Benjamin Biolay

Benjamin Biolay

Trois ans après l’énorme succès de La Superbe, Benjamin Biolay revient avec Vengeance, un disque plus rock, moins intimiste, qui confirme son immense talent d’arrangeur et de mélodiste.

C’est assurément l’un des disques les plus attendus de cet automne 2012. Trois ans après l’énorme succès de La Superbe, son magnifique double-album, salué à l’unanimité par la critique et le public (deux Victoires de la Musique, Disque de platine), Benjamin Biolay, dandy décapant, enfant terrible et génial de la chanson française, ouvre un nouveau chapitre : Vengeance.

Alors, bien sûr, la comparaison s’impose. Si son précédent opus attirait, dès la première écoute, l’auditeur dans les filets tissés de ses mots justes, de ses tendres mélodies, ce dernier disque, lui, ne charme pas immédiatement. Fort de bien d’autres attributs, il affirme pourtant sa belle différence. Ainsi, loin du lyrisme et des cordes de La Superbe, Biolay opte pour le "beat", les pulsations lourdes, les basses profondes, les guitares acérées.
 
Dès le premier titre, Aime mon amour, ballade amoureuse sur tempi rock’n’roll, Vengeance surfe sur un univers new wave, des sonorités électro-punk et psychédéliques, très 80’s. Ce disque se danse, entraînant dans ses rythmes et sonorités tous les mouvements du corps et du cœur...
 
Car Biolay parle d’amour, sur toutes les gammes, de la passation de passion (Aime mon amour) aux douleurs sentimentales (Personne dans mon lit ; Trésor, Trésor). Piste à piste, il s’adonne aussi à un hédonisme certain, célèbre la vie, la pare de plusieurs couleurs. Il y a d’abord l’accent léger, gai comme un pinson, de Vanessa Paradis, qui double son chant sur Profite ; il y a ensuite le flow affûté, brut, la rime coup de poing d’Orelsan, en contrepoint de sa joie douce-amère sur Ne Regrette Rien… Mais aussi les soirées old school, façon hip hop, revisitées avec le rap mastoc d’Oxmo Puccino (Belle Epoque).
 
Dans cet album, Benjamin Biolay, noctambule esthète, salue aussi les virées à la lueur des réverbères, les bars, les escapades jusqu’à l’aube et leurs "losers magnifiques"… Car, dans ses sillons, sa vie, la nuit, cette fête, ne sauraient être unicolores, ou univoques : plutôt en clair-obscur, riches d’infinies nuances, comme une "vengeance" qui loin d’être colérique, s’agite sous le V de la victoire.
 
Dans ce disque, Biolay s’échappe alors fort élégamment des sentiers battus, avec une intelligence et une pertinence qui ne niche pas tant dans ses textes – moins ajustés et moins forts que ceux de La Superbe– que dans une musique de matière, subtile, brillante, admirablement orchestrée, où sa voix façonnée par toutes les expériences s’immisce et se fond.
 
Sur son génie mélodique, les notes et l’harmonie content leurs histoires, comme celles, scintillantes de givre, de Sous le lac gelé… Ainsi, à l’instar des Confettis (le dernier titre), malicieusement chantés avec l’Australienne Julia Stone, Vengeance, confirmation étincelante du talent de l’artiste, pourrait finalement ressembler à ces petits papiers multicolores, lancés au ciel, surfant joyeux sur l’air, mais irrésistiblement attirés par la gravité…
 
Benjamin Biolay Vengeance (Naïve) 2012
 
En tournée à partir du 4 mars 2013.
Le site officiel de Benjamin Biolay