Fête de la Musique 2016

Fête de la Musique 2016
Fête de la musique devant la Sorbonne à Paris © A.Benainous

Malgré quelques annulations et reports de concerts dus au contexte actuel en France, qui mêle matchs de l’Euro et état d’urgence, la 35e édition de la Fête de la Musique promet d’ores et déjà de belles escapades musicales vers d’heureux rivages : musiques du monde, classique, jazz, électro, hip hop, etc. De quoi donner raison au thème 2016 – "La musique plus forte que…". À coup sûr, elle transcende les tensions et unit nos différences… La preuve le 21 juin : voici le menu !

"La musique plus forte que… " (en vrac : nos solitudes, nos différences, nos origines, nos peurs, nos crispations, etc.) : pour la 35e Fête de la Musique, cette grand-messe de tous les sons initiée par Jack Lang en 1982, le Ministère de la Culture a opté pour un thème symbolique.

Et pourtant, cette édition connaît, avant-même son lancement, des annulations, dues à l’Euro, à l’état d’urgence, aux menaces terroristes, etc. Ainsi, à Paris, place Denfert-Rochereau, le concert Ricard SA-Live, qui devait résonner des accords de Cotton Claw, Radio Elvis, Kid Wise et I Am Stramgram, a été annulé, en raison de la "la mobilisation importante des forces de sécurité intérieure pour la protection des stades".

Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin a quant à lui, décidé de reporter la Fête au 23 juin, pour éviter la confrontation des mélomanes, avec d’éventuels débordements relatifs au match Ukraine-Pologne, accueilli le 21 au Stade Vélodrome. À Bordeaux, où se joue Espagne-Croatie, les concerts ont été déplacés dans des quartiers périphériques, moins fréquentés.
 
Peut-on, dès lors, parler d’une Fête de la Musique mise en sourdine, "gâchée" ? Il faudra, au contraire, la célébrer vaille que vaille, cœurs et tambours battants, pour honorer la pertinence de son thème, et apprécier son programme, fort de belles propositions.
 
Ainsi, en cœur de fête, le siège historique du ministère de la Culture se transforme, une semaine durant, du 19 au 24 juin, en scène ouverte. Dans la cour d’honneur du Palais Royal, dans le salon des Maréchaux, résonneront des couleurs jazz, électro, classique, chanson, rock. Au menu, entre autres : la chanteuse poétique électro-pop Raphaële Lannadère, le 21 ou le cocktail oriental ensorceleur et pyromane, de Bachar Mar-Khalifé, le 22.
 
Paris, au cœur du monde.
 
Et puis, une fois encore, le 21 juin offrira, à Paris et en banlieue, l’occasion d’un voyage sonore autour du globe ! Ainsi, dans la sublime nef du Collège des Bernardins (Ve) s’envolera, céleste, la musique émancipatrice, l’âme exaltée, de la flûtiste française d’origine syrienne Naïssam Jalal, et ses rythmes de résistance.
 
Au Palais de la Porte Dorée (XIIe), le griot urbain, aux allures de rockeur Djeli Moussa Condé chantera ses histoires, quand le Tunisien Haydar Hamdi envoûtera l’Institut des Cultures d’Islam (XVIIIe), de son reggae-groove, porté par sa voix chaude et onctueuse. Les accords engagés, sur fond de musique manouche des Zoufris Maracas, sonneront comme des coups de poing solaires à Évry (91). Et puis, côtés insulaires, La Compagnie Créole enflammera Thiais (94) de ses tubes indémodables, quand Noisy-le-Grand (93) guinchera sur la redoutable machine à zouk de Kassav’.
 
Enfin, la rituelle Nuit Boréale, sur l’Esplanade des Invalides (VIIe), recevra, comme à l’accoutumée, la fine fleur du renouveau canadien, avec entre autres, Philémon Cimon, et ses chansons sensibles, romantiques, Wesli, et les Hôtesses d’Hilaire. Bien sûr, les autres styles ne seront pas en reste : pléthore de concerts classiques, de chorales, de l’électro musclée (au Batofar, notamment), des chansons (Zaz à Epinay, 93, etc.), ou encore de la pop (la disco-électro de Naive New Beaters à Mantes-la-Jolie, 78, etc.)
 
Concerts insolites, lieux atypiques.
 
Enfin, cet événement, c’est aussi déconstruire les formats des concerts, redécouvrir les sonorités dans des lieux de patrimoine exceptionnels. Ainsi, l’Eglise Saint-Eustache (Ier), aux Halles, recevra un concert de 36h00, porté par la communauté paroissiale, sur des horizons folk, pop, électro, sacrés, avec notamment la Canadienne d’origine haïtienne Melissa Laveaux, ou encore la pop solaire des Rennais de Mermonte.
 
À l’Assemblée nationale (VIIe), le Bal Taquin entraînera les guiboles dans des valses furieuses, des tarentelles exaltées, ou des biguines chaloupées. Et puis, l’Atelier Renault, sur les Champs-Élysées (VIIIe), recevra la troisième édition de l’Electroswing Party, avec des concerts, des démonstrations de swing acrobatique, des cours de danse, etc.
 
En régions et à l’étranger
 
Les régions françaises vibreront, elles aussi : sous les assauts de l’électro-pop enchantée de Jabberwocky dans leur ville, Poitiers (86) ; sous les impros frappées de Bumcello à Mâcon (71) ; sous les mélopées orientales d’Oum à Toulon (83), et le saxophone magique de Manu Dibango, à Saint-Étienne (42) ; avec Amadou et Mariam à Grimaud (83) ; ou Les Fatals Picards à Quimper (29), etc.
 
À Toulouse, s’organisera sur la Place du Capitole un grand concert, retransmis par France 2, avec Fréro Delavega, Christophe Maé, Kendji Girac, Soprano, Vianney, Pascal Obispo, Jain, etc. Un événement contraire à l’esprit de la Fête de la Musique, selon certains Toulousains en colère, qui dénoncent la limitation du nombre de places – sécurité oblige ! -, une entrave à la libre circulation.
 
Enfin, à l’international, des mégapoles fêtent aussi la musique, et reçoivent des artistes francophones. Ainsi, en Chine, l’Institut français de Canton accueille Nach, la petite dernière de la famille Chedid, ou les Bordelais de Rendez-vous ; Pékin recevra Smokey Joe & The Kids, et le trio messin Marie-Madeleine. À New York, Central Park se chantera en bleu- blanc-rouge, avec des concerts de CharlElie Couture, Yaël Naïm, General Elektriks et La Femme.
 
Cette année encore, malgré l’Euro, malgré le climat tendu, la musique sera plus forte que… tout !
 
À écouter sur RFI :
Dans le cadre de l’opération "Libres ensemble", organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie et soutenue par France Médias Monde, RFI propose une soirée spéciale "Fête de la musique", en direct du siège de l’O.I.F, le mardi 21 juin de 21h à 23h. Une soirée à suivre également en vidéo notamment sur la page Facebook de RFI