Zaza Fournier et ses envies d'ailleurs

Zaza Fournier et ses envies d'ailleurs
Zaza Fournier © DR

On peut désormais, à nouveau, compter avec Zaza Fournier. Quatre ans après un deuxième opus décevant, celle qui s'est fait remarquer en chantant sur le parvis de Beaubourg, renoue grâce à l'album Le départ, avec son style qui allie tradition et modernité. L'accordéon est savamment dosé et les mélodies insouciantes rayonnent.

Elle fait partie de ces filles à la langue bien pendue. Libre et décomplexée. Juchée sur un tabouret, Zaza Fournier jouait les lucioles sur un accordéon éclatant de richesses sonores. Quoi d'autre pour l'accompagner ? Juste un iPod branché sur ampli. Il y avait chez elle un charme souple et contagieux.

C'était le prolongement scénique d'un premier album éponyme où des chansons aiguisées et frondeuses dézinguaient en douceur avec une acuité subtile et une drôlerie piquante. Cette rampe de lancement idéale fut freinée par une suite (Regarde-moi) deux crans en dessous, qui lorgnait parfois sur du mauvais Niagara.
 
C'est une étape donc cruciale que celle du troisième album pour cette chanteuse espiègle. La voilà ici s'acoquinant avec le producteur et musicien britannique MaJiKer pour ce recueil de chansons intitulé Le départ. Une association curieuse sur le papier quand on sait que le garçon est peu friand de chanson française. Mais à force d'échanges ludiques, les deux ont réussi à trouver un beau terrain d'entente.
 
Le départ confirme que Zaza Fournier possède un tempérament peu banal, une capacité à inventer un langage gouailleur, mutin et sensuel. Hors et dans l'air du temps, elle distille des ritournelles à la fois entêtantes, mordantes et malicieuses.
 
Entrée en matière percutante sur la question du genre : "Je veux être un garçon/Je veux traîner dans la rue/Sans qu'on regarde mon cul … ". L'écriture est vive, sans faux-semblant, la mélodie fonceuse. Dans ce disque où elle n'en finit pas de clamer ses envies d'ailleurs, il y a de chaudes couleurs, des ruptures rythmiques, des tournoiements enivrants, un duo rieur avec Féfé (La java des imposteurs).
 
Cette jeune fille, qui ne pratique pas l'ostracisme musical, glisse des chœurs africanisants (Objets perdus), use du ukulélé (Paupières closes) et évidemment de son accordéon magnétique. À la fois chroniqueuse chafouine et héroïne éconduite, Zaza ne s'interdit rien. Et surtout pas de convoquer ses petits monstres existentiels.
 
Zaza Fournier Le départ (Verycords) 2015
Page Facebook de Zaza Fournier
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En concert le 29 mars et 06 avril aux Trois Baudets et le 05 mai à l'Européen.