Désir figurent entre deux autres chanteurs autrement moins rock. Saisissant contraste que celui des Francofolies de La Rochelle, un festival qui depuis trois décennies a changé les horizons de la variété et de la chanson française. 

En 1985, quand cette aventure a commencé, les "compagnons de route" ne passaient pas beaucoup sur les ondes, ils s’appelaient Bernard Lavilliers, Hubert-Felix Thiéfaine, Jacques Higelin, et ils étaient soutenus par un animateur de radio à la carrure de boxeur : Jean-Louis Foulquier. Il était donc logique que pour le 30e anniversaire du festival, on retrouve tous ceux-là et même un peu plus, dans une soirée appelée "Les copains d’abord", qui résumait trois décennies de festival et rendait hommage à Monsieur Foulquier. 
 
Avant cela, la soirée aura débuté par les sets de Bernard Lavilliers puis de Jacques Higelin, très bien accompagné par Camille, Kent, Miossec et l’actrice Sandrine Bonnaire. Boucle d’oreille et veste noire à encolure rouge, Lavilliers – aussi parrain d’une exposition du même nom, "Les copains d’abord"- était sur son terrain de jeu favori, la grande scène des Francofolies de La Rochelle, tandis qu’Higelin, semblait revenu au temps du punk pour reprendre son classique Paris – New York, N.Y. – Paris avec Kent.
 
Puis sur les coups de 11 heures, le temps des "Copains d’abord" est venu et alors, on a pu réaliser pourquoi le ballet des chanteurs n’a pas cessé toute la journée à La Rochelle. En "30 tubes", du Foule sentimentale d’Alain Souchon à l’étonnant Aimer est plus fort que d’être aimé de Balavoine, repris de façon électro par Christine & the Queens, ce sont 30 ans de chanson française populaire qui ont été balayés par autant d’artistes : la génération des années 80, Souchon/Voulzy, Sanson, avec ses grands absents, Bashung pour ne citer que lui, la nouvelle chanson française des Delerm, Jeanne Cherhal, Bénabar et puis les jeunes, souvent passés par les télé-crochets (Nolwenn Leroy, Elodie Frégé, Christophe Willem, Julien Doré…)
 
Animé par l’acteur Omar Sy,  drôle et nature "dans son rôle de MC, comme disent les jeunes", la soirée "Les copains d’abord" a été entièrement filmée pour la TV par Morgane prod, actuel propriétaire des Francofolies. Réglée au prompteur près, elle se voulait aussi être un hommage à Jean-Louis Foulquier, un homme de radio qui, selon ses propres termes, avait simplement "essayé de faire de La Rochelle un lieu où les artistes aiment se retrouver ". 
 
Trois questions à Jean-Louis Aubert : "Les Francofolies, c’est lié à Jean-Louis Foulquier"
 
Jean-Louis Aubert a chanté pour la soirée "Les copains d’abord" qui a ouvert cette nouvelle édition des Francofolies. L’ex-chanteur de Téléphone évoque ses Francofolies et sa relation avec "l’autre Jean-Louis", Jean-Louis Foulquier, le fondateur des Francofolies de La Rochelle.
 
RFI Musique : Qu’est-ce qui vous a mis sur ce chemin de la chanson ?
Jean-Louis Aubert : C’est un peu Jean-Louis Foulquier qui a été le premier à m’héberger, c’est grâce à lui que j’ai chanté pour la première fois à la radio. On venait tous les soirs dans son émission, on n’avait pas encore de nom. Il y avait eu une grève un soir, il m’a dit : "Tu ne connais pas des gens qui jouent ?" Je lui ai dit : "Si, nous on joue ! " "La radio, elle est à toi de minuit à 2 heures !" Du coup, on a eu deux heures pour nous tout seul sur une radio nationale, et comme on avait 17 ans, c’était super ! C’est ça qui nous a mis le pied à l’étrier !
Vous jouez pour la soirée des 30 ans des Francofolies. Quelle décennie retenez-vous ?
Oh, je ne sais pas ! Pour moi, tout ça est très lié à personne de Jean-Louis Foulquier mais je crois que je les ai vues naître. Quand les Francofolies ont commencé en 1985, Téléphone était fini. Téléphone n’a jamais joué ici et moi, c’est peut-être le premier festival que j’ai fait à la suite du groupe Téléphone avec l’album Plâtre et ciment (sorti en 1987, NDLR). La pente était raide à remonter à cette époque… (rires)
Avez-vous une image en particulier de Jean-Louis Foulquier ?
Celle qui me vient est surtout celle de ces premiers souvenirs de radio. Sinon, on était copains comme cochons, mais on s’engueulait parfois, ça "fritait". À un moment, il faisait le chanteur, il avait une chanson lui aussi, il l’a chantée en play-back et ça m’a énervé. Alors, je lui ai dit, parce que de son côté, il faisait très gaffe à ce qu’on soit toujours vivant et en direct ! Et il a bougonné… (rires)
 
Site officiel du festival des Francofolies de La Rochelle