Gaëtan Roussel, entre poésie et groove

Gaëtan Roussel, entre poésie et groove

Trois ans après son premier album solo, Ginger, Gaëtan Roussel, l’ex-leader de Louise Attaque, revient avec Orpailleur, un album enthousiasmant où s’enfilent des pépites de groove et des joyaux de poésie.

Au cœur, il y a sa voix, légèrement éraillée, si reconnaissable : la signature de Louise Attaque. Du groupe phare de la fin des années 1990, son univers se distingue pourtant, et prend la tangente. Exit la mention de "chanteur de…" : Gaëtan Roussel, "chanteur" tout court, s’est taillé un nom solide.

Déjà, en 2010, son premier album Ginger  200.000 exemplaires vendus, trois Victoires de la musique, révélait avec son enfilade réjouissante de tubes (Clap Hands, Help Myself…), sa collection de grooves et ses énergies libérées, la réussite triomphale, en français et en anglais, de cette échappée en solitaire.

Avec Orpailleur, Gaëtan Roussel confirme l’essai. Voire double la mise. Un peu plus profond, il creuse le sillon esquissé dans sa galette initiale. Toujours entouré de Benjamin Lebeau (The Shoes) et Julien Delfaud (Woodkid, Phoenix…), il fait claquer les beats, traque, en orpailleur, les pépites sonores, qui au creux de l’oreille, se spatialisent, acquièrent volume, matière, textures et couleurs.

En 3D, Roussel et ses acolytes construisent un château de sons à l’architecture élaborée, un palace fluo habité de claquements de doigts, de chœurs féminins, et des volutes lyriques des cordes, arrangées par Ambroise Willaume (Revolver).

Sur ces intenses paysages sonores, aux allures tribales et aux beats parfois alanguis, qui rappellent le trip hop d’un Massive Attack, au gré de dubs puissants, Gaëtan Roussel déroule ses mélodies et pose sa poésie. Pour cet album, il délaisse la langue de Shakespeare et se consacre entièrement au français. A quatre mains avec Pierre-Dominique Burgaud (auteur de la comédie musicale Le Soldat Rose et Une vie Saint-Laurent avec Alain Chamfort), il a ciselé des textes fins, forts, tendres, efficaces.

Dans sa chanson inaugurale, il dit : "C’est rien mais c’est si compliqué, la simplicité, ça paraît toujours avoir existé". Cette sorte d’adage semble résumer son disque, à la fois évident, et si subtil : une galette à écouter à fond la caisse dans une voiture, ou au casque pour en apprécier les détails. Aussi vertical qu’horizontal, aussi harmonique que mélodique, aussi mathématique que poétique…

 

Gaëtan Roussel Orpailleur (Barclay) 2013
Site officiel de Gaëtan Roussel
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