Alexis HK converse avec Brassens

Alexis HK converse avec Brassens
"Georges et moi", Alexis HK © G. Fasolato

Certainement pas pornographe du phonographe, mais polisson de la chanson française, assurément. Cette année, Alexis HK sera sur les routes de France avec Georges et moi, un spectacle drôle et plein de poésie dans lequel il revisite Brassens. Une fois de plus, ceux qui voyaient en Georges Brassens un monolithe en auront pour leur frais.

"Eh bien, bonsoir Georges, bonsoir Georges, et bonsoir Georges. Aujourd'hui, par mesure de commodité, j'ai décidé que tout le monde s'appelait Georges. Pourquoi ? D'abord, parce que c'est un prénom unisexe et indémodable qui convient à toutes les générations [...] Et puis, quand on y réfléchit, qui n'a pas un peu de Georges en lui ?" Un chat, une pipe, une cheminée, un air qu'on sifflote, Alexis HK plante le décor.

A mi-chemin du tour de chant et du spectacle comique, son Georges et moi est une conversation imaginaire entre le chanteur et son "vieil oncle". "Tout le monde a une intimité avec Brassens, estime-t-il. D'autant plus dans l'époque difficile que nous vivons, je pense que partager cette intimité permet de respirer, d'entendre des mots bien choisis, dans un langage pas toujours actuel mais dont les thèmes sont éternels. Même les expressions qu'on n'emploie plus aujourd'hui font du bien à entendre, elles brillent."
 
Du rock'n'roll avec l'air de ne pas y toucher
 
Prenant le parti d'en rire, Alexis HK revisite Brassens avec malice et le chanteur, qui s'était déjà impeccablement emparé de quelques bribes de ce répertoire, s'attache surtout à lui rendre son sourire. Il reprend quelques clichés comme cette bonne vieille pompe et s'autorise des actualisations à base de po-po-po-pom. S'il va le plus souvent chercher dans le registre comique (Le pornographe, Quatre-vingt pour cent, Le temps ne fait rien à l'affaire), il souligne la part d’insoumission de celui qui, avant de devenir la figure populaire que l'on sait, vécut de ses belles lettres et de la bienveillance de quelques amis au fait de son talent. 
 
"Certains jeunes écoutent du rock, du rap, ce que vous voulez, pour moi, Brassens, c'était un acte rock'n'roll avec l'air de ne pas y toucher. Il a eu cette image parce qu'il est rentré dans le patrimoine, mais je récuse le terme de monolithe. Dès le départ, il était dans quelque chose de rebelle, il faisait son bonhomme de chemin et il n'en avait rien à foutre de beaucoup de choses. Il n'avait pas envie de se laisser envahir par les cons. Il fait partie de notre liberté, de notre fronderie et en même temps, c'est quelqu'un de discret", estime Alexis HK.
 
De l'oncle grisonnant au tonton punk
 
D'une grande tendresse, Georges et moi prolonge à sa façon les révolutions en cours dans la "Brassensophilie" depuis l'exposition Brassens ou la liberté, qui s'est tenue à Paris en 2011. L'oncle grisonnant est devenu un tonton punk plein de vie dont on interroge la complexité. Déjà commissaire de l'exposition de la Cité de la Musique, Clémentine Déroudille a d'ailleurs conseillé Alexis HK tandis qu'à la mise en scène, l'acteur François Morel lui a apporté un œil extérieur pétillant.
 
Accompagné de deux musiciens, un contrebassiste et un guitariste, Alexis HK (re)prend sur lui une certaine idée de la chanson. "Il n'y avait chez lui aucun artifice, il pose son pied sur une chaise et il chante des chansons magnifiques. En musique et en poésie, cette simplicité me touche énormément et je ne pense pas être le seul." Effectivement ! Car la vie fait des étincelles sous la moustache de ce Georges et moi et, plus qu'un joli dépoussiérage, ce spectacle est une belle fessée.
 
Alexis HK en tournée avec le spectacle Georges et moi à partir de fin septembre 2015 (le 7/12 à Bobino à Paris) et jusqu'en décembre 2016.
 
Page Facebook d'Alexis HK