Alain Chamfort en galante(s) compagnie(s)

Alain Chamfort en galante(s) compagnie(s)
© Dominique Gau

Dans Elles et Lui, le chanteur pop revient sur les grands succès de toute sa carrière en compagnie d’une douzaine de chanteuses des jeunes générations – Vanessa Paradis, Keren Ann, Claire Keim, Jenifer, Camélia Jordana… Rencontre.

RFI Musique : La plus grande surprise de cet album est sans doute de réaliser à quel point votre répertoire est cohérent. On oublie souvent le son original des chansons, qui était souvent tout à fait dans l’air du temps de l’époque…
Alain Chamfort : C’était là la difficulté : faire entendre les chansons telles qu’elles sont, ne pas les dénaturer et en même temps les rafraîchir, aller au-delà des versions originales et ne pas les faire regretter... Il fallait rassembler des chansons qui n’ont pas été écrites aux mêmes périodes, n’ont pas du tout eu le même type d’orchestration et de production et les rassembler sur un même disque en tenant compte de leurs versions d’origine...

Outre que vous êtes compositeur et interprète, votre réputation est aussi celle d’un arrangeur et producteur reconnu. Pourquoi avoir confié la production de cet album à Olivier Schultheis ?
Je ne me sentais pas capable de le faire. Travailler à l’habillage des chansons me plaît quand c’est dans la continuité de l’écriture de la chanson, quand on a une idée assez précise de l’endroit où on veut emmener les chansons. Autrement, on peut toujours faire des versions acoustiques des chansons : il suffit de revenir au piano, qui est l’endroit où les chansons sont nées. Pour cet album, il fallait mettre un habit différent aux chansons, et un habit qui leur aille au moins aussi bien que l’habit d’origine – et vingt ans après ! Ça ne me mettait pas dans un état d’excitation suffisant pour bien m’inspirer, mais il ne fallait pas se tromper d’équipe. Olivier Schultheis a travaillé avec Jean-Pierre Pilot et William Rousseau – des musiciens confirmés.
 
Comment est venue l’idée de ne faire ces douze duos qu’avec des chanteuses au maximum quadragénaires ?
Cela vient des discussions avec le label. Le directeur artistique avait plein d’idées et, si c’était pour présenter le quinzième album de duos tels qu’ils ont été faits par d’autres artistes précédemment, je voulais plus d’originalité. Il a tout de suite imaginé que ce ne soit que des filles et il m’a convaincu que ce serait mieux avec uniquement des filles de la nouvelle génération – un côté plus frais, plus surprenant.
 
Quel effet cela fait-il de chanter avec toutes ces jeunes femmes ?
On n’a pas chanté ensemble ! En fait, aujourd’hui, on n’enregistre les duos ensemble dans le même studio que dans des contextes live un peu particulier, par exemple quand il faut enregistrer en même temps qu’un grand orchestre. Ici, nous avons fait nos voix séparément notamment parce que je n’avais pas envie d’indisposer les filles. Après tout, ce n’est pas un exercice facile, d’arriver devant le type qui fait l’album et de chanter devant lui de manière totalement décomplexée. J’avais peur que ça les stresse alors je les accueillais au studio puis revenais une fois qu’elles avaient chanté. Je mettais ma voix ensuite, en tenant compte de leur interprétation. L’essentiel était quand même que tout le monde se sente bien.
 
Il y a quelques artistes peu connues sur Elles et lui. Qui est Audrey Marnay, qui chante avec vous Manureva, la première chanson de l’album ?
Nous ne voulions pas particulièrement une identité vocale très marquée mais la présence d’une voix. Il se trouve qu’Audrey Marnay, ancien mannequin qui a vraiment un physique original, était amusée à l’idée de participer à un album et qu’elle a une formidable présence à l’image... Mais elle n’est pas à proprement parler une chanteuse, contrairement aux autres.
 
Était-ce facile de découper les chansons de manière à ce qu’elles deviennent des duos ?
Ce n’était pas toujours très naturel puisque ce ne sont pas des chansons écrites au départ pour être chantées en duo. Il a fallu trouver de quelle manière positionner les chanteuses par rapport aux chansons – des bouts de phrases, des dialogues, des présences féminines plus ludiques voire amusantes… Mais ce n’était pas le plus évident à faire.
 
Cet album sera-t-il suivi de concerts ?
Il y aura une soirée au mois de juin où l’on rassemblera un certain nombre de duettistes. Et on a bloqué une date en janvier au Grand Rex.
 
Et vos prochaines nouvelles chansons ?
Actuellement, je suis très avancé avec Pierre-Dominique Burgaud, avec qui j’avais fait Une vie Saint Laurent il y a trois ans, sur une sorte de comédie musicale intimiste, dont les premières représentations auront lieu en septembre 2013.
 
Alain Chamfort Elles et lui (Mercury-Universal) 2012