Gasandji, au-delà des mots

Gasandji. © Thomas Millet

La chanteuse originaire du Congo livre Gasandji, un album éponyme. Ce premier opus se décline comme un parcours initiatique où se mêlent chanson française, jazz, folk et rumba congolaise.

Le temps d’un titre dédié à sa mère (Maman ne m’a pas dit), Gasandji avait enflammé La Rochelle et formé un chœur géant, lors de l’édition 2010 des Francofolies. La chanteuse est une bête de scène qui séduit par sa générosité et son aura. Lokua Kanza, également sensible à sa musique, lui offre même un temps le privilège de faire plusieurs de ses premières parties.Gasandji, qui était connue plus jeune comme danseuse et chorégraphe, a aussi travaillé avec IAM et MC Solaar. La musique est la continuité de son cheminement artistique.

 
La musique qui panse les plaies
 
Gasandji, qui signifie "celle qui éveille les consciences", insuffle dans sa musique tout l’amour qu’elle porte en elle. Chaque chanson parle de sa vie avec pudeur et aborde ses questionnements avec humour. "Je ne peux pas imaginer une vie sans musique, car c’est elle qui soigne mon intérieur et m’aide à créer du lien avec moi-même et avec le public."
 
Longtemps attristée par des échecs personnels, Gasandji est aujourd’hui un rayon de soleil. Dans le titre Na lingui yo ("je t’aime" en lingala) elle explique avec sa voix rassurante combien la naissance de sa première fille Elikyah a bouleversé sa vie. "J’allais à droite à gauche sans savoir où j’allais, et ce que je voulais. Depuis que je suis mère, je ne vais plus à contresens, j’ai tellement muri" ajoute-t-elle émue.
 
Du haut de son mètre soixante-dix et de sa silhouette longiligne, elle porte fièrement sur la tête quelques dreadlocks ramassées en chignon sur son crâne rasé. Originale, créative et déterminée, Gasandji s’empare des sonorités d’Afrique et d’ailleurs pour s’exprimer sans limitation. Elle n’utilise plus les mots comme des antalgiques, mais comme un cadeau, une bénédiction. "Chaque chanson est un miracle. Je ne sais jamais si je serai capable d’en écrire une autre. Les titres me parviennent en lingala, en français et en anglais" confie la chanteuse de soul.
 
Prendre son temps
 
Gasandji a frappé à toutes les portes avec sa maquette autofinancée, mais aucune maison de disque n’a souhaité prendre le risque de la signer, jusqu’au jour où elle participe au festival Jazz à l’Etage de Rennes. "En France, l’industrie du disque est implacable et souhaite des résultats immédiats. Il n’y a pas de vision future, celle qui consiste à prendre en compte le potentiel d’un artiste et de se poser la question essentielle : qu’est-ce que ce talent peut emmener sur le long terme ?"
 
Le programmateur Yann Martin, séduit par leur rencontre musicale, décide de reprendre avec elle le fruit de son travail. "J’ai mis plusieurs années à trouver un label et il me fallait faire le bon choix. On ne peut pas tout faire, tout seul, et c’est important de s’entourer de personnes compétentes, capables également de suggérer des choses pour sublimer mon travail."
 
C’est en 2008 que Gasandji commence à écrire les titres de ce premier album, à son rythme. "Au début j’écrivais librement, sans aucune pression. J’ai pris mon temps." Au fil des années, son groupe aussi évolue. L'artiste a testé plusieurs formules jusqu'à trouver des musiciens avec qui la symbiose et la magie opèrent sur scène.
 
L’album éponyme de Gasandji est bien plus qu’une carte de visite, c’est une pièce d’identité. Sa voix profonde et sincère éveille l’envie d’en découvrir plus et de plonger dans son monde musical.
 
Gasandji, Gasandji (Plus Loin Music – Talent Edition RFI) 2013
En concert le 1er juin au festival "L’Afrique dans tous les sens", au Petit Bain à Paris
→ A écouter sur RFI, Gasandji invitée à l'émission En sol Majeur le 23/04/2013

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