Marc Lavoine, un certain classicisme pop poétique

Marc Lavoine, un certain classicisme pop poétique
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L’album Je descends du singe est un des événements musicaux et commerciaux de l’automne, confirmant le statut de son créateur, Marc Lavoine, aujourd’hui rédimé de ses chapelets de tubes des années 80.

Annoncé par la sortie de la chanson Je descends du singe au début de l’été, le onzième album de Marc Lavoine est sorti dans le timing parfait des poids lourds des ventes de disques, entre la rentrée et le grand rush des cadeaux de fin d’année. Vingt-sept ans après son premier album, il est difficile de contester que le plus beau mec de la chanson française confirme savoir-faire, sérénité et – peu à peu – une grâce intemporelle qui marque sa mutation de prédateur de Top en maître de pop.

 
Car l’album Je descends du singe ne contient aucune prise de risque inconsidérée et, pour tout dire, se donne volontiers des couleurs et des formules déjà bien éprouvées : les refrains simples, les harmonisations propices au parlé-chanté, la propension au mid-tempo consolateur… Surtout, Marc Lavoine remet ses pas dans le parcours gagnant de Volume 10 en rappelant Jean-François Berger et François Delabrière à la réalisation, en refaisant le voyage Paris-Los Angeles pour stimuler l’inspiration et nourrir le son, en retrouvant la section rythmique Davey Faragher-Pete Thomas (découverts chez Elvis Costello)…
 
ll est vrai qu’avec plus de 400.000 albums vendus, Volume 10 révélait au grand public la poésie d’un Marc Lavoine mature et élégamment détaché de l’urgence des passions. Pourquoi ne pas poursuivre le même élan, tant il devient forcément difficile, après une trentaine d’années de carrière, de proposer une mue de l’artiste tous les quatre matins. Et Lavoine n’a pas à forcer sa nature : il sait mettre des mots à la fois simples et vagues sur des émotions que chacun a l’impression de pouvoir partager sans peine : Je descends du singe et sa mélodie entêtante et son gainsbourisme discret ("Je suis blanc comme un linge/Je descends du singe"), J’ai vu la lumière et sa célébration de l’amour sur une rythmique vive, Avec toi et ses apparences de comptine amoureuse en compagnie de l’actrice Julie Gayet, J’en ai rien à foutre entre mélodie soul et petit coup d’accordéon franchouillard…
 
Marc Lavoine Je descends du singe (Barclay/Universal) 2012.

Site officiel de Marc Lavoine

En tournée à partir de 2013
 
A écouter sur RFI : Marc Lavoine en live dans l'émission La bande passante 1er partie   et 2ème partie le 22/09/2012