Daran, le ton juste

Daran, le ton juste
Daran © DR

Deux ans après L’Homme dont les bras sont des branches, Daran poursuit son chemin, depuis le Québec, avec Le Monde Perdu, très folk et introspectif.

Chez Daran, la marge et la lumière s’entremêlent toujours dans une sorte d’équilibre précaire. Plusieurs vies en arrière, lui et son groupe, Les Chaises, signait Huit Barré avec, à la clé, un tube, Dormir dehors, en forme de manifeste : un hymne variété-rock simple, direct, d’où émergeait une personnalité forte, en rupture de ban.

Des années plus tard, les albums se succèdent et Daran, en exil au Québec, surprend à chaque fois, comme sur Le petit peuple du bitume en 2007, album de rock planant construit autour d’un seul titre de près d’une heure.
 
Sur Le Monde Perdu, le chanteur décide cette fois, à la manière de Bob Dylan ou de Bruce Springsteen sur The Ghost of Tom Joad, de revenir à la plus simple expression possible : une voix, une guitare folk, et quelques notes d’harmonica, pour raconter des histoires simples, celle des gens oubliés par la grande histoire, en marge du monde visible (Gens du voyage). Des tranches de vie à la fois tendres et acides, égrenées avec une veine réaliste et le sens des images conflictuelles, comme sur Valentine’s dead et son pamphlet contre la banalité du couple ("Tu m’aimes, nous nous aimons/Alors pavillon à portillon").
 
Légèrement burinée par le temps, la voix de Daran ajoute à la sincérité profonde de ce disque. Elle passe parfois de la confidence au lyrisme quand la chanson l’exige, et trouve souvent le ton juste. À l’image de ce disque économe, à l’écriture soignée, engagé sans ostentation.
 
Daran Le Monde Perdu (Mouvement des marées) 2014
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En concert le 11 mars 2015 au Café de la Danse à Paris