Yann Perreau aux Francofolies de Montréal

Yann Perreau aux Francofolies de Montréal
Yann Perreau, Francofolies de Montréal 2016 © M.-H. Mello

Il y a le Yann Perreau bête de scène et le Yann Perreau créateur d’ambiances intimistes; celui qui fait danser et celui qui émeut. Bien représentées dans son cinquième album, Le fantastique des astres, ces deux facettes étaient aussi au rendez-vous lors de son concert au Club Soda le 17 juin, dans le cadre des Francos de Montréal.

Avant la sortie du Fantastique des astres ce printemps, le dernier album solo de Yann Perreau remontait à 2012. Intitulé À genoux dans le désir, celui-ci proposait une incursion dans l’imaginaire du poète québécois Claude Péloquin. Ainsi, sa plus récente parution avec des textes de son cru, Un serpent sous les fleurs, datait d’il y a sept ans. "Disons que j’avais hâte de revenir !" est la première chose qu’a déclarée Perreau, joint pendant son séjour au Festival de Tadoussac. Quelques jours avant de présenter son cinquième disque aux Francofolies, il nous parle de son cheminement et, bien entendu, du tout nouveau spectacle qu’il est ravi de lancer à Montréal.

"Être auteur-compositeur-interprète est ma vocation première, mais le chemin que j’ai pris durant les dernières années m’a beaucoup nourri", estime Perreau, en faisant référence aux multiples projets parallèles accomplis. En effet, le chanteur montréalais est loin d’avoir chômé : dans le seul domaine musical, il a mis en scène une quinzaine de spectacles, parmi lesquels des hommages à Gaston Miron et à Édith Piaf, ainsi que les concerts d’Amylie (qui assure sa première partie aux Francos), Catherine Major, Queen Ka, Champion et plusieurs autres. C’est sans oublier plusieurs productions en danse et en théâtre.
 
Des réalisations enrichissantes, donc, qui ont donné l'occasion à l’artiste multidisciplinaire de travailler avec de nouvelles personnes et de plonger dans des univers artistiques parfois très différents du sien. «J’ai toujours aimé toucher à différents domaines. Tout ça m’a aussi permis de passer plus de temps à la maison pour apprendre autre chose : être père de famille.» Désormais âgé de 40 ans, le musicien a maintenant deux enfants, une "nouvelle vie" qu’il chante d’ailleurs sur Le fantastique des astres (à écouter : les jolis textes de T’embellis ma vie).
 
"Je suis de retour en feu, et plus en forme que jamais !" s’exclame Perreau en abordant le spectacle qu’il amorce dans les festivals d’été et poursuivra dans plusieurs salles du Québec à l’automne. Si son album-hommage à Péloquin avait donné lieu à une série de spectacles plus intimistes, l’artiste se réjouit de renouer avec son penchant plus dynamique et festif, qui s’exprime avec force dans la première moitié de son album. "J’ai décidé de commencer avec de la vitamine, du stock peut-être plus surprenant", dit-il en faisant référence à des titres comme Baby boom et J’aime les oiseaux (son plus récent tube, qui connaît en ce moment un grand succès à la radio). Plus électro que son répertoire habituel, ces chansons sont de véritables appels à la danse.
 
Vers la moitié de l’album, les nouvelles compositions de Perreau redeviennent toutefois plus douces et intimistes (À l’amour et à la mer, Le tatouage). "Avec toute cette grosse électricité nouvelle, j’ai essayé de trouver le juste milieu. J’avais envie que quand les gens commencent l’album, et qu’ils l’écoutent d’un bout à l’autre, ils sentent qu’il y a un voyage. Mais c’est sûr que si tu l’écoutes sur random, ça peut avoir l’air sans queue ni tête !" admet-il en riant.
 
Un grand retour sur scène
 
À l’image de son nouvel album, Yann Perreau a livré aux Francos un concert extrêmement énergique, qui contenait quand même des moments de douce intensité. Avant même le début officiel de son spectacle, le chanteur a surpris le public du Club Soda en montant sur scène, armé de maracas, pour se joindre à Amylie, le temps d’une chanson. Et celle qui assurait la première partie de la soirée a rendu la pareille à Perreau – deux fois plutôt qu’une – en participant aux chansons À l’amour et à la mer ainsi qu’à J’aime les oiseaux. Très bel échange entre ces deux artistes.
 
Perreau a choisi la survoltée Barcelone pour amorcer son spectacle : une introduction électro-pop très efficace pendant laquelle on sentait tout son bonheur d’être sur scène. Il dansait, bondissait un peu partout sur les planches du Club Soda, et y allait de sa gestuelle très caractéristique, enchaînant avec deux autres nouveautés, Mon amour est un loup et Le tatouage, en version plus musclée que sur album. À peine était-il sur scène qu’il la quittait brièvement pour chanter parmi la foule et saluer ses fans. La salle bondée répondait bien évidemment à l’appel, et on aurait dit que le public attentif l’aurait suivi partout.
 
Avec une grande sincérité, Perreau a pris le temps de remercier chaleureusement les spectateurs d’être toujours avec lui après plusieurs années. Depuis le parterre, on entendait même quelques déclarations d’amour fuser spontanément ("T’es hot !", "Merci, Yann! "). L’émotion était palpable. Un second artiste invité, Pierre Kwenders, a également suscité une belle réaction lorsqu’il est venu chanter avec Perreau Faut pas se fier aux apparences, dont il a lui-même créé une partie des textes.
 
Même si son concert était majoritairement composé de chansons du Fantastique des astres, Perreau a récompensé ses fans avec quelques retours en arrière, alignant en milieu de soirée La vie n’est pas qu’une salope (datant du disque Nucléaire, 2005), ainsi que Le président danse autrement et Le bruit des bottes (toutes deux d’Un serpent sous les fleurs). Un très riche "voyage", pour reprendre les termes de Perreau, avec pour terminus la touchante Beau comme on s’aime.
Page facebook officielle de Yann Perreau